Malgré l’apparition d’un certain regain d’intérêt pour le dollar dans la matinée, l’offre a continué de l’emporter sur la demande encore hier, sur le marché des changes de Beyrouth, toujours dominé par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en procédant à l’achat du billet vert à 1 502,00 LL tout en le proposant à 1 514,00 LL, est parvenue donc à le maintenir en clôture au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont continué de négocier effectivement le dollar au point inférieur d’intervention de la BDL et parfois en dehors d’elle, surtout au courant de la matinée, entre 1 502,25 et 1 502,75 LL, puis entre 1 502,00 et 1 502,25 LL jusqu’à la clôture en l’absence de contreparties valables à l’achat même à 1 502,00 LL, ont indiqué les cambistes de la place. En effet, l’activité du marché s’est un peu développée pour atteindre quelque dix millions de dollars, dont la moitié auraient été achetés par la BDL à 1 502,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Le dollar ferme surtout face au sterling À l’étranger, le dollar est reparti à la hausse contre toutes les autres grandes monnaies sur les marchés des changes internationaux, tiré par l’accès de faiblesse du sterling et de l’euro ainsi que par les craintes d’intervention de la Banque du Japon en sa faveur. La livre sterling a ainsi fléchi, hier, à son plus bas niveau depuis septembre 1997 face au billet vert alors que les dernières minutes du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre ont relancé des spéculations sur une nouvelle réduction des taux d’intérêt britanniques. À cet égard, le marché a été surpris par la répartition des votes sur les taux d’intérêt au sein du comité de politique monétaire lors de sa dernière réunion mensuelle. Les membres de ce comité se sont prononcés à une très large majorité, huit contre un, pour une réduction d’un quart de point en pourcentage des taux de base britanniques à 5,00 % au début du mois en raison principalement de la force persistante du sterling. De ce fait, la plupart des investisseurs pensent désormais que de nouvelles réductions des taux sont possibles au cours du 3e trimestre. En effet, la livre s’est repliée d’autant plus rapidement que les cambistes prévoient une hausse du loyer de l’argent aux États-Unis la semaine prochaine à l’issue de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine (Fed) le 30 juin. L’euro a pour sa part connu un nouvel accès de faiblesse sous 1,03 dollar en cours de journée avant de se ressaisir sur des rumeurs d’intervention de la Bundesbank en sa faveur. Pourtant, la monnaie unique européenne a continué d’osciller autour de ses plus bas niveaux et ne s’est toujours pas remise des déclarations maladroites, lundi, de Romano Prodi, le président désigné de la Commission européenne, évoquant une sortie possible de l’euro par l’Italie. Quant à la devise nippone, elle a souffert hier des craintes d’intervention de la Banque du Japon après un avertissement du vice-ministre japonais des Finances, Eisuke Sakakibara. Celui-ci a fait savoir hier que les autorités de son pays vont continuer à suivre attentivement l’évolution de la parité dollar/yen tout en restant prêtes à agir si cela est nécessaire pour limiter la progression de la devise nippone. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est franchement orienté à la hausse, se négociant, à New York, comme suit : – 1,0313 pour un euro contre 1,0320, la veille – 1,5790 pour un sterling contre 1,5900 – 1,8965 DM contre 1,8950 – 6,3600 FF contre 6,3560 – 1,5475 FS contre 1,5455 – 1 877,25 lires contre 1 876,25 – 121,85 yens contre 121,80. Bourse de Beyrouth : pas de changement Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth n’a pas bougé, hier, toutes les valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs derniers cours de la veille sans aucune exception dans un climat dépourvu de motivations à l’achat et à la vente. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 77,48 points, comme la veille, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 178,62 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle s’est sensiblement contractée avec seulement 31 390 actions d’une valeur globale de 114 349 dollars. Wall Street : poursuite de la baisse Sur les autres places, Wall Street a continué de battre en retraite pour la troisième journée consécutive cette semaine, affectée par la poursuite de la baisse des valeurs cycliques et des financières qui ont pâti des craintes de voir la Fed relever ses taux d’intérêt lors de la réunion de son comité de l’open market, mercredi prochain. Pour l’instant, tout le monde pense que la Fed va relever ses taux d’au moins un quart de point en pourcentage à 5 % dans un mouvement qui pourrait se répéter une deuxième fois cette année si l’économie continuait de présenter des signes de surchauffe. À cet égard, l’attention des opérateurs devrait se fixer sur les derniers chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain au premier trimestre qui seront publiés demain pour se faire une idée plus claire sur l’orientation de l’économie. De plus, les tensions sur le marché obligataire américain après que le rendement des bons du Trésor à 30 ans se fut installé au-dessus de 6 % sont venues peser sur la tendance du restant de la cote. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est retombé encore une fois d’un plus haut de la séance à 10 725,12 points, à un plus bas à 10 616,84 points, avant d’afficher en préclôture 10 673,16 points, en nouvelle baisse de 48,47 points sur la veille. Les Bourses européennes en baisse Les valeurs européennes étaient en repli mercredi en fin de journée dans des marchés sans orientation à moins d’une semaine de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. «Il y a une sorte de nervosité du marché en ce qui concerne les taux d’intérêt», a commenté Alex Simon, vendeur chez Citibank à Francfort. «Il y a encore des gens qui ont peur d’une hausse prononcée des taux d’intérêt alors pourtant que tout semblait clair après le discours de Greenspan la semaine dernière», constatait un opérateur dans une banque allemande. «Le sentiment général est que, si nous voulons une hausse cet été, ce ne sera pas pour tout de suite», a-t-il ajouté. Les propos du président de la Fed, Alan Greenspan, la semaine précédente, avaient rassuré les investisseurs, leur donnant à penser que la Réserve fédérale ne relèverait pas ses taux d’intérêt à court terme de plus de 25 points de base. Ce consensus est en train de voler en éclats, certains investisseurs s’attendant désormais à un tour de vis plus important. Finalement, l’indice CAC 40 accusait un repli de 1,24 %, l’indice Footsie de Londres cédait 0,9 %, le Xetra Dax allemand 1,27 % et l’Ibex madrilène 0,8 %. À Amsterdam, les valeurs néerlandaises abandonnaient 0,6 %. L’indice large Eurotop 300 accusait une baisse de 0,9 %, tandis que l’indice plus étroit des valeurs vedettes, l’EuroStoxx 50, cédait 0,7 %. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a perdu 1,1 % mercredi, victime de prises de bénéfices en fin de séance après être montée à son plus haut niveau depuis vingt mois ces derniers jours. L’indice Nikkei 225 a terminé en recul de 190,87 points à 17 586,75, perdant plus de 200 points à 190,87 points. L’indice élargi Topix a perdu 16,46 points à 1 409,18. Il y a eu 334 gagnants et 894 perdants, 94 valeurs restant à un niveau inchangé. Les opérateurs testeront les 18 000 points la semaine prochaine lorsque beaucoup d’entreprises tiendront leurs assemblées générales d’actionnaires et que le trimestre avril-juin sera terminé. Environ 627 millions d’actions ont changé de mains contre 612,6 jeudi. Les valeurs de haute technologie ont fini en baisse.
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