Le dollar n’a subi aucune modification, hier, sur le marché des changes de Beyrouth, continuant à évoluer dans d’étroites limites au bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) en l’absence d’intérêt à la demande en dehors d’elle. Il a été fixé en clôture au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année, après que la BDL eut maintenu ses deux taux d’intervention entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL, à la vente. Mais, eu égard à la propension du marché à l’offre plutôt qu’à la demande, les banques de la place ont continué à négocier le dollar pratiquement au point inférieur d’intervention de la BDL, entre 1 502,00 et 1 502,10 LL, ont indiqué les cambistes. Pourtant, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté relativement mince, ne dépassant pas quelque huit millions de dollars presque entièrement absorbés par la BDL à 1 502,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Dollar faible à la veille des chiffres sur l’emploi américain À l’étranger, le dollar s’est nettement replié, repassant sous la barre des 114,00 yens pour la première fois depuis six mois, hier, sur les marchés des changes internationaux nerveux à la veille de la publication de chiffres américains sur l’emploi, alors que l’euro est parvenu à repasser le seuil de 1,08 dollar, pour la première fois depuis le début du mois de mai. La livre sterling est restée, quant à elle, ferme face au billet vert et n’a presque pas réagi à la décision de la Banque d’Angleterre de maintenir, comme prévu, les taux d’intérêt britanniques à 5 % pour le deuxième mois consécutif. Selon les cambistes, le dollar continuait à souffrir de l’instabilité sur les marchés financiers américains en raison des craintes de hausse prochaine des taux d’intérêt aux États-Unis. Les investisseurs ont été particulièrement nerveux à la veille de la publication aujourd’hui des données sur l’emploi aux États-Unis pour le mois de juillet, qui pourraient donner une idée plus claire de la situation économique et de la nécessité ou non de relever à nouveau le niveau du loyer de l’argent. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre hier que la productivité américaine aurait augmenté de seulement 1,3 % au deuxième trimestre contre 3,6 % au premier alors que les coûts unitaires du travail progressaient fortement de 3,8 % contre 1,3 % pendant la même période. Dans ce contexte, les opérateurs ont préféré favoriser l’euro et le yen aux dépens du dollar, faisant fi des menaces d’intervention de la Banque du Japon pour juguler la hausse de sa monnaie. Seules des informations selon lesquelles des Sukhoi-27 chinois avaient pris pour cible deux Mirage 2000 taïwanais ont brièvement profité au dollar face au yen en début de journée. Mais ces faits ont été par la suite qualifiés de rumeurs par Taïwan et le yen est reparti à la hausse. De son côté l’euro n’a pas été touché par la hausse, jugée minime, du nombre de chômeurs en Allemagne au-dessus des 4 millions, le mois dernier. En revanche, la devise unique européenne a profité de chiffres meilleurs que prévu sur les entrées de commandes dans l’industrie allemande pour le mois de juin, ainsi que de la hausse significative de l’indicateur de confiance économique dans la zone euro de 103,8 points en juin à 104,2 points en juillet. La livre sterling n’a pas réagi sensiblement à la décision de la Banque d’Angleterre de laisser son taux directeur inchangé à 5 % pour le deuxième mois consécutif, à l’issue de la réunion mensuelle hier de son comité de politique monétaire. La grande majorité des analystes avaient d’ailleurs tablé sur un statu quo surtout après l’annonce hier que la production manufacturière au Royaume-Uni a reculé de 0,2 % en juin par rapport à mai, soit davantage que prévu, laissant supposer que la Banque d’Angleterre ne remontera pas les taux de sitôt. Cela étant, le dollar est demeuré sous pression malgré une petite embellie en rapport avec la brusque reprise de Wall Street, se négociant à New York, comme suit : – 1,0765 pour un euro contre 1,0770, la veille – 1,6135 pour un sterling contre 1,6225 – 1,8170 DM contre 1,8160 – 6,0935 FF contre 6,0900 – 1,4850 FS contre 1,4845 – 1 798,70 lires contre 1 798,55 – 114,15 yens contre 114,30. