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Actualités - Chronologie

Limogeage de Stépachine : une histoire de famille

La presse russe, encore sous le choc du limogeage de Vladimir Stépachine et très perplexe, estimait hier que Boris Eltsine a agi plus pour défendre ses propres intérêts et ceux de son clan que ceux du pays. Certains journaux vont jusqu’à penser que la décision du président de faire de Vladimir Poutine son nouveau Premier ministre et dauphin déclaré vise avant tout à préserver les intérêts de «la famille» – surnom donné au premier cercle des parents et alliés politiques d’Eltsine – avant la fin de son mandat en juin 2000. «Limogé pour cause d’ennuis de famille», titre ainsi à la une le quotidien Sevodnia en faisant référence à la menace de poursuites financières pesant sur l’entourage immédiat du tsar malade, dont sa propre fille Tatiana, à propos de leur gestion des affaires de l’État et de leurs affaires personnelles. Mais la question qui taraude de nombreux éditorialistes est la raison véritable du renvoi brutal de Stépachine, remercié sans explication officielle et sans avoir apparemment offensé Eltsine. «Un renvoi qui vient troubler un ciel azuréen», titre joliment Noviye Izvestia, qui ajoute plus bas : «Durant ses 80 petits jours à la tête du gouvernement, le Premier ministre n’a rien fait de sensationnel mais il n’a pas vraiment démérité non plus». Le journal publie un dessin humoristique d’un Eltsine coiffant d’une couronne une marionnette ayant les traits de Poutine et le proclamant président. Certains journaux s’amusent au petit jeu des devinettes pour lever un coin du voile sur les manœuvres qui ont eu lieu en coulisses et qui ont préludé au renvoi de Stépachine. Pour le quotidien financier Kommersant, qui vient de tomber dans l’escarcelle de l’influent homme d’affaires Boris Berezovski, la goutte qui a fait déborder le vase pour Eltsine a été l’alliance nouée la semaine dernière entre le bloc Patrie de Iouri Loujkov, l’ambitieux maire de Moscou et principal rival politique du président, et Toute la Russie des puissants barons régionaux. «Le cauchemar du locataire du Kremlin se matérialisait – Patrie a noué une alliance avec Toute la Russie», écrit Kommersant. «Stépachine a non seulement été incapable de s’y opposer mais lorsque le Kremlin a tenté à la dernière minute de mettre Stépachine à la tête de ce bloc, l’intéressé s’est défilé en annonçant son refus de rallier quelque alliance que ce soit». À en croire le journal de Berezovski, le libéral Anatoli Tchoubaïs, ancien proche d’Eltsine, aurait plaidé pour le maintien de Stépachine, ce qui aurait retardé le remaniement. Le regain de tension dans le Nord-Caucase, et notamment l’agitation islamiste au Daghestan, aurait contribué à affaiblir un peu plus l’éphémère Premier ministre. «Le changement de titulaire à la tête du gouvernement (...) pourrait se traduire par une nouvelle politique dans le conflit du Caucase», prédit Kommersant. Plusieurs éditorialistes mettent aussi l’accent sur le caractère imprévisible des oukazes d’Eltsine. «Le pouvoir actuel ne bénéficie même pas d’un soutien minimum dans les couches de la société ou les institutions de l’État, et demeure à plus d’un titre prisonnier des humeurs présidentielles», écrit Nezavissimaïa Gazeta. Dans Sevodnia, Leonid Radzikhovski se risque à évoquer la santé du président, âgé de 67 ans, et ses conséquences sur son comportement politique. «On peut expliquer l’impatience grandissante d’Eltsine (...) par son état de santé mais laissons cela aux médecins qui, pour l’instant, sont muets», écrit-il pudiquement.
La presse russe, encore sous le choc du limogeage de Vladimir Stépachine et très perplexe, estimait hier que Boris Eltsine a agi plus pour défendre ses propres intérêts et ceux de son clan que ceux du pays. Certains journaux vont jusqu’à penser que la décision du président de faire de Vladimir Poutine son nouveau Premier ministre et dauphin déclaré vise avant tout à préserver les intérêts de «la famille» – surnom donné au premier cercle des parents et alliés politiques d’Eltsine – avant la fin de son mandat en juin 2000. «Limogé pour cause d’ennuis de famille», titre ainsi à la une le quotidien Sevodnia en faisant référence à la menace de poursuites financières pesant sur l’entourage immédiat du tsar malade, dont sa propre fille Tatiana, à propos de leur gestion des affaires de l’État et de...