Le dollar est demeuré «survendu» sur le marché des changes de Beyrouth en l’absence d’intérêt à la demande en dehors de la Banque du Liban (BDL). Mais après que cette dernière eut continué à absorber tous les excès d’offre en cette monnaie à 1 502,00 LL tout en la proposant à la vente, quoique théoriquement, à 1 514,00 LL, elle est parvenue à la faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés encore une fois à négocier le billet vert au point inférieur d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle, en l’absence d’autres contreparties à l’achat. Ce mouvement s’est produit hier dans un volume d’affaires assez modéré, avec quelque huit millions de dollars, entièrement achetés par la BDL à 1 502,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes de la place. Dollar sous pression à l’étranger À l’étranger, le dollar a fléchi face aux principales devises hier sur les marchés des changes internationaux, pour retomber à son plus bas niveau depuis le début de l’année à moins de 110,00 yens, sous le coup d’une série de baisses à Wall Street et faute d’intervention de la Banque du Japon. De leur côté, l’euro et les autres monnaies européennes, soutenus par quelques données fondamentales, se sont également appréciés contre le billet vert. Selon les cambistes, la grande inquiétude des marchés financiers actuellement est Wall Street, alors que les investisseurs restaient sceptiques sur ses capacités de hausse, après les propos tenus à la veille du week-end par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan. Celui-ci avait évoqué l’impact de l’appréciation des valeurs boursières sur les prix à la production et à la consommation, laissant croire à de possibles nouveaux relèvements des taux d’intérêt. Ce sentiment a été renforcé hier par la publication de l’indice composite d’activité établi par le groupement national des directeurs d’achats des principaux groupes manufacturiers américains (NAPM) qui a progressé de 53,40 points en juillet à 54,20 points le mois dernier en même temps que celui des prix payés par les entreprises de 54,00 points à 59,10 points et surtout l’indice mesurant l’emploi dans le secteur manufacturier qui a bondi de 49,6 points à 53,40 points pendant la même période. Ce phénomène est venu éclipsé l’annonce d’une baisse de l’indice de confiance des consommateurs américains de 136,20 points en juillet à 135,8 points en août et celui des directeurs d’achats de Chicago de 60,50 points à 56,10 points pendant la même période, excluant toute surchauffe économique. Il n’est donc guère surprenant que les investisseurs fassent preuve de nervosité à la veille de la publication après demain des chiffres sur l’emploi américain en août qui pourraient raviver les spéculations sur une nouvelle hausse des taux d’intérêt par la Fed, une perspective qui n’enchante pas Wall Street et le dollar. Profitant de ce climat entourant le billet vert, les cambistes ont accentué leurs achats de yens d’autant plus que les récentes déclarations de plusieurs officiels japonais ont semblé écarter la possibilité d’une intervention de la Banque du Japon à court terme pour juguler la hausse de sa monnaie. À cet égard, les opérateurs ont relevé hier les propos tenus par un haut responsable du Parti libéral au pouvoir, Yoshio Suzuki, au lendemain de ceux attribués au ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, laissant entendre que le gouvernement nippon pourrait faire preuve de davantage de détachement concernant l’appréciation du yen à l’approche de la prochaine réunion de groupe des Sept à la fin de ce mois et suggérant même que la Banque du Japon n’interviendra pas avant que le dollar dégringole vers les 105 yens après avoir cassé à la baisse le seuil psychologique des 110 yens. Dans ce contexte, l’euro ne tardait pas à faire preuve de fermeté face au billet vert, repassant au-dessus de 1,05 dollar. La monnaie unique européenne a profité en outre de l’annonce de chiffres meilleurs que prévu sur la production manufacturière et les chiffres sur l’emploi en France en juillet. Cela d’autant que les marchés venaient d’apprendre que la zone euro a enregistré en juin un excédent commercial de 8,7 milliards d’euros avec le reste du monde contre 1,7 milliard en mai. De son côté, la livre sterling a elle aussi bénéficié de l’accès de faiblesse de la devise américaine, qui lui a permis de regagner une bonne partie du terrain perdu la semaine dernière pour repasser au-dessus de 1,60 dollar. Enfin, l’hésitation de Wall Street à la hausse hier est venue hausser rendre le billet vert encore plus vulnérable, le faisant négocier à New York en préclôture comme suit : – 1,0575 pour un euro contre 1,0465, la veille – 1,6065 pour un sterling contre 1,5895 – 1,8495 DM contre 1,8695 – 6,2030 FF contre 6,2695 – 1,5135 FS contre 1,5305 – 1 831,10 lires contre 1 850,60 – 109,60 yens contre 110,75. Bourse de Beyrouth : en repli Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth a renoué avec la baisse hier avec le repli des actions B de Solidere de 7 1/2 à 7 1/4 dollars et de celles de la Byblos Bank de 2 5/16 à 2 1/4 dollars, dans un marché étriqué et autrement stable sur le restant de la cote. Cela étant, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,36 % à 75,76 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,11 % à 179,84 points. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle est restée très mince, ne dépassant pas au total 29 967 actions d’une valeur globale de 132 646 dollars. Wall Street sur la sellette Par ailleurs, Wall Street a continué de battre en retraite hier, après un bon départ qui s’est avéré éphémère consécutivement à la publication de chiffres de l’association nationale des directeurs d’achats aux États-Unis (NAPM) qui ont déplu aux investisseurs. Cette statistique, qui ne devait être publiée qu’aujourd’hui mais a été diffusée par erreur hier, a fait état d’une hausse inattendue de 0,8 point en août comparativement à juillet. Mais les chiffres les plus mal reçus ont été celui de l’indice des prix payés par les entreprises, qui a fait un bond de 5,1 points, et celui mesurant l’emploi dans le secteur manufacturier, qui a augmenté de 3,8 points. Ces derniers chiffres ont relégué au second plan le recul de l’indice des directeurs d’achats de Chicago de 60,5 points à 56,1 points entre juillet et août et celui de confiance des consommateurs de 136,2 points à 135,8 points pendant la même période, faisant craindre des tensions inflationnistes qui pourraient amener la Fed à relever encore plus ses taux après les deux dernières augmentations du 30 juin et du 24 août. En effet, le rendement de l’obligation du Trésor américain à 30 ans, principale référence, remontait nettement à 6,0890 %, tirant vers le bas aussi bien le marché obligataire que celui des actions. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fléchir rapidement d’un plus haut à 10 982,20 points à un plus bas à 10 782,11 points, avant d’afficher en préclôture 10 891,65 points, en nouvelle baisse de 22,48 points sur la veille. Mauvaise journée pour les Bourses européennes Une brutale remontée des taux d’intérêt à long terme a cassé mardi la hausse qui avait suivi il y a une semaine la décision de la Réserve fédérale américaine de durcir légèrement sa politique de crédit. L’indice Euro Stoxx 50, qui reflète l’évolution des 50 plus importantes valeurs de la zone euro, a cédé 1,8 %. La Bourse de Francfort a abandonné 2,26 %, Madrid 1,99 % et Milan 2,14 %. La Bourse d’Amsterdam a cédé 2,04 %. À Paris, malgré l’envolée des titres de la grande distribution au lendemain de l’annonce du mariage de Promodès avec Carrefour, l’indice CAC 40 a abandonné 1,46 %. Hors de la zone euro, les dégâts ont également été spectaculaires, la Bourse de Zurich cédant 2,04 % et celle de Londres 2,02 %. Cette dégringolade est à mettre sur le compte des taux d’intérêt. En Allemagne, le taux de rendement des Bunds à 10 ans est remonté à 4,19 % contre 4,73 % le 25 août. Christopher Potts, conjoncturiste de la société de Bourse Cheuvreux, estime qu’avant la stabilisation des taux qui devrait intervenir dans un avenir assez rapproché, les marchés auront un passage difficile de quelques semaines en raison des statistiques américaines. CCF Securities croit à un nouveau relèvement des taux directeurs de la Banque centrale américaine en octobre. Selon les experts de cette société, la Banque européenne devrait remonter de 50 points de base son taux à partir de mars 2000, après l’injection d’importantes liquidités sur les marchés afin de passer sans encombre le changement de millénaire. Le taux de rendement de l’OAT à 10 ans en France devrait atteindre 5,5 % en juin 2000, estime encore Mme Dominique Bourjac-Netter, directrice de la recherche à CCF Securities. Tokyo : revirement à la baisse La Bourse de Tokyo a terminé en recul de 2,7 % mardi, le marché affichant sa déception après la publication de mauvais indicateurs économiques, selon les opérateurs. L’indice Nikkei des valeurs vedettes a clôturé sur une perte de 482,41 points à 17 436,56 points. L’indice élargi Topix a terminé sur une baisse de 40,92 points à 1 457,02. Les échanges ont été substantiels, 633 millions d’actions changeant de mais contre 445,4 millions lundi. «Les investisseurs se sont mis à vendre leurs actions après la publication des chiffres de la production industrielle, plus mauvais que prévu», a expliqué Kazunori Jinnai de Daiwa Securities. La production industrielle japonaise a baissé de 0,6 % en juillet par rapport à juin, a annoncé mardi le ministre du Commerce. Le chiffre de juillet est pire que ce que prévoyait le marché et fait suite à la révision à 3,2 % du chiffre de juin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dollar est demeuré «survendu» sur le marché des changes de Beyrouth en l’absence d’intérêt à la demande en dehors de la Banque du Liban (BDL). Mais après que cette dernière eut continué à absorber tous les excès d’offre en cette monnaie à 1 502,00 LL tout en la proposant à la vente, quoique théoriquement, à 1 514,00 LL, elle est parvenue à la faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés encore une fois à négocier le billet vert au point inférieur d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle, en l’absence d’autres contreparties à l’achat. Ce mouvement s’est produit hier dans un volume d’affaires assez modéré, avec quelque huit millions de dollars, entièrement...