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Actualités - Chronologie

Un grognard fidèle et sans état d'âme(photo)

À défaut d’un grand charisme, le Britannique George Robertson recèle une grande qualité aux yeux de Washington et Londres : ce fidèle de Tony Blair n’a pas le moindre doute sur le bien-fondé de leur politique de défense. Ministre de la Défense de Blair depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir en mai 1997, cet Écossais obstiné de 53 ans est doté d’une solide expérience des questions militaires et diplomatiques. Mais c’est probablement son soutien inconditionnel à Tony Blair et à ses alliés américains dans la crise du Kosovo qui lui a permis de faire la différence avec les autres candidats présumés. En bon grognard, le ministre a relayé jour après jour leur politique d’intransigeance à l’égard de Belgrade. De briefing (quotidien) en conférence de presse, on a pu l’entendre attaquer tous azimuts le régime serbe, accusant infatigablement le «diable» Milosevic d’être un «maniaque de l’épuration ethnique» entouré d’«hommes de main sadiques». Cette ténacité – qui frise parfois l’entêtement – et son dévouement à la cause de l’Alliance ont frappé plus d’un responsable militaire, tant à Londres qu’à Bruxelles. La presse britannique moque parfois ses tournées de «chef de guerre» en Macédoine où, campé sur un char d’assaut, en manches de chemise, la mèche en bataille et le verbe lyrique, il harangue les troupes. Mais George Robertson n’en a cure. Il a habitué les téléspectateurs à le voir «en situation» pour défendre les «bonnes guerres» de Tony Blair. L’année dernière au Koweït, en pleine opération «Renard du désert» contre l’Irak, le chef des armées n’avait pas hésité à répondre : «C’est mon Tornado!» à une recrue qui lui demandait ce qu’il venait faire sur un appareil où il s’était hissé pour donner une conférence de presse. Son amour de l’uniforme lui viendrait, dit-on, de son père, policier sur l’île écossaise d’Islay. Son grand-père et son frère ont eux aussi appartenu à la police. «George a exactement ce qu’il faut d’expérience en matière de défense et de compétences politiques et diplomatiques», a déclaré Tony Blair en annonçant sa candidature surprise vendredi. «Je suis prêt à relever d’énormes défis», a répondu en écho l’intéressé, si «j’ai le grand honneur d’occuper l’un des postes les plus importants dans le monde d’aujourd’hui». Jusqu’à sa nomination à la tête des forces armées britanniques après la victoire des travaillistes, essentiellement pour sa réputation d’enthousiaste de la chose militaire et son passé vierge de tout militantisme antinucléaire, George Robertson avait eu un parcours des plus discrets. Résolument ancré à l’aile droite du Parti travailliste, M. Robertson a été élu député pour la première fois en mai 1978. Dix-huit années durant, il va faire ses armes au sein du parti, d’abord pour les affaires écossaises. Fort de ses talents de porte-parole, il sera rapidement chargé des questions de défense et de diplomatie. Peu charismatique, George Robertson a cependant surpris par le sang-froid dont il a fait preuve durant différentes crises et sa capacité à faire accepter les réformes du gouvernement, sur des dossiers aussi sensibles que la restructuration des armées britanniques ou la politique de défense européenne. Il dit volontiers que ténacité et optimisme à toute épreuve ne l’ont pas quitté depuis qu’il a survécu à une grave collision avec une jeep de la Royal Navy il y a vingt ans. «Je devrais être mort. Alors si je déprime, je me dis que ça pourrait être bien pire», explique-t-il dans le Mirror. M. Robertson est marié et a trois enfants, qui vivent dans le village écossais de Dunblane, où 16 écoliers et leur institutrice avaient été tués par un déséquilibré en 1996. Prompt à rassurer Paris, son ministère a précisé lundi qu’il «parlait un peu de français», et pourrait ainsi conduire les délibérations du conseil de l’Alliance dans l’autre langue officielle de l’Otan, avec l’anglais.
À défaut d’un grand charisme, le Britannique George Robertson recèle une grande qualité aux yeux de Washington et Londres : ce fidèle de Tony Blair n’a pas le moindre doute sur le bien-fondé de leur politique de défense. Ministre de la Défense de Blair depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir en mai 1997, cet Écossais obstiné de 53 ans est doté d’une solide expérience des questions militaires et diplomatiques. Mais c’est probablement son soutien inconditionnel à Tony Blair et à ses alliés américains dans la crise du Kosovo qui lui a permis de faire la différence avec les autres candidats présumés. En bon grognard, le ministre a relayé jour après jour leur politique d’intransigeance à l’égard de Belgrade. De briefing (quotidien) en conférence de presse, on a pu l’entendre attaquer tous azimuts...