Les ventes hors-taxes (duty free) cesseront d’exister pour les trajets à l’intérieur de l’UE à partir d’aujourd’hui minuit mais le consommateur y perdra moins que prévu du fait des adaptations commerciales des opérateurs et des exceptions. Alors que la décision de suppression des duty free avait été prise à l’unanimité des États membres dès 1991, c’est la perspective immédiate de sa mise en vigueur qui a provoqué ces derniers mois une levée de boucliers des professionnels soutenus par certains dirigeants européens. Au nom des conséquences négatives pour l’emploi, aussi bien le chancelier allemand Gerhard Schröder que ses homologues britannique Tony Blair et français Lionel Jospin ont ferraillé jusqu’au bout pour tenter d’obtenir le report de l’abolition. En vain. A la fin du sommet de Cologne le 4 juin, ils ont dû reconnaître leur échec principalement dû à l’obstination de la Commission européenne qui avec le soutien des dirigeants danois et hollandais s’est affirmée soucieuse de la «crédibilité» des décisions de l’UE. La TVA mais aussi les accises sur les alcools et tabacs s’appliqueront donc comme prévu. La Confédération internationale des duty free avait tracé jusqu’ici un tableau catastrophique des conséquences sociales évaluées à au moins 50 000 emplois. Mais une fois tout espoir annihilé, les professionnels ont cessé leurs plaintes au profit d’une stratégie visant à retenir le consommateur-voyageur en lui montrant qu’il ne perdrait pas trop dans l’affaire. Selon le responsable de la chaîne belge des magasins hors-taxe d’aéroports Sky Shops, Marc Leemans, «il n’y a pas d’autre alternative commerciale pour nous que de maintenir les prix»: la TVA ne sera donc pas répercutée sur eux et ce seront les marges qui seront réduites. Cette stratégie sera popularisée sous le slogan «une appellation différente mais un même prix»: au lieu de «duty free», il s’agira de «travel value» (valeur de voyage). On ne pourra faire totalement la même chose pour les alcools et tabacs qui en plus de la TVA subiront aussi les accises. Les prix de ces produits augmenteront donc en général dans les aéroports de l’UE de 10 % : les professionnels escomptent donc une baisse dans ce secteur qui fournit actuellement le tiers des ventes. Certains aéroports européens – notamment au Royaume-Uni – envisagent aussi de contre-attaquer en ouvrant avec autorisations et aménagements adéquats leurs commerces à tous, passagers ou non. Ils auraient ainsi des centres commerciaux comme les autres.
Les ventes hors-taxes (duty free) cesseront d’exister pour les trajets à l’intérieur de l’UE à partir d’aujourd’hui minuit mais le consommateur y perdra moins que prévu du fait des adaptations commerciales des opérateurs et des exceptions. Alors que la décision de suppression des duty free avait été prise à l’unanimité des États membres dès 1991, c’est la perspective immédiate de sa mise en vigueur qui a provoqué ces derniers mois une levée de boucliers des professionnels soutenus par certains dirigeants européens. Au nom des conséquences négatives pour l’emploi, aussi bien le chancelier allemand Gerhard Schröder que ses homologues britannique Tony Blair et français Lionel Jospin ont ferraillé jusqu’au bout pour tenter d’obtenir le report de l’abolition. En vain. A la fin du sommet de Cologne le...
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