On ne peut pas dire que ce macho athlétique, genre vaguement «latino», se soit vraiment distingué par sa personnalité, encore moins par son talent. Delà à être présenté comme suit, dans une notice datant des années 50, on peut penser qu’il ne méritait pas pareil acharnement. Lisez plutôt: «Par quel miracle ce pithécanthrope (sic!) fut-il choisi pour devenir le symbole du séducteur et de la virilité? Acteur médiocre peu à l’aise dans les scènes d’action, il joua pourtant les aventuriers, les héros bibliques et les gangsters, avec une égale absence de talent...». Difficile d’être plus méchant! Et on ajoutait, pour plus de précision: «Il fronçait les sourcils et ouvrait de grands yeux devant des dangers prévisibles vingt minutes à l’avance». Il n’empêche que Victor Mature fut un Doc Holliday tout à fait valable dans le classique par excellence des westerns, My Darling Clementine (1941): mais le metteur en scène avait pour nom John Ford... On a parlé aussi, avec plus d’indulgence (?), d’une «sensualité un peu lourde»: ce qui convenait fort bien au climat assez trouble du film «exotique» de Josef Von Sternberg, The Shangaï Gesture (1941), où Mature – dans le rôle d’un «Docteur en rien» plutôt inquiétant – tombait la superbe Gene Tierney. Autre belle créature qui ne lui résista pas (du moins au cinéma), Hedy Lamarr, sa partenaire dans le péplum spectaculaire de Cecil B. DeMille, Samson and Delilah (1949). Ce film au succès universel (Liban compris) fit beaucoup pour la popularité de Mature. On peut signaler encore sa présence dans Kiss of Death (Henry Hathaway – 47), The Robe (Henry Koster – 53), et Violent Saturday (Richard Fleischer – 55). Il subit l’humiliation de jouer le père de Samson dans un remake «télé» de Samson and Delilah, réalisé par un certain Lee Philips, en 84. Dans la vie privée, Victor Mature (1916-1999) fut ce qu’il est convenu d’appeler un bon vivant. Il a été marié quatre fois, au moins. Après tout, quand on a joué les Samson...
On ne peut pas dire que ce macho athlétique, genre vaguement «latino», se soit vraiment distingué par sa personnalité, encore moins par son talent. Delà à être présenté comme suit, dans une notice datant des années 50, on peut penser qu’il ne méritait pas pareil acharnement. Lisez plutôt: «Par quel miracle ce pithécanthrope (sic!) fut-il choisi pour devenir le symbole du séducteur et de la virilité? Acteur médiocre peu à l’aise dans les scènes d’action, il joua pourtant les aventuriers, les héros bibliques et les gangsters, avec une égale absence de talent...». Difficile d’être plus méchant! Et on ajoutait, pour plus de précision: «Il fronçait les sourcils et ouvrait de grands yeux devant des dangers prévisibles vingt minutes à l’avance». Il n’empêche que Victor Mature fut un Doc Holliday tout...
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