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Actualités - Chronologie

Plan quinquennal Premières réactions mitigées

Grand œuvre du gouvernement, le plan quinquennal qui doit constituer la base de travail pour les années à venir semble avoir été accouché dans la douleur. On ne compte plus les versions du document qui ont circulé. Hier soir encore, un dernier texte officiel était communiqué, à la suite de plusieurs autres tout aussi définitifs. Compromis de dernière minute entre intérêts divergents ou volonté de «peaufinage», toujours est-il que le texte qu’examine aujourd’hui la commission des Finances, s’il est connu dans ses grandes lignes, ne l’est pas encore dans toutes ses nuances. «Nous avons pris connaissance du texte et nous avons constitué un comité de crise afin de l’étudier», a déclaré M. Jacques Sarraf, président de l’Association des industriels. «Nous espérons présenter nos conclusions et nos recommandations aux députés, avant l’examen du budget le 12 juillet», a-t-il ajouté. Divisé en trois parties, le document d’une centaine de pages dresse d’abord un état des lieux. Cette volonté de transparence et de communication des chiffres, concernant notamment la dette de 19 milliards de dollars, accumulée par l’État, est la plus unanimement saluée. La deuxième partie, la plus importante, propose des mesures de réformes financières et économiques et la troisième partie établit le modèle financier proposé pour les cinq années à venir. Pour Roger Melki, économiste au bureau de consultants ECE, la partie financière du plan est plus complète que sa partie économique. «Le but de cet exercice est de fixer des objectifs clairs, or il ne fournit des objectifs chiffrés et un calendrier précis que pour le redressement des finances publiques. En ce qui concerne la partie économique, le plan se contente d’établir les grandes orientations», explique-t-il. La politique énergétique proposée est traitée en huit lignes, dit-il en guise d’exemple. De fait, ce texte doit être suivi d’un travail d’élaboration minutieux, ministère par ministère, en coordination avec les secteurs intéressés et il est impossible dans un document de ce genre de rendre compte de la variété des questions qui se posent dans chaque domaine. «La vision économique globale n’a pas beaucoup évolué, il faut encore fournir tout un travail de réflexion de fond. Une politique industrielle ne se concocte pas en si peu de temps. Pour le moment, la priorité est donc au redressement du secteur public, tant au plan financier qu’administratif». «Nous avons 19 milliards de dettes à payer, je ne sais pas si nous allons y arriver, mais la méthode proposée me semble correcte», ajoute M. Melki, même s’il déplore que certains problèmes soient passés sous silence, tel le poids croissant du poste salaires, traitements et pensions qui représente près de 40 % des dépenses budgétaires. Cet expert conteste également les prévisions de croissance inscrites dans le plan. «Il me semble difficile d’allier politique d’austérité et croissance», dit-il sans toutefois contester le choix de l’austérité, nécessaire selon lui. De son côté l’économiste Élie Yachou’i conteste le choix de politique monétaire. «Je suis opposé à la poursuite de la politique de stérilisation monétaire qui aboutit à une répartition déséquilibrée de l’épargne à 52 % dans le secteur public et 48 % dans le secteur privé», explique-t-il. L’épargne ainsi allouée au secteur public est consacrée à des dépenses improductives : le service de la dette et le fonctionnement d’une administration pléthorique, déplore-t-il. Prônant une politique monétaire plus souple, M. Yachou’i estime que le plan proposé ne conduira pas assez vite à une réduction des taux d’intérêts, vitale selon lui pour la relance de l’économie.
Grand œuvre du gouvernement, le plan quinquennal qui doit constituer la base de travail pour les années à venir semble avoir été accouché dans la douleur. On ne compte plus les versions du document qui ont circulé. Hier soir encore, un dernier texte officiel était communiqué, à la suite de plusieurs autres tout aussi définitifs. Compromis de dernière minute entre intérêts divergents ou volonté de «peaufinage», toujours est-il que le texte qu’examine aujourd’hui la commission des Finances, s’il est connu dans ses grandes lignes, ne l’est pas encore dans toutes ses nuances. «Nous avons pris connaissance du texte et nous avons constitué un comité de crise afin de l’étudier», a déclaré M. Jacques Sarraf, président de l’Association des industriels. «Nous espérons présenter nos conclusions et nos...