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Actualités - Chronologie

Sonia Gandhi, l'héritière d'une dynastie

Elle a longtemps hésité à faire le grand saut en politique, mais le devoir l’appelait. À 52 ans, Sonia Gandhi conduit à la bataille électorale le parti du Congrès de la dynastie Gandhi dont elle est devenue malgré elle l’héritière. Et si le Congrès revient au pouvoir, cette mère de deux enfants sans expérience politique pourrait être Premier ministre d’Inde. Ce serait l’apogée d’un extraordinaire destin de fille de maçon italien devenant chef du gouvernement de la plus vaste démocratie du monde. Pendant sept ans après l’assassinat en 1991 de son mari, l’ex-Premier ministre Rajiv Gandhi, Sonia résista aux appels la pressant de reprendre le flambeau de la dynastie fondée par Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de l’Inde indépendante, et que poursuivit sa fille Indira Gandhi et son petit-fils Rajiv. Mais «comme dans une tragédie grecque», selon le mot d’un haut diplomate en poste à New Delhi, elle n’avait pas le choix, poussée par le Congrès qui avait besoin de son nom pour revenir au pouvoir perdu en 1996 après 45 ans aux rênes du pays. «J’ai fait cela parce que j’ai vécu dans une famille qui a littéralement donné sa vie pour le parti du Congrès et pour le pays, et j’ai pensé qu’il était à ce stade de mon devoir à l’égard de ma famille que d’apporter mon aide», a expliqué ce mois-ci Sonia Gandhi dans la première interview télévisée de sa toute jeune carrière politique. Sa vie s’est soudainement accélérée début 1998. Elle était jusque-là celle que l’on surnommait le Sphinx, énigmatique, hautaine, recluse sous forte sécurité au 10, Janpath, bungalow d’une avenue ombragée de New Delhi, se consacrant à sa famille et à la défense du nom de son mari, courtisée par les différentes factions du Congrès. Discours en hindi Mais début 1998, le Congrès est menacé d’une nouvelle déroute électorale après celle de 1996. Sonia franchit alors le Rubicon, fait campagne pour le parti dont elle parvient à stopper le déclin, même s’il y a de nouveau défaite face aux nationalistes hindous. Elle prend la présidence du plus vieux parti d’Inde (114 ans) en mars 1998, rebâtit une formation rongée par la corruption et l’autosuffisance. Elle est aujourd’hui son unique porte-drapeau dans la campagne, elle-même candidate au poste de député de deux circonscriptions, le fief de la famille Gandhi à Amethi (nord), ainsi qu’à Bellary (sud). Sonia n’est pas officiellement candidate au poste de Premier ministre. Mais qui pourrait croire qu’un Congrès victorieux dont elle est fermement aux commandes ne porte à la tête de l’Inde un nouveau Gandhi ? «Je suis désormais en politique et j’y resterai», a-t-elle récemment déclaré. Elle accorde maintenant des interviews, vient de donner sa première conférence de presse, est beaucoup plus souriante et plus à l’aise dans ses discours, prononcés entièrement en hindi, même si elle reste lointaine, protégée par de sévères mesures de sécurité. Le Congrès est encore l’outsider lors de ces nouvelles élections, en dépit des efforts de son champion, son incessante campagne, les foules qu’elle déplace accompagnée de son fils Rahul (29 ans) et de sa fille Priyanka (27 ans) dont elle dit qu’ils n’ont pas d’ambitions politiques. Car Sonia Gandhi a du mal à se débarrasser d’une image de dirigeante inexpérimentée et d’étrangère dont l’affublent ses adversaires. Née le 9 décembre 1946 à Orbassano, près de Turin, Sonia Maino Gandhi se destinait à devenir interprète mais vit son destin basculer à Cambridge en Angleterre où elle rencontra Rajiv Gandhi. Ils se marièrent en 1968.
Elle a longtemps hésité à faire le grand saut en politique, mais le devoir l’appelait. À 52 ans, Sonia Gandhi conduit à la bataille électorale le parti du Congrès de la dynastie Gandhi dont elle est devenue malgré elle l’héritière. Et si le Congrès revient au pouvoir, cette mère de deux enfants sans expérience politique pourrait être Premier ministre d’Inde. Ce serait l’apogée d’un extraordinaire destin de fille de maçon italien devenant chef du gouvernement de la plus vaste démocratie du monde. Pendant sept ans après l’assassinat en 1991 de son mari, l’ex-Premier ministre Rajiv Gandhi, Sonia résista aux appels la pressant de reprendre le flambeau de la dynastie fondée par Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de l’Inde indépendante, et que poursuivit sa fille Indira Gandhi et son petit-fils...