Le héros de l’été en Hongrie est un voleur de 32 ans, auteur de 27 braquages de banques, en fuite après une évasion rocambolesque et future star d’une campagne publicitaire pour boissons énergétiques. Les Hongrois connaissaient depuis l’an dernier «Whisky man», alias Attila Ambrus, ainsi surnommé depuis qu’il a expliqué à la télévision qu’il consommait, «pour se donner de la force» avant chaque braquage, au moins un verre de whisky dans le bar le plus proche. Puis ils ont trouvé sympathique cet ancien joueur de hockey d’origine roumaine et émigré en Hongrie depuis 1988, lorsqu’ils ont appris que celui-ci a été arrêté parce qu’il était venu chercher son chien Don, après son 27e braquage, pour l’emmener dans sa fuite. Dans l’imaginaire du pays, “Whisky man” s’est inscrit dans la lignée de Sandor Rozsau, le «Robin des Bois hongrois» du siècle dernier qui distribuait ses butins aux pauvres. «“Whisky man” est un homme aux bonnes manières, que les gens aiment à cause de ses astuces, bien qu’il soit un délinquant. En général, les Hongrois aiment bien ceux qui échappent aux autorités, et ils ont maintenant un sympathique jeune homme qui défie toute la police du pays», explique Laszlo Szabo, expert en criminalité. Lors d’un vol de banque, il portait un bouquet de fleurs, car «les fleurs inspirent confiance et c’est très pratique pour cacher un pistolet», assurait le voleur après son arrestation. Pourtant, la presse cite le cas de Katalin, une employée de banque que «Whisky man» a menacée de son arme lors d’une attaque, et qu’elle décrit comme un homme très dur et sans pitié, persuadée qu’il l’aurait tuée si elle n’avait pas obtempéré. Pour elle, «il est révoltant qu’un dangereux délinquant devienne une star». « 28 à 0 » L’avocat de «Whisky man» a annoncé qu’une compagnie européenne de boissons énergétiques se servira d’une de ses photos pour une campagne publicitaire, un contrat de six mois ayant été signé. La firme, qui n’a pas été nommée, peut s’appuyer sur un sondage téléphonique réalisé par la télévision peu après son évasion le 10 juillet, selon lequel 72 % des téléspectateurs interrogés ont déclaré soutenir «Whisky man», 28 % choisissant d’apporter leur soutien à la police. Selon Peter Nagy, secrétaire de l’Association hongroise de publicité, la loi hongroise n’interdit pas explicitement d’avoir recours dans une campagne publicitaire à un délinquant, mais les autorités responsables de la protection de la consommation devront vérifier si cette publicité n’est pas illégale. «J’espère que le public va lutter contre la participation de délinquants à des campagnes publicitaires», a estimé le porte-parole de la police, Mihaly Dezsi. La police l’avait par ailleurs auparavant décrit comme «le délinquant le plus poli de ces dernières années». Condamné pour ses 27 vols, «Whisky man» purgeait sa peine dans le quartier de haute sécurité de Budapest lorsqu’il s’est enfui le 10 juillet, après avoir pénétré dans un bureau de gardiens, et arraché des câbles électriques et téléphoniques dont il s’est servi pour se laisser glisser le long du mur d’enceinte. Depuis son évasion, un site Internet lui est consacré et des T-shirts au slogan «I love Whisky man», «Voyagez à Majorque avec Whisky man» ou encore «Whisky man bat la police : 28 à 0», c’est-à-dire 27 vols plus une évasion, sont vendus dans la rue. Lui-même a écrit un livre et des droits sont en négociations. Certains habitants de Budapest assurent avoir vu une voiture aux plaques minéralogiques personnalisées, «Whisky man», «et cela pourrait bien devenir la mode de l’été, à côté du bikini», expliquent-ils dans la presse. Le plus embêté de l’affaire est le papa de «Whisky man», qui s’insurge contre le sobriquet dont a hérité son fils. Lui qui, assure-t-il, «ne buvait jamais plus d’une ou deux canettes de bière».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le héros de l’été en Hongrie est un voleur de 32 ans, auteur de 27 braquages de banques, en fuite après une évasion rocambolesque et future star d’une campagne publicitaire pour boissons énergétiques. Les Hongrois connaissaient depuis l’an dernier «Whisky man», alias Attila Ambrus, ainsi surnommé depuis qu’il a expliqué à la télévision qu’il consommait, «pour se donner de la force» avant chaque braquage, au moins un verre de whisky dans le bar le plus proche. Puis ils ont trouvé sympathique cet ancien joueur de hockey d’origine roumaine et émigré en Hongrie depuis 1988, lorsqu’ils ont appris que celui-ci a été arrêté parce qu’il était venu chercher son chien Don, après son 27e braquage, pour l’emmener dans sa fuite. Dans l’imaginaire du pays, “Whisky man” s’est inscrit dans la lignée...