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a continué de battre en retraite hier sous l’influence de la baisse des actions A de Solidere, de celles de la Byblos Bank et de Lebanon Holdings, dans un marché autrement faible et stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu hier 0,51 % à 75,18 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,11 % à 179,84 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans des volumes d’affaires minces, avec au total 64 403 actions d’une valeur globale de 391 997 dollars. Wall Street : renversement de la tendance Sur les autres places, Wall Street s’est orientée à la hausse hier, après un départ faible, soutenue par la reprise de la Bourse électronique américaine Nasdaq qui a réussi à freiner son déclin et à relancer un fort courant d’achats à bon compte et de chasse aux bonnes affaires sur les valeurs de la haute technologie et de l’Internet. Pourtant, les marchés boursiers américains attendent toujours et avec appréhension la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis pour juillet, qui pourraient fournir à la Fed un argument de plus pour resserrer les rênes du crédit lors de la prochaine réunion le 24 août de son comité de l’open market. Cela d’autant que le Fonds monétaire international (FMI) lançait hier un appel pour un durcissement du crédit aux États-Unis, craignant une chute abrupte et substantielle de la Bourse de New York. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, dans le sillage du Nasdaq, a inversé sa tendance, bondissant d’un plus bas à 10 566,18 points à un plus haut à 10 785,97 points, avant d’afficher en préclôture 10 774,78 points, en hausse de 100,01 points sur la veille. Rechute des Bourses européennes Les Bourses européennes perdaient entre deux et trois pour cent hier en fin de journée toujours sous le coup de la déprime des marchés américains. «La baisse aux États-Unis a des effets contagieux sur les places européennes, cela ne fait aucun doute, et le secteur technologique est bon pour des prises de bénéfices», expliquait Paul Horne (Salomon Smith Barney). Le CAC 40 à Paris abandonnait 1,95 %, le FTSE 100 à Londres 2,16 % et le Xetra Dax à Francfort 2,75 %. Milan perdait 1,85 %, Madrid 3,06 %, Amsterdam 1,25 %, Bruxelles 1,41 % et Zurich 2,19 %. Les opérateurs notaient que l’étroitesse des échanges s’expliquait par l’attentisme des opérateurs avant la publication des chiffres de l’emploi du mois de juillet aux États-Unis, prévu vendredi. Dans un contexte d’inquiétude croissante sur l’évolution des taux aux États-Unis, cet indicateur devrait fournir de nouveaux éléments sur la situation économique aux États-Unis et sur l’évolution des prix. Net repli des technologiques Sous le coup de la baisse de 1,9 % du Nasdaq Composite, les technologiques et plus largement les valeurs de croissance essuyaient les plus lourdes pertes jeudi. À Francfort, Mannesmann léchait 4,84 % malgré l’annonce d’un résultat net en hausse de 10 % au premier semestre. Le groupe de construction et de télécommunications a précisé tabler sur une hausse du résultat imposable sur l’ensemble de l’année, mais a aussi prévu une baisse du résultat net annuel, en raison des charges liées aux acquisitions faites dans le secteur des télécommunications. Le fabricant de logiciels SAP reculait de 3,01 %. Un repli qui paraît toutefois anodin à côté de celui de son homologue britannique Gresham qui chutait de 56,00 % après avoir lancé un avertissement sur ses résultats du troisième trimestre et sur ses résultats annuels. Toujours à Londres, le fournisseur d’accès à Internet Freeserve perdait 5,21 %, aggravant son recul de 12 % la veille. Dans le domaine des télécomunications, Vodafone cédait 3,96 %, British Telecom 2,23 % et Orange 4,07 %. La matinée a par ailleurs été marquée par un nombre important de résultats d’entreprise, qui n’ont pas tous apporté de soutien à la cote. À Francfort, BASF se repliait de 1,92 % après avoir annoncé une chute de 48,1 % de son bénéfice après impôts, à 429 millions d’euros. La veille, le titre s’était adjugé 5,3 % après que Dow Chemical Co. eut annoncé le rachat de Union Carbide Corp. pour donner naissance au deuxième groupe chimique mondial. Tokyo : clôture en forte baisse La Bourse de Tokyo a perdu 1,9 % jeudi, toujours préoccupée par la faiblesse du dollar face au yen et ses conséquences sur les exportations des entreprises nippones, selon les opérateurs. L’indice Nikkei des 225 principales valeurs a perdu 327,19 points pour clôturer à 17 358,19 points après avoir atteint un plancher de 17 210,04. Mercredi, la Bourse de Tokyo avait terminé en baisse de 1,6 %. «Le climat du marché est en train de s’assombrir, au moins pour le moment», a déclaré Tsuyoshi Segawa, directeur général de la branche titres de New Japan Securities Co. Ltd. L’indice élargi Topix a perdu 28,65 points à 1 431,02. Le volume des transactions était faible avec 483 millions de titres échangés jeudi contre 472,5 millions la veille. «Dès l’ouverture, les investisseurs locaux, comme les étrangers, ont vendu des titres, en particulier les valeurs de haute technologie liées à l’exportation», a indiqué Tatsuo Kurokawa, analyste chez Nomura Securities Co. Ltd. «Un yen fort a affaibli le sentiment à l’achat, les investisseurs s’inquiétant pour les bénéfices des entreprises exportatrices», a ajouté M. Kurokawa.
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