Le dollar est demeuré «survendu» hier, à Beyrouth, dans un marché présentant toujours peu d’intérêt à la demande. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à l’acheter à 1 502,00 LL tout en le proposant théoriquement à la vente à 1 514,00 LL, il est parvenu a achever la journée au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Dans ces conditions, les banques de la place ont été amenées encore une fois à céder le dollar à la BDL au point inférieur de sa fourchette d’intervention, en l’absence de contreparties valables à la demande en dehors d’elle. Il s’est négocié, en effet, dans une marge très étroite comprise entre 1 501,90 et 1 502,10 LL, avec un volume d’affaires dépassant dix millions de dollars presque entièrement absorbés par la BDL à 1 502,00 LL, indique-t-on dans les milieux cambistes de la place. L’euro et le yen reprennent de l’avance À l’étranger, le dollar s’est à nouveau affaibli hier face aux autres principales devises sur les marchés des changes internationaux, en l’absence d’intervention pour freiner l’appréciation de la devise nippone et après la publication de nouveaux bons chiffres économiques français privilégiant la monnaie unique européenne. De fait, l’euro est soutenu depuis deux semaines par de bonnes nouvelles économiques en provenance des pays de l’Union européenne, notamment l’Allemagne, et cette tendance a été renforcée hier par les derniers chiffres français publiés par l’Insee. Selon l’enquête mensuelle de conjoncture réalisé par cet organisme, il s’est avéré que le moral des ménages français, qui se situait déjà à un très haut niveau, a progressé le mois dernier par rapport à juin, revenant aux pics historiques observés en début d’année. Parallèlement à la force de l’euro qui en a résulté, le billet vert a souffert de son côté d’une désaffection des opérateurs pour les investissements en actifs américains depuis que les craintes de hausse des taux d’intérêt aux États-Unis ont été ravivées, provoquant des remous à Wall Street. Certes, l’incertitude des investisseurs sur l’évolution des taux d’intérêt américains devrait se maintenir jusqu’au 24 août, date de la prochaine réunion de politique monétaire du comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine (Fed). De son côté, le yen s’est nettement ressaisi face au dollar après avoir fléchi la veille sous l’effet de mises en garde du ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, en accord avec son homologue américain, Lawrence Summers, contre une appréciation excessive de la devise nippone. Mais les opérateurs, qui craignaient que la Banque du Japon et la Fed interviennent de façon coordonnée pour freiner la progression du yen, devenaient de plus en plus sceptiques après que ces deux organismes n’eurent pas joint l’acte à la parole. Ils ont ainsi décidé de pousser à nouveau le dollar à la baisse face au yen encouragés par des rumeurs persistantes concernant l’annonce prochaine d’un nouveau plan de relance budgétaire par le gouvernement japonais. Quant à la livre sterling, elle s’est appréciée aussi face au dollar, soutenue par l’annonce par la Confédération de l’industrie britannique que les ventes de détail auraient progressé le mois dernier au Royaume-Uni à leur plus haut niveau depuis décembre 1998. En effet, la grande majorité des analystes estiment d’ores et déjà que le cycle d’assouplissement monétaire entamé en octobre dernier a touché à sa fin et que les taux britanniques seront maintenus à 5 % aujourd’hui à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Dans ce contexte, il n’est guère étonnant que les spéculateurs reprennent leurs attaques contre le dollar, le faisant négocier, hier, à New York, comme suit : – 1,0772 pour un euro contre 1,0675, la veille – 1,6227 pour un sterling contre 1,6205 – 1,8147 DM contre 1,8320 – 6,0865 FF contre 6,1425 – 1,4845 FS contre 1,4970 – 1 796,55 lires contre 1 814,90 – 114,22 yens contre 115,30. Bourse de Beyrouth : en baisse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier de la baisse des actions B de Solidere et de celles de la Byblos Bank dans une proportion plus grande que la hausse des actions A de Solidere, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,07 % à 75,56 points, de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,11 % à 180,04 points. Ce mouvement s’est pourtant déroulé hier dans un volume d’affaires très mince avec 39 773 actions échangées d’une valeur globale de 164 831 dollars. Irrégularité de Wall Street Quant à Wall Street, elle a fonctionné hier sous le signe de la fusion des deux groupes chimiques américains Dow Chemical et Union Carbide qui va créer un géant mondial de la chimie à l’instar de DuPont, BASF et Bayer. Ce phénomène, qui a entraîné quelques courants spéculatifs à la hausse de certaines valeurs industrielles, n’a pas touché le restant de la cote. Ainsi, sur le marché dans son ensemble, les valeurs en baisse restaient plus nombreuses que celles en hausse, signe de malaise persistant alors que plusieurs investisseurs spéculent sur un nouveau resserrement de la politique monétaire américaine à la fin août. De plus, la tendance du secteur de la haute technologie est restée négative, cela d’autant que de nombreux analystes estiment que les niveaux de prix atteints par les titres de ce compartiment, et surtout de l’Internet, ne sont pas justifiés par les facteurs fondamentaux des sociétés dans ce secteur. Enfin, le marché obligataire a été soutenu par le recul du rendement des bons du Trésor à 30 ans, principale référence, de 6,157 % à 6,112 %, après l’annonce du programme de refinancement du Trésor américain, dont la taille, 37 milliards de dollars en obligations et en bons, a été conforme aux attentes. C’est dans ce contexte, empreint d’incertitudes au sujet de la prochaine orientation des taux d’intérêt américains, que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a fluctué entre un plus haut à 10 829,91 points et un plus bas à 10 670,03 points, avant d’afficher en préclôture 10 717,39 points, en hausse de 40,08 points sur la veille. Faiblesse des Bourses européennes Les Bourses européennes se sont affaiblies mercredi, accueillant avec prudence la reprise de Wall Street, mais les valeurs de la chimie se sont mises en évidence à la suite d’une mégafusion dans le secteur. «Les marchés se préparent à de meilleures nouvelles à la fin de la semaine. Les obligations et les actions sont tombées à des niveaux exagérément survendus. Les opérateurs à la hausse se préparent encore à sortir la tête de l’eau», a déclaré David Brown, de Bear Stearns. Les marchés restent affectés par la crainte d’un éventuel relèvement des taux d’intérêt américains et attendent la publication, demain, des statistiques de l’emploi du mois de juillet aux États-Unis pour avoir la certitude que l’économie ne se trouve pas en surchauffe. L’indice Eurotop 300 a perdu 0,54 % et l’euro STOXX50 des valeurs vedettes de la zone euro, 0,65 %. La Bourse de Paris a cédé 0,70 % et celle de Londres 0,20 %, alors que celle de Francfort gagnait 0,20 %. Le groupe chimique allemand BASF s’est adjugé 5,20 % après que Dow Chemical eût annoncé le rachat d’Union Carbide pour 11,6 milliards de dollars, donnant naissance à la deuxième société chimique mondiale derrière DuPont Co. Toutefois une nouvelle progression des sociétés du papier, de la sidérurgie et des métaux, en raison d’une amélioration des perspectives économiques, a fait des industries de base le secteur le mieux orienté de la journée. D’autres compartiments sensibles à l’économie, comme l’automobile et l’énergie, se sont également bien comportés. En revanche, les valeurs des télécommunications et de la technologie se sont fortement repliées, l’indice Nasdaq de ces dernières n’ayant pu se redresser après les gros dégagements opérés mardi sur les titres liés à l’Internet. La britannique Freeserve, la plus grosse valeur européenne de l’Internet, a du coup chuté de 11,70 %. Tokyo : en net repli La Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi en forte baisse, dans un marché déprimé par la nouvelle remontée du yen face au dollar, limitant l’intérêt acheteur. En clôture, l’indice Nikkei 255 a cédé 284,55 points pour revenir à 17 685,38 points, soit un recul de 1,6 % par rapport à son niveau de clôture la veille, dans un volume d’échanges total estimé à 472 millions de titres contre 490,5 millions la veille. Les intervenants japonais ont pris leur leurs bénéfices, après la nette hausse du marché boursier de Tokyo en fin de séance mardi, liée à un fléchissement du yen face au billet vert, a indiqué Hiroichi Nishi, directeur général de Nikko Securities. La nouvelle reprise de la devise japonaise a ravivé les craintes des investisseurs nippons de voir les exportations du pays se réduire, freinant ainsi la reprise de l’économie de l’archipel. Après être tombé, jusqu’à 114,90 yens pour un dollar, la devise nippone est ainsi remontée et s’échangeait à 06h00 GMT à Tokyo à 115,22 yens pour un dollar contre 115,32 yens en fin de séance mardi à New York. Ce sont les valeurs de la technologie qui ont particulièrement souffert de la déception du marché et de la vague de prises de bénéfices. Fujitsu a cédé 170 yens (4,8 %) à 3 400 et Sony a reculé de 400 yens (2,8 %) à 14 040. Pioneer a perdu 110 yens (5 %) à 2 100 tandis que Softbank, investisseur sur l’Internet, a plongé de 2 750 yens, soit 8,9 %, à 28 050. En revanche, le groupe de jeux électroniques Sega Enterprises s’est nettement renforcé, gagnant 304 yens ou 17,1 % à 2 085 yens, après l’annonce de son alliance avec le géant américain des télécommunications AT and T, pour rendre sa console Dreamcast compatible avec le réseau Internet.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dollar est demeuré «survendu» hier, à Beyrouth, dans un marché présentant toujours peu d’intérêt à la demande. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à l’acheter à 1 502,00 LL tout en le proposant théoriquement à la vente à 1 514,00 LL, il est parvenu a achever la journée au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Dans ces conditions, les banques de la place ont été amenées encore une fois à céder le dollar à la BDL au point inférieur de sa fourchette d’intervention, en l’absence de contreparties valables à la demande en dehors d’elle. Il s’est négocié, en effet, dans une marge très étroite comprise entre 1 501,90 et 1 502,10 LL, avec un volume d’affaires dépassant dix millions de dollars presque entièrement absorbés par la...