Cette boutique implantée sur trois étages du centre Sofil à Achrafieh appartient à une société anonyme qui englobe également Intermeuble et 460 Business Store. Elle a été créée il y a douze ou treize ans pour fