C’est le calme plat qui a régné encore hier sur le marché des changes de Beyrouth dont l’activité est restée très réduite en l’absence d’initiatives à l’achat des devises étrangères en dehors des besoins commerciaux courants des opérateurs. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’offre et à la demande du dollar entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, que le billet vert a dû clôturer au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre dernier. Pourtant, avec l’apparition d’un certain courant vendeur du dollar en l’absence d’une demande correspondante, les établissements de crédit ont continué de le négocier pratiquement au bas de cette fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 502,00 et 1 503,00 LL, après une ouverture entre 1 502,00 et 1 505,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque sept millions de dollars entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente. Calme et expectative À l’étranger, le dollar était en recul face au yen tout en progressant face aux principales devises européennes hier, sur les marchés des changes internationaux, dans une atmosphère calme dans l’attente de la conclusion aujourd’hui de la réunion sur deux jours du comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux d’intérêt aux États-Unis. Les marchés financiers ont déjà pris en compte un relèvement d’un quart de point en pourcentage, à 5 %, du taux interbancaire au jour le jour (Fed funds). Mais les intervenants attendent de voir le communiqué final de la Fed pour voir si ce redressement sera précurseur d’autres tours de vis rapprochés. Certes, le débat entre un quart de point et un demi-point en pourcentage a donc perdu pour l’instant tout intérêt pour les opérateurs dont l’attention se porte sur le «timing» de l’annonce et la manière dont un éventuel changement d’orientation de la politique monétaire sera signalé. Pourtant, le dollar, qui continuait de présenter des signes de fermeté face à l’euro et aux autres devises européennes sous ce rapport, s’est déprécié face au yen après l’annonce d’une baisse du chômage au Japon à 4,6 % de la population active en mai, la première depuis dix mois. Mais l’effet positif de cette annonce a été contrebalancé par la baisse de 0,7 % de la production industrielle nippone pendant la même période. Dans l’ensemble, les volumes des échanges ont été très faibles dans l’attente de la décision de la Fed sur les taux d’intérêt et le dollar devait se négocier sur un ton mitigé à New York, comme suit : – 1,0330 pour un euro contre 1,0350, la veille – 1,5755 pour un sterling contre 1,5825 – 1,8935 DM contre 1,8895 – 6,3500 FF contre 6,3370 – 1,5500 FS contre 1,5450 – 1 874,50 lires contre 1 869,15 – 120,90 yens contre 121,20. Bourse de Beyrouth : marché délaissé Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth est restée délaissée en l’absence de motivations à l’achat et à la vente de titres libanais. Les cotations des quelques sociétés libanaises dont les actions ont fait l’objet hier d’échanges n’ont pas bougé, reproduisant leurs derniers cours de la veille dans des volumes très faibles. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 77,51 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 178,62 points. Cette évolution s’est produite dans des échanges peu nourris ne dépassant pas au total quelque 25 916 actions d’une valeur de 211 379 dollars. Irrégularité de Wall Street À Wall Street, la tendance du marché est restée irrégulière dans l’attente aussi de la décision de la Fed sur les taux d’intérêt américains. A cet égard, la majorité des investisseurs s’attendent à ce que le comité de l’open market relève aujourd’hui le taux interbancaire au jour le jour d’un quart de point en pourcentage à 5 % pour mettre un frein à la croissance économique aux États-Unis qui risque de faire resurgir l’inflation. Un tel geste devrait avoir un impact positif sur les cours des actions boursières car il est d’ores et déjà anticipé. Mais si la Fed va plus loin, estimant que le resserrement monétaire ne devrait pas s’arrêter là jusqu’à la fin de l’année, une certaine réaction à la baisse de la cote américaine ne serait pas exclue, indique-t-on dans les salles de marché. C’est dans ce contexte que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a évolué hier sans tendance déterminée entre un plus bas à 10 633,93 points et un plus haut à 10 750,16 points, avant d’afficher en préclôture 10.743,80 points, en hausse de 88,65 points sur la veille. Les Bourses européennes terminent en hausse La plupart des Bourses européennes ont terminé sur une note positive mardi dans le sillage de Wall Street, en dépit de l’anxiété sur l’étendue du resserrement des taux d’intérêt américains qui doit être annoncé mercredi soir. Seul Londres a fait bande à part. L’indice FTSE-100 a cédé 1,54 %, pour revenir à 6 307,1 points, son plus bas de quatre semaines, alors que l’indice CAC-40 à Paris s’adjugeait 0,86 %, à 4 503,83. À Francfort, le Xetra Dax a terminé pratiquement inchangé (+0,05 %) de même que l’Ibex de Madrid et le Bel 20 belge qui se sont adjugé chacun 0,08 %. Les valeurs suisses ont progressé de 0,9 %, les italiennes de 0,44 % selon l’indice Mibtel et les néerlandaises de 0,32 %. L’indice large Eurotop 300 a cédé 0,08 %, tandis que l’indice plus étroit Eurostoxx50 des valeurs vedettes de la zone euro s’octroyait 0,56 %. Les technologiques étaient particulièrement bien orientées. Ainsi, une envolée de dernière minute de Nokia a permis à l’indice Hex d’Helsinki, dont le fabricant d’équipements de téléphonie mobile est la principale composante, de terminer en forte hausse (+2,1 %). À Londres, Vodafone était dans l’œil du cyclone. Le groupe de téléphonie, qui vient de racheter l’américain AirTouch faisait ses débuts en Bourse avec sa nouvelle pondération mercredi. Les gérants de fonds, qui ont ces derniers jours augmenté la part de Vodafone dans leurs portefeuilles en prévision de l’augmentation de sa pondération dans l’indice FTSE-100, en avaient apparemment terminé avec ses opérations puisque l’action a reculé de 1,71 %, davantage que le marché. À Francfort, la Deutsche Bank a progressé de 3,05 %, à l’annonce du départ du président de la Bankers Trust, la banque américaine récemment rachetée par l’établissement allemand. Deutsche Telekom, la valeur la plus traitée, affichait un gain de 0,62 %, dans la foulée de sa remontée de lundi, le marché ayant bien digéré l’augmentation de capital de l’opérateur téléphonique allemand. À Milan, la star du jour a été sans conteste Olivetti, qui s’est ajouté 2,47 %. L’action, qui a enregistré le plus gros volume du jour, a été jusqu’à gagner 4 %, après la nomination du patron d’Olivetti, Roberto Colaninno, à la tête de la nouvelle filiale du groupe, Telecom Italia. Colannino a notamment déclaré qu’il allait céder certains actifs non stratégiques et a exclu une fusion avec Tecnost, la filiale d’Olivetti qui a mené l’Opa sur Telecom Italia. Tokyo : encouragée par la fermeté de Wall Street La Bourse de Tokyo, encouragée par la bonne résistance de Wall Street dans la nuit et des nouvelles encourageantes pour l’économie japonaise, a terminé mardi sur un gain de 1,0 % qui l’a propulsée à ses plus hauts niveaux depuis octobre 1997. L’indice Nikkei 225 a progressé de 172,21 points, pour finir à 17 782,79 pts, soit son plus haut niveau depuis le 6 octobre 1997. En dépit de la progression générale de la Bourse, les valeurs en baisse ont été légèrement plus nombreuses que les valeurs en hausse, par 593 contre 571 et 147 inchangées.
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