Une vente aux enchères de quelque 650 objets ayant appartenu à Nicolae Ceausescu et à son épouse Elena, exécutés il y a près de dix ans, a débuté cette semaine à Bucarest et ses organisateurs espèrent en tirer au moins 300 000 dollars qui seront versés dans les caisses de l’État. Rassemblées dans la «Salle de conférences» de l’ancienne résidence de Ceausescu par une chaleur insupportable, une centaine de personnes se sont âprement disputés des objets personnels du couple ainsi que des cadeaux offerts par des chefs d’État. En revanche, sur les sept automobiles de l’ex-dictateur, deux seulement – la première Dacia (version roumaine de la Renault 10) fabriquée en Roumanie en 1968 et une luxueuse Buick Elektra offerte par l’ancien président américain Richard Nixon – ont trouvé acquéreur, et pour un montant à peine supérieur au prix de départ : 4 100 dollars la Dacia et 15 000 dollars la Buick. Acheteurs libanais Une deuxième Buick, toujours un cadeau de Nixon, une Hillman offerte à Ceausescu par le chah d’Iran Mohamed Reza Pahlavi, une Volkswagen de chasse, une Mercedes commande spéciale pour le fils des Ceausescu, Nicu, ainsi qu’un autobus Man, seront remis en vente les prochains jours. Les autres objets – dont des vases et des services de verres à l’effigie de Nicolae et d’Elena, des tapis et des meubles – ont été vendus cinq à dix fois leur prix de départ. Un jeu d’échecs en bois offert par l’ex-champion russe Anatolyi Karpov a ainsi été vendu à une commerçante roumaine de céréales pour 2 370 dollars, contre environ 200 dollars son prix de départ. Une horloge dans un socle de marbre envoyée par l’ancien président soviétique Léonide Brejnev, dont le prix de départ s’élevait à 50 dollars, a été acquise pour 1 300 dollars, tandis qu’un vase en porcelaine de 50 centimètres de haut montrant Ceausescu et son épouse au milieu d’un groupe de pionniers a été adjugé pour 750 dollars, soit six fois le prix de départ. Les casquettes fourrées du «conducator» ont trouvé acquéreur pour la modique somme de 210 dollars pièce. «Il n’y a que des objets kitsch vendus à des prix exorbitants, dans une organisation exécrable», se plaint un ressortissant américain d’origine roumaine. «C’est à l’image du gouvernement roumain», ajoute cet homme d’affaires qui a requis l’anonymat. Pour Stela, une Roumaine dont l’époux veut acheter un tapis persan, «il n’est pas question d’acquérir ou de porter la moindre chose qui touche de près ou de loin les Ceausescu». Parmi les participants, on notait la présence de nombreux commerçants d’antiquités, de ressortissants libanais ainsi que de prête-noms venus acquérir discrètement des objets désirés par d’anciens membres de la nomenklatura communiste. La plupart d’entre eux se refusent à indiquer quelle sera la destination finale des biens acquis. Selon Mme Valentina Vasile, membre du comité d’organisation, chaque acheteur se verra décerner un certificat qui atteste que l’objet adjugé a été confisqué au couple dictatorial lors du soulèvement populaire de décembre 1989. La vente aux enchères, qui doit durer jusqu’à la fin de la semaine en cours, est la première d’une série que le gouvernement veut organiser d’ici la fin de l’année pour se débarrasser de plusieurs milliers d’objets saisis à cette occasion.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une vente aux enchères de quelque 650 objets ayant appartenu à Nicolae Ceausescu et à son épouse Elena, exécutés il y a près de dix ans, a débuté cette semaine à Bucarest et ses organisateurs espèrent en tirer au moins 300 000 dollars qui seront versés dans les caisses de l’État. Rassemblées dans la «Salle de conférences» de l’ancienne résidence de Ceausescu par une chaleur insupportable, une centaine de personnes se sont âprement disputés des objets personnels du couple ainsi que des cadeaux offerts par des chefs d’État. En revanche, sur les sept automobiles de l’ex-dictateur, deux seulement – la première Dacia (version roumaine de la Renault 10) fabriquée en Roumanie en 1968 et une luxueuse Buick Elektra offerte par l’ancien président américain Richard Nixon – ont trouvé acquéreur, et pour un...