Les États-Unis sont montrés du doigt dans le rapport annuel d’Amnesty International pour avoir été en 1998 «le seul pays connu au monde» à avoir exécuté des condamnés mineurs au moment de leur crime. Trois d’entre eux ont été «mis à mort pour des crimes commis alors qu’ils avaient 17 ans», souligne Amnesty. «Tous les trois avaient de sérieux problèmes de santé mentale» et avaient été maltraités durant leur enfance, ajoute l’organisation de défense des droits de l’homme. Joseph Cannon et Robert Carter ont été exécutés au Texas en avril et mai, Dwayne Wright en Virginie en octobre, rappelle-t-elle. Elle ajoute que durant les six premiers mois de 1999, les États-Unis ont «encore confirmé qu’ils étaient le leader mondial pour les exécutions de délinquants juvéniles». Le 4 février, un délinquant auteur d’un triple meurtre à l’âge de 16 ans, Sean Sellers, a été exécuté dans l’Oklahoma, rappelle Amnesty. Une autre exécution d’un meurtrier mineur au moment des faits devait avoir lieu hier soir en Virginie. Douglas Christopher Thomas, 26 ans, doit mourir par injection, condamné pour le meurtre des parents de sa petite amie en 1990, quand il avait 17 ans. Au total depuis 1990, 10 prisonniers ont été exécutés aux États-Unis pour des délits commis alors qu’ils étaient mineurs, quand le reste du monde en a exécuté neuf, souligne Amnesty. Seuls six pays sont connus pour avoir exécuté des délinquants mineurs depuis 1990, l’Iran, le Nigeria, le Pakistan, l’Arabie séoudite, le Yémen et les États-Unis, rappelle Amnesty. Elle ajoute que le Yémen a récemment passé une loi pour mettre un terme à cette pratique. Amnesty dénonce également dans son rapport annuel le fait que la peine de mort ait continué «à être utilisée de manière intensive» aux États-Unis, où 68 condamnés ont été exécutés en 1998. Elle rapporte également plusieurs cas de brutalité policière, dont celle du Haïtien Abner Louima à New York, qui a conduit au procès de quatre policiers, dont un a été reconnu coupable le 8 juin. Elle dénonce aussi des «accusations de mauvais traitements et d’abus sexuels», notamment contre des femmes, dans plusieurs prisons, en Californie, dans le Michigan et l’État de New York.
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