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Actualités - Reportages

Dans les coulisses ..."Tempête" sur le petit écran(photo)

Ils s’appellent Zeina, Fouad, Imad ou Karim. Peu importe leurs prénoms, on les retrouvera une à deux fois par semaine, pour un rendez-vous presque clandestin. Et dans la quiète pénombre d’une salle de séjour, on partagera 45 minutes de leur existence, écoutant les problèmes de ces hommes et «femmes dans la tempête» de leur vie. Nouveaux héros de la télévision libanaise, ces personnages ont pénétré le quotidien de nombreux spectateurs, entraînant ainsi une fidélité qui peut s’étendre sur des centaines d’épisodes, voire de nombreuses années. Nous avons pénétré les coulisses d’un de ces feuilletons pour voir comment se pensent, s’écrivent et se filment ces 45 minutes. Histoires d’un tournage. ILa mode des séries qui n’en finissent pas de finir est apparue en 1994. Al-Assifa Tahoubbou Marratein (La tempête souffle deux fois) aura soufflé plus de deux fois, et cela pendant… trois ans! Exit donc les mini-séries, et place aux Dynasty et Dallas locaux qui jouent les prolongations. Le succès inattendu aidant, Nissa’ Fil Assifa (Femmes dans la tempête) suivra rapidement. Rien de commun entre ces deux séries, si ce n’est la tempête dans le titre ! Un pur hasard, précise l’auteur. L’écriture et surtout une imagination fertile sont à l’origine des ces histoires dont la trame est puisée dans le menu quotidien, avec pour héros le mari, l’amant, le voisin, le cousin, le fils illégitime et les autres. Toutes les combinaisons deviennent possibles, même l’apparition soudaine d’un père passé pour mort et qui revient, amnésique, prolonger le suspense et… la série de quelque trente émissions. «Pour monter une histoire, il faut d’abord un sujet, des personnages qui viennent s’y greffer et auxquels le spectateur peut s’identifier et, enfin, une intrigue», explique Chucri Anis Fakhoury, scénariste, auteur de nombreux feuilletons libanais «à succès» dont Al-Assifa Tahoubbou Marratein et Nissa’ Fil Assifa. «Trois éléments sont indispensables pour réussir un feuilleton : un suspense qui accroche, une narration légère et agréable et, à la fin de chaque épisode, une interrogation qui tient le spectateur en haleine jusqu’au prochain épisode. J’écris au fur et à mesure, car j’ai besoin de voir l’interprétation des acteurs. Parfois, ils me donnent envie de faire prendre au personnage d’autres directions. Tout figure sur la page, les dialogues bien sûr, mais aussi le lieu, le moment, les personnages présents dans la scène et même leurs costumes». «Scène 2 : intérieur nuit. Décor: Salon Chafic et Rose. Vo : La porte sonne. Action : Rose vient ouvrir. Son mari sort de la chambre». Deuxième étape après l’écriture, donner des visages à ces personnages. Le choix des acteurs est important. «Certains rôles sont conçus pour des acteurs déterminés, poursuit Fakhoury, mais en cas d’hésitation, nous avons recours, avec le réalisateur, à un nouveau casting». Il ne reste plus après cela qu’à choisir les décors, les costumes et à entamer le tournage. Le tournage Il est quatorze heures. La journée de tournage de Nissa’ Fil Assifa a commencé le matin même. On tourne la scène du salon, après celle de la salle à manger. La chambre à coucher sera pour demain, le temps de démonter les décors et de les remplacer. Le suspense semble grand, le réalisateur Bassem Nasr en est à sa 122e émission, on approche de la fin. La fin de la «première partie», qui aura duré deux ans. Installé à la régie, avec son assistante, il surplombe la scène, les yeux fixés sur les différents écrans placés devant lui et sur les trois caméras. Il orchestre la répétition, surveille tous les détails, dirige les acteurs, précise leur place, rappelle le texte. Ses instructions sont claires, sa critique sévère. La scène semble pourtant facile. On répète. La porte sonne, donc. Rose ( Wadad Jabbour) ouvre la porte. Son mari, l’homme au tarbouche, Maallem Chafic ( Sami Maksoud ) sort d’une pièce qu’on devine être la chambre. Fouad (Yorgo Chalhoub) et Zeina ( Nada Abou Farhat), apparemment énervés, pénètrent dans la pièce. «Entrez, il faut parler», dira Rose. Bassem Nasr, du haut de sa régie, souffle les répliques pas encore au point. «Tu dois te mettre à droite du fauteuil», précise-t-il à un des acteurs. Après quelques modifications, corrections de ton, de dialogue, que le réalisateur semble connaître par cœur et interpréter à la perfection, les micros sont installés, les projecteurs revus, dernières retouches de maquillage, tout le monde est prêt ? Alors, top ! On reprend la scène «pour de vrai». Nasr, l’œil vif, voit tout, entend tout; il s’adresse aux cameramen, déterminant les plans désirés et les différents mouvements des appareils. «Caméra 1, zoom in sur Rose, Caméra 2, plan d’ensemble». On sonne à la porte. L’action se joue. M. Nasr s’écrie : «Arrêtez, on voit le micro dans le champ!». Tout le monde rit et reprend de bon cœur. Quinze minutes plus tard, le tour est joué ! On passe à la scène suivante. Pour cette édition qui totalise 45 minutes d’antenne environ, il faudra compter deux jours. Un produit finalisé Après le tournage des scènes, fait dans le désordre, le monteur entame sa mission héroïque : recoller les pièces du puzzle. Cette émission, comme les autres, nécessitera une journée de montage. La musique vient s’ajouter à la fin, dernier ingrédient d’une recette qui marche. Le produit est ainsi finalisé; l’épisode est prêt à être servi. Générique du début, l’adagio d’Albinoni et des feuilles d’arbre, des fleurs, une chevelure féminine qui vole au vent. La tempête commence à souffler… Elle s’arrêtera en août, à la 133e, météo oblige !
Ils s’appellent Zeina, Fouad, Imad ou Karim. Peu importe leurs prénoms, on les retrouvera une à deux fois par semaine, pour un rendez-vous presque clandestin. Et dans la quiète pénombre d’une salle de séjour, on partagera 45 minutes de leur existence, écoutant les problèmes de ces hommes et «femmes dans la tempête» de leur vie. Nouveaux héros de la télévision libanaise, ces personnages ont pénétré le quotidien de nombreux spectateurs, entraînant ainsi une fidélité qui peut s’étendre sur des centaines d’épisodes, voire de nombreuses années. Nous avons pénétré les coulisses d’un de ces feuilletons pour voir comment se pensent, s’écrivent et se filment ces 45 minutes. Histoires d’un tournage. ILa mode des séries qui n’en finissent pas de finir est apparue en 1994. Al-Assifa Tahoubbou Marratein (La...