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Actualités - Chronologie

Un carnaval contre le capital dans la City londonienne

Une manifestation contre le capitalisme et la suprématie des marchés financiers s’est transformée en un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre émaillé de brèves violences, hier dans la City londonienne, le cœur financier de l’Europe. Les manifestants, au nombre d’environ 4 000, avaient choisi le jour de l’ouverture du sommet du G-8 à Cologne pour organiser leur «carnaval contre le capital», un terme qui laissait a priori présager une manifestation calme et bon enfant. Mais au cours du défilé, certains groupes se sont détachés pour se livrer à des violences contre les policiers, jetant des cannettes de bière et des pierres, ou investissant brièvement des lieux symboliques comme le marché à terme de Londres dont ils ont brisé quelques vitres. Trois personnes, dont deux manifestants, ont été légèrement blessés au plus fort des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont duré environ 20 minutes. Une seule personne, commotionnée après avoir failli être écrasée par un fourgon policier, a été hospitalisée, selon la police, qui avait déployé quelque 2 000 policiers en prévision de la manifestation. Un concessionnaire Mercedes-Benz a vu ses vitres brisées et quelques voitures abîmées, et les protestataires se sont régulièrement arrêtés devant des banques, agences de recrutement ou McDonalds, s’enchaînant parfois en signe de protestation. En début de journée, 250 cyclistes avaient traversé les quartiers financiers avec force sifflets pour protester contre la pollution due aux embouteillages. «Ce grand rassemblement s’inscrit dans un mouvement international qui veut montrer le lien entre globalisation économique, pauvreté et destruction de l’environnement», a expliqué l’un des organisateurs, le mouvement écologiste Reclaim the Streets. Non loin de là, l’association des Amis de la Terre demandait aux «hommes d’argent rassemblés à Cologne» de forcer les multinationales à mieux respecter l’environnement. Près de Westminster quelque 400 partisans du groupe Jubilé 2000, qui prône l’annulation de la dette des pays du tiers-monde, ont entouré le ministère des Finances en demandant de «briser les chaînes de la dette». Le soleil éclatant avait attiré, dans une City habituée aux costumes sombres et aux tenues sévères, un flot de manifestants arborant coiffures rasta, cheveux teints et tatouages vilipendant les effets du capitalisme sur un air de samba. Au passage quelques originaux ont tenté de faire entendre leur voix, tels ce jeune adepte du nudisme appelant la foule à se déshabiller, mais gardant lui-même son pantalon de peur d’être arrêté, ou huit jeunes filles en sous-vêtements et couvertes de boue clamant leur attachement à l’écologie. Un groupe d’étudiants d’Oxford protestait contre la nourriture génétiquement modifiée. Avec sa crête orange surgie d’un costume rayé de banquier, un étudiant de 19 ans s’est félicité de la mobilisation : «Certaines institutions financières ont eu aujourd’hui un personnel squelettique : nous avons gagné». Les grandes banques et entreprises de la City avaient conseillé à leur personnel de laisser tomber le costume pour une tenue plus décontractée – d’ailleurs souvent admise le vendredi – afin de ne pas se faire repérer. Plusieurs firmes avaient aussi loué du personnel de sécurité supplémentaire ou offert à leurs employés des sandwiches pour leur éviter des désagréments en sortant dans la rue.
Une manifestation contre le capitalisme et la suprématie des marchés financiers s’est transformée en un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre émaillé de brèves violences, hier dans la City londonienne, le cœur financier de l’Europe. Les manifestants, au nombre d’environ 4 000, avaient choisi le jour de l’ouverture du sommet du G-8 à Cologne pour organiser leur «carnaval contre le capital», un terme qui laissait a priori présager une manifestation calme et bon enfant. Mais au cours du défilé, certains groupes se sont détachés pour se livrer à des violences contre les policiers, jetant des cannettes de bière et des pierres, ou investissant brièvement des lieux symboliques comme le marché à terme de Londres dont ils ont brisé quelques vitres. Trois personnes, dont deux manifestants, ont été...