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Actualités - Chronologie

La mission à haut risque des démineurs de la Bundeswehr

L’armée allemande, qui contrôle le sud-ouest du Kosovo où les zones frontalières de l’Albanie et de la Macédoine sont fortement minées, n’a pas les moyens d’aider les réfugiés à vérifier si leurs champs sont sûrs ou leurs maisons piégées. Elle a déjà fort à faire pour déminer les terrains qu’elle occupe elle-même, ceux des organisations humanitaires, ainsi que les bâtiments publics et les usines qui doivent redémarrer après trois mois de guerre. Une unité de démineurs de la Bundeswehr, envoyée lundi sur le sommet de la montagne haute de 1 400 mètres qui surplombe Prizren, est venue vérifier la sécurité d’un terrain sur lequel le Programme alimentaire mondial de l’Onu va installer une antenne pour que ses véhicules circulant dans la région puissent communiquer entre eux. Une grande bâtisse calcinée et éventrée, qui a servi d’émetteur aux Serbes et a été bombardée par l’Otan, s’élève sur ce sommet sur fond de chaînes de montagnes enneigées. Selon le sergent Norbert Vogt, un spécialiste du déminage qui a déjà travaillé en Bosnie, «c’était plus grave là-bas, au Kosovo, les Serbes n’ont pas eu autant de temps pour poser des mines». «Seule l’armée yougoslave sait combien il y en a. Mais j’ai l’impression qu’elle en a beaucoup emporté lors de son retrait», ajoute-t-il. Un peu en contrebas, les démineurs repèrent un objet qui brille au fond d’un pâturage. Ils marchent, regardant où ils posent chaque pied, et constatent qu’il s’agit d’une petite bombe, partie d’une bombe à fragmentation, qui n’a pas explosé. Ils la font sauter. Ce sera le seul engin qu’ils détruiront ce matin-là. Si les risques sont importants pour les réfugiés qui rentrent chez eux de trouver des mines dans leurs champs et des pièges dans leurs maisons, le nombre d’accidents paraît pour l’instant limité : dix victimes de mines étaient soignées à l’hôpital de Prizren à la fin de la semaine dernière. «Mais les morts ne nous sont pas toujours connus, si les villageois ne les signalent pas», estime Rupert Colville, porte-parole du HCR dans la région de Prizren, qui ajoute qu’une quarantaine d’organisations humanitaires sont attendues au Kosovo rien que pour les opérations de déminage. «Nous avons 20 à 30 signalements par jour de particuliers qui ont vu ou supposent qu’il y a des mines sur leurs terrains et nous ne pouvons pas faire face. Il nous faut déjà une heure pour déminer vingt mètres de route», déclare le sergent-chef Stephan Kuhlmann, dans le bureau où sont collectées les informations sur les mines au quartier général de la Kfor à Prizren. «Nous travaillons en collaboration avec l’organisation humanitaire Help, à qui nous communiquons la liste de cas de terrains minés et de maisons piégées qui nous sont signalés. Nous leur fournissons également des explosifs», ajoute le sergent. Sur une grande carte du bureau se trouvent marquées en vert les zones les plus densément minées, essentiellement le long de la frontière avec l’Albanie et la Macédoine. «Trois sur les sept ou huit zones que vous voyez là, le long de la frontière albanaise, étaient indiquées sur les cartes que les Serbes nous ont remis au moment de leur départ», explique le sous-officier. Une zone d’un rayon de cinq kilomètres à partir du centre de Prizren, marquée d’un vert plus clair signalant un danger potentiel, a été dessinée par les Serbes. Les routes y sont aujourd’hui sûres, mais pas l’ensemble des terrains et des bâtiments.
L’armée allemande, qui contrôle le sud-ouest du Kosovo où les zones frontalières de l’Albanie et de la Macédoine sont fortement minées, n’a pas les moyens d’aider les réfugiés à vérifier si leurs champs sont sûrs ou leurs maisons piégées. Elle a déjà fort à faire pour déminer les terrains qu’elle occupe elle-même, ceux des organisations humanitaires, ainsi que les bâtiments publics et les usines qui doivent redémarrer après trois mois de guerre. Une unité de démineurs de la Bundeswehr, envoyée lundi sur le sommet de la montagne haute de 1 400 mètres qui surplombe Prizren, est venue vérifier la sécurité d’un terrain sur lequel le Programme alimentaire mondial de l’Onu va installer une antenne pour que ses véhicules circulant dans la région puissent communiquer entre eux. Une grande bâtisse...