Le Premier ministre israélien élu Ehud Barak a pris ses distances hier a l’égard des raids aériens meurtriers au Liban, qui ont été lancés, sans le consulter, par le Cabinet sortant de Benjamin Netanyahu. M. Barak, élu le 17 mai mais qui n’a pas encore pris ses fonctions car il n’a pas encore formé son gouvernement, a été informé seulement après coup des opérations militaires, a indiqué à l’AFP son porte-parole, M. David Zisso. Selon la radio publique citant les proches du Premier ministre élu, M. Barak a exprimé son mécontentement d’avoir été ainsi mis devant le fait accompli, alors que cette opération est la plus importante du genre depuis 1996. M. Zisso s’est refusé à confirmer ou démentir le fait que M. Barak, un ancien chef d’état-major de l’armée, ait émis des critiques. «Le gouvernement en place (de M. Netanyahu) est, aux termes de la loi, seul responsable des décisions prises et des opérations qui ont été menées», s’est-il borné à ajouter. Selon lui, M. Barak «à l’intention d’accélérer les négociations pour la formation de son gouvernement afin qu’il puisse prendre les choses en main le plus rapidement possible, notamment pour le Liban». La colère de Sharon Une autre polémique a éclaté à propos du rôle de l’armée, accusée d’avoir forcé la main aux dirigeants politiques dans cette affaire. Juste avant les raids, le chef d’état-major, le général Shaoul Mofaz, est sorti de son devoir de réserve et a critiqué publiquement les dirigeants politiques qui refusaient jusque-là d’avaliser des représailles contre des objectifs civils. «L’échelon politique freine les actions que l’armée veut mener au Liban, ce qui porte atteinte à notre pouvoir de dissuasion», a déploré le général Mofaz. Selon la télévision publique, les responsables militaires étaient irrités de voir MM. Netanyahu et Barak se renvoyer la balle depuis les élections du 17 mai en refusant de prendre une décision sur les propositions d’opérations de l’armée contre le Hezbollah. Le ministre sortant des Affaires étrangères Ariel Sharon a violemment dénoncé les propos du général Mofaz. «Il est très grave que l’armée intervienne de cette façon ou émette des critiques contre les décisions de l’échelon politique», a souligné M. Sharon à la radio. Selon lui, l’armée doit se contenter de «proposer les meilleures options opérationnelles possible aux responsables politiques». Le ministre de la Sécurité intérieure, Avigdor Kahalani, a assuré que les déclarations du général Mofaz «n’ont pas influé sur la décision prise». «Nous avons pris la décision non pas pour mettre le futur gouvernement devant un fait accompli, mais parce que la situation à la frontière nord devenait intolérable pour nos civils», a soutenu M. Kahalani. Avant son élection le 17 mai, M. Barak s’est engagé à procéder à un retrait de l’armée israélienne du Liban-Sud un an après son accession au pouvoir. Le Premier ministre élu est toutefois resté vague sur les moyens d’atteindre cet objectif. Un de ses proches, le député travailliste Ephraïm Sneh, a affirmé que le règlement de la question libanaise passait «par des négociations avec la Syrie». «Mais il ne faut pas croire que nous discuterons avec les Syriens tout en acceptant que le Hezbollah continue ses agressions contre nos soldats ou nos civils», a ajouté M. Sneh.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre israélien élu Ehud Barak a pris ses distances hier a l’égard des raids aériens meurtriers au Liban, qui ont été lancés, sans le consulter, par le Cabinet sortant de Benjamin Netanyahu. M. Barak, élu le 17 mai mais qui n’a pas encore pris ses fonctions car il n’a pas encore formé son gouvernement, a été informé seulement après coup des opérations militaires, a indiqué à l’AFP son porte-parole, M. David Zisso. Selon la radio publique citant les proches du Premier ministre élu, M. Barak a exprimé son mécontentement d’avoir été ainsi mis devant le fait accompli, alors que cette opération est la plus importante du genre depuis 1996. M. Zisso s’est refusé à confirmer ou démentir le fait que M. Barak, un ancien chef d’état-major de l’armée, ait émis des critiques. «Le gouvernement...