Les États-Unis ont tiré les leçons des attentats de Nairobi et Dar-es-Salaam et considérablement renforcé les dispositifs de sécurité face aux menaces terroristes. Une commission mise en place au département de d’État a réclamé un plan d’investissement de 14 milliards de dollars sur dix ans pour améliorer la sécurité des ambassades et missions américaines. La Chambre des représentants a voté la semaine dernière une première enveloppe de 1,4 milliard de dollars, bien plus que ce qui a été approuvé au Sénat (300 millions de dollars). Les deux projets de loi doivent être conciliés et les dépenses, quel que soit le montant voté, iront sans doute financer la construction et la modernisation de représentations américaines dotées de nouveaux systèmes de sécurité. Les fonctionnaires des Affaires étrangères ont été secoués par la violence des attentats : «c’est proprement terrifiant», commente un diplomate américain qui a tenu de nombreux postes à l’étranger. Certains craignent que les jeunes talents fuient la carrière diplomatique, inquiets pour leurs vies et celles de leur famille : «les hommes et les femmes qui nous représentent à l’étranger savent que leur fonction n’est pas sans risque», a déclaré récemment le représentant républicain Benjamin Gilman, président de la commission des relations internationales. «Mais si on leur demande de prendre des risques, nous devons tout faire pour les protéger du terrorisme», a-t-il plaidé en demandant davantage de fonds pour la sécurité des ambassades. En attendant, les règles de sécurité ont été renforcées dans les représentations américaines à l’étranger et même les bâtiments du département d’État à Washington ont de façon notable rendu leur accès plus difficile, avec force barrières à l’entrée des rues et des gardes en plus grand nombre. Les services des Affaires étrangères ont, depuis les attentats, renforcé leur personnel de sécurité de 4 000 personnes à l’étranger et créé 337 postes d’agents de sécurité diplomatique, dont 140 agents spécialement entraînés. Détecteurs d’explosifs et voitures blindées Ils ont également acheté des terrains autour des ambassades et consulats pour isoler davantage les bâtiments des rues adjacentes ainsi que du matériel de sécurité comme des détecteurs d’explosifs, de métaux, des portails à rayons X, des systèmes vidéo de sécurité et des voitures blindées, ont indiqué des officiels. À Berlin par exemple, redevenue la capitale de l’Allemagne, ces nouvelles normes de sécurité posent un casse-tête aux autorités de la ville. Une nouvelle ambassade américaine doit être construite sur la Pariser Platz, l’emplacement de la représentation des États-Unis jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, mais ce projet se heurte à des questions de sécurité. Les Américains veulent une distance minimale de 30 mètres entre l’immeuble et les rues voisines. La municipalité de Berlin négocie depuis des mois avec les autorités américaines l’application de cette mesure qui signifierait le déplacement de trois rues, brisant la symétrie de la célèbre Pariser Platz, surmontée par la Porte de Brandebourg, et empiétant sur le futur Mémorial de l’Holocauste. Depuis les attentats, quelque 70 ambassades et consulats américains ont été fermés temporairement durant l’année, dont sept pour le mois de juin seulement. Ces derniers sont les représentations en Gambie, au Liberia, à Madagascar, au Mozambique, en Namibie, au Sénégal et au Togo, où des officiels ont affirmé être sous la surveillance de terroristes. Vendredi, un responsable américain a indiqué que les États-Unis n’écartaient pas une nouvelle attaque contre le terroriste intégriste musulman Oussama ben Laden.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les États-Unis ont tiré les leçons des attentats de Nairobi et Dar-es-Salaam et considérablement renforcé les dispositifs de sécurité face aux menaces terroristes. Une commission mise en place au département de d’État a réclamé un plan d’investissement de 14 milliards de dollars sur dix ans pour améliorer la sécurité des ambassades et missions américaines. La Chambre des représentants a voté la semaine dernière une première enveloppe de 1,4 milliard de dollars, bien plus que ce qui a été approuvé au Sénat (300 millions de dollars). Les deux projets de loi doivent être conciliés et les dépenses, quel que soit le montant voté, iront sans doute financer la construction et la modernisation de représentations américaines dotées de nouveaux systèmes de sécurité. Les fonctionnaires des Affaires étrangères...