Espagne Le parquet requiert la liberté pour Pinochet
le 07 août 1999 à 00h00
Le parquet espagnol a requis, dans un recours déposé le 29 juillet et rendu public vendredi, la liberté pour l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet. Dans ce recours, le procureur de l’Audience nationale (principale instance pénale espagnole) Pedro Rubira demande l’annulation de l’ordre de mise en détention provisoire lancé le 16 octobre 1998 par le juge d’instruction madrilène Baltasar Garzon contre l’ancien général âgé de 83 ans. Cet ordre, à l’origine de l’arrestation de Pinochet dans une clinique de Londres, avait été contesté par le parquet qui avait déjà déposé, à l’époque, un recours devant la chambre pénale de l’Audience nationale, qui supervise l’instruction du juge Garzon. Selon le parquet, plus de cinq mois se sont écoulés depuis que ce recours a été déposé et l’ordre de mise en détention est donc devenu illégal. «Ce délai prolongé sans que le recours ait été examiné fait que l’article 17 de la Constitution espagnole (qui proclame le droit fondamental à la liberté) a été violé, et monsieur Pinochet doit être remis en liberté», indique le procureur Rubira. Le parquet espagnol s’est toujours opposé aux poursuites intentées contre Pinochet par le juge Garzon, en estimant que la justice espagnole n’est pas compétente pour juger l’ancien général. Presque tous les actes du juge Garzon dans cette affaire ont fait l’objet de recours en annulation de la part du procureur, qui n’a jamais obtenu gain de cause. Le parquet estime par ailleurs que les tortures commises sous la dictature chilienne, et pour lesquelles Pinochet est réclamé par le juge Garzon, ne constituent pas un crime prévu par la législation espagnole. Ces tortures «n’ont pas été commises dans le cadre d’enquêtes, mais pour générer la terreur», alors que le code pénal espagnol ne sanctionne que les tortures «qui se produisent dans le cadre d’une investigation policière ou judiciaire, dans le but d’obtenir un aveu ou un témoignage», affirme le procureur. Cette nouvelle offensive du parquet pour obtenir l’arrêt des poursuites contre Pinochet a été immédiatement critiquée par les parties civiles et faisait l’objet vendredi de commentaires sévères dans la presse de gauche. «Les arguments du parquet de l’Audience nationale font rougir de honte celui qui les lit», a déclaré l’avocat des parties civiles Joan Garcés, en s’étonnant du fait que le procureur réclame «la liberté» pour Pinochet, alors que ce dernier ne se trouve pas en prison, mais «en liberté provisoire au Royaume-Uni». Le parquet espagnol au service de Pinochet, titrait en une le quotidien Diario 16. L’attitude du procureur dans l’affaire Pinochet constitue «tout un travail de sape qui fait honte à n’importe quelle mentalité démocratique», jugeait pour sa part El Pais. «Le parquet nous avait déjà surpris en affirmant que le coup d’État militaire (au Chili) prétendait seulement restaurer la légalité démocratique. Maintenant, il prétend s’immiscer dans la subjectivité des tortionnaires pour distinguer s’ils faisaient leur “travail” pour extorquer des informations ou seulement pour semer la terreur», ajoute El Pais.
Le parquet espagnol a requis, dans un recours déposé le 29 juillet et rendu public vendredi, la liberté pour l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet. Dans ce recours, le procureur de l’Audience nationale (principale instance pénale espagnole) Pedro Rubira demande l’annulation de l’ordre de mise en détention provisoire lancé le 16 octobre 1998 par le juge d’instruction madrilène Baltasar Garzon contre l’ancien général âgé de 83 ans. Cet ordre, à l’origine de l’arrestation de Pinochet dans une clinique de Londres, avait été contesté par le parquet qui avait déjà déposé, à l’époque, un recours devant la chambre pénale de l’Audience nationale, qui supervise l’instruction du juge Garzon. Selon le parquet, plus de cinq mois se sont écoulés depuis que ce recours a été déposé et l’ordre de mise...
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