Le dollar est resté confiné dans d’étroites limites à Beyrouth encore une fois hier, en l’absence de nouvelles initiatives dans un marché qui continue d’être dominé toujours par l’action de la Banque du Liban (BDL). En maintenant ainsi ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du billet vert entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, celle-ci est parvenue donc à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Dans ce contexte, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar tout près du haut de la fourchette d’intervention de la BDL mais en dehors d’elle en présence d’une contrepartie valable à la vente entre 1 513,00 et 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque huit millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, dans un marché toujours calme et équilibré. Reprise d’espoir de l’euro et effritement du yen À l’étranger, le dollar s’est replié face à l’euro dont la tendance a été soutenue hier par quelques signes d’espoir liés à la crise au Kosovo ainsi que par les propos attribués au président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg. Mais, le billet vert continuait à présenter de bonnes dispositions vis-à-vis du yen dans des échanges peu nourris en raison de la fermeture prolongée du marché de Tokyo en congé depuis lundi pour la célébration de la Golden Week. La reprise de la monnaie unique européenne a été donc relancée par la confirmation hier par le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, d’une réunion ministérielle du groupe des Huit (les sept grandes puissances industrielles occidentales plus la Russie) demain à Bonn consacrée à la situation au Kosovo. Cela d’autant que le ministre britannique de la Défense, George Robertson, faisait savoir aussi que l’Otan envisagera une pause dans ses opérations de bombardement si les forces serbes commencent à se retirer du Kosovo. L’euro a également profité des déclarations dans l’après-midi du président de la BCE, Wim Duisenberg, selon lequel la Banque centrale européenne n’est pas «indifférente à la valeur externe de sa monnaie unique ou qu’elle la néglige», même si elle ne s’est pas fixée d’objectif de taux de change pour elle. Enfin, la devise européenne a bénéficié aussi du repli de Wall Street qui est repassée dans le rouge hier, après avoir franchi la veille le seuil psychologique des 11 000 points. Quant au yen, il a continué de souffrir hier du pessimisme des investisseurs vis-à-vis de l’économie japonaise surtout après l’annonce vendredi dernier d’une accélération du chômage en mars, avec un nombre record de sans emploi à 3,39 millions de personnes. Le repli de la devise nippone avait été freiné ces derniers jours par des spéculations sur l’annonce d’éventuelles nouvelles mesures de relance de l’économie de l’archipel. Mais le Premier ministre nippon, Keizo Obuchi, a déçu les cambistes en déclarant tard la veille à l’issue d’une rencontre avec le président américain Bill Clinton que «les mesures déjà prises seront suffisantes pour relancer la croissance au Japon». Pour ce qui est du sterling, il s’est apprécié face au dollar et à l’euro à deux jours de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre avec le sentiment qu’elle optera pour un statu quo monétaire. Selon les experts, la nette progression des salaires moyens au Royaume-Uni et les récentes enquêtes semblant indiquer que l’économie britannique a évité la récession devraient inciter la Banque d’Angleterre à interrompre son cycle d’assouplissement du crédit et à maintenir les taux d’intérêt à 5,25 %. Cela étant, le dollar devait éprouver hier beaucoup de difficultés à préserver ses gains face aux monnaies européennes seulement, se négociant à New York comme suit : – 1,0618 pour un euro contre 1,0565, la veille – 1,6275 pour un sterling contre 1,6095 – 1,8420 DM contre 1,8510 – 6,1780 FF contre 6,2075 – 1,5115 FS contre 1,5235 – 1823,60 lires contre 1831,50 – 120,80 yens contre 120,30. Bourse de Beyrouth : léger mieux Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est un peu ressaisie hier, les actions de la Byblos Bank et des Ciments blancs ayant progressé dans une proportion légèrement plus grande que la baisse des actions B de Solidere et de Rymco. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,07 % à 74,85 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a gagné 0,11 % à 178,62 points. Pourtant, le volume des affaires ne s’est guère développé, totalisant seulement 84 734 actions d’une valeur globale de 203 424 dollars. Wall Street : prises de bénéfices Par ailleurs, Wall Street a perdu beaucoup de son élan hier, après avoir conquis le sommet des 11 000 points la veille en un temps record. Sa progression a été ainsi interrompue par une vague de ventes bénéficiaires encouragée par les nouvelles faisant état que certaines grandes sociétés américaines auraient accusé des pertes le mois dernier. En outre, les craintes d’une surchauffe de l’économie qui pourrait entraîner un durcissement de la politique monétaire américaine ont également contribué à peser sur la tendance de la cote. L’introduction à Wall Street hier des actions de la banque d’affaires Goldman Sachs n’a pas pu soutenir la cote américaine, malgré l’engouement manifesté pour cette valeur. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est tombé d’un plus haut à 11 035,31 points à un plus bas à 10 899,29 points, avant d’afficher en préclôture 10 936,35 points, en baisse de 78,34 points sur la veille. Les Bourses européennes : perte d’élan Après une ouverture en fanfare, dans le sillage des nouveaux records battus à New York, les Bourses européennes ont perdu de leur vigueur dans l’après-midi au vu des prises de bénéfices que subissait Wall Street. Après avoir battu de nouveaux records en séance, le CAC 40 a clôturé en baisse de 4,29 points, soit 0,10 %, à 4 438,55, dans un volume des transactions très étoffé de 3,1 milliards d’euros, dont 2,4 milliards sur le CAC 40. Londres a perdu 0,29 %, le Xetra Dax à Francfort a lâché 0,11 %, Bruxelles 0,19 %, Zurich 1,17 % et Madrid 0,71 %. Amsterdam a pris 0,50 %. Les pétrolières en vue Par ailleurs, la tendance a été favorisée par la publication mardi de l’indice Reuters des directeurs d’achat, qui traduit une progression en avril de l’activité manufacturière dans la zone euro. Il s’est établi à 50,7, contre 49,4 en mars, et passe ainsi la barre des 50 pour la première fois depuis septembre, période à laquelle l’activité de la zone a commencé à être affectée par les crises asiatique et russe. «C’est un chiffre rassurant», a estimé Ulrich Beckmann, de Deutsche Bank. «Il montre que l’économie va accélérer la cadence». Aux pétrolières, on a noté particulièrement la progression d’Elf-Aquitaine. En fin de matinée, la société française s’est adjugée 3,60 % de hausse à 155,5 euros. À la même heure à Bruxelles, Petrofina a gagné 2,96 % à 592 euros et à Amsterdam, Royal Dutch a progressé de 1,9 % à 56,10. Aux transports aériens, KLM a réalisé un bond de 9,15 % à 31 euros. La compagnie néerlandaise a déclaré mardi qu’elle comptait reverser aux actionnaires 7,10 euros par action après la vente de ses participations dans deux sociétés et de réduire son capital à raison de trois actions pour quatre. Dans les autres valeurs des transports, à noter à Paris la progression d’Eurotunnel. Le titre a pris 3,21 % à 1,61 euro sur une demande spéculative. Le compartiment automobile a été lui aussi très vigoureux. À Paris, Renault a progressé de 2,72 % à 40,06 euros. À Francfort, Volkswagen a été toujours en progression de plus de 1 % à 67,10 euros, après avoir ouvert la journée sur un gain de 2,5 % en raison de l’amélioration de ses ventes aux États-Unis (+29,5 % en avril par rapport à avril 1997). Aux télécommunications, Telecom Italia a été à l’inverse de la tendance générale pratiquement inchangé à 10,05 euros. Le Financial Times croit savoir mardi qu’une partie de ses détenteurs de certificats d’investissement tente d’obtenir un droit de vote sur son projet de fusion avec Deutsche Telekom. Cette dernière gagne environ 0,6 % à 37,6 euros.
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