Le spationaute français Jean-Pierre Haigneré aura effectué 3 000 fois le tour de la Terre, à son retour demain de la station spatiale Mir, devenant, après les Russes, un recordman dans le domaine des vols de longue durée dans l’espace. Seul Français à avoir effectué un vol spatial de cette nature, ce général de l’armée de l’air, pilote d’essai, de 51 ans, aura parcouru 126 millions de kilomètres, soit 84 % de la distance de la Terre au Soleil, 2 973 tours de la Terre, 344 fois la distance Terre-Lune. Le cosmonaute, qui s’est préparé pendant huit ans à la Cité des étoiles, près de Moscou, et parle couramment le russe, est parti le 20 février de la base de lancement de Baïkonour (Kazakhstan) et doit atterrir le 28 août dans la steppe kazakhe, avec ses compagnons, les Russes Viktor Afanassiev et Sergueï Avdéïev. Ingénieur de bord de Mir, il a mené le programme expérimental scientifique et technologique de la mission «Perseus», dans le cadre d’un accord franco-russe entre le Centre français d’études spatiales (CNES) et de RKK Energia, l’agence spatiale russe. Jean-Pierre Haigneré, qui ne cache pas sa «fierté» d’avoir pu accomplir cette mission, avait au sol une doublure, la cosmonaute française Claudie Andrée-Deshays, qui est allée elle-même sur Mir 16 jours en 1996 et est également sa compagne. L’ancien pilote de chasse s’est bien adapté aux conditions de long séjour sur Mir grâce à une préparation et un entraînement physique constant. Il a effectué avec succès le 16 avril une sortie dans l’espace de plus de cinq heures. Passionné de photographie, Jean-Pierre Haigneré a profité de son temps libre pour faire près de 2 000 clichés de la Terre, des continents, des nuages, «des images de bonne qualité technique et esthétique, qu’il souhaite présenter au public», à son retour, a raconté Claudie André-Deshays, au Centre de contrôle des vols spatiaux (TSOUP) de Korolev, près de Moscou. «À bord de Mir, l’ambiance est au retour», a-t-elle indiqué en soulignant que les cosmonautes avaient en fin de vol «beaucoup de travail». Jean-Pierre Haigneré s’est dit «très content de rentrer». Pour se détendre, il avait emporté De la Terre à la Lune de Jules Verne, Les contes des mille et une nuits, et des logiciels pour apprendre l’allemand et se perfectionner en solfège. Il avait également son saxophone. Le cosmonaute, qui se veut aussi pédagogue, notamment auprès des futures générations, a eu plusieurs «rencontres» depuis l’espace via des liaisons satellites avec des écoliers en France, aux États-Unis et en Australie. Il a également beaucoup discuté avec des radios amateurs. Avec sa famille, il était en contact une fois par semaine. Mais il pouvait aussi correspondre par courrier électronique. Ses projets professionnels ? «Prolonger l’expérience acquise en travaillant avec l’Agence spatiale européenne, afin que l’Europe ait une place dans la station spatiale internationale», explique Claudie André-Deshays. Sur le plan personnel, il a également «hâte de revoir ses enfants», les grands, Philippe, 23 ans, Claire, 20 ans, et la petite Carla, 18 mois. Philippe, ingénieur, restera avec lui à la Cité des étoiles, jusqu’à la fin de la mission, avant leur retour en France.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le spationaute français Jean-Pierre Haigneré aura effectué 3 000 fois le tour de la Terre, à son retour demain de la station spatiale Mir, devenant, après les Russes, un recordman dans le domaine des vols de longue durée dans l’espace. Seul Français à avoir effectué un vol spatial de cette nature, ce général de l’armée de l’air, pilote d’essai, de 51 ans, aura parcouru 126 millions de kilomètres, soit 84 % de la distance de la Terre au Soleil, 2 973 tours de la Terre, 344 fois la distance Terre-Lune. Le cosmonaute, qui s’est préparé pendant huit ans à la Cité des étoiles, près de Moscou, et parle couramment le russe, est parti le 20 février de la base de lancement de Baïkonour (Kazakhstan) et doit atterrir le 28 août dans la steppe kazakhe, avec ses compagnons, les Russes Viktor Afanassiev et Sergueï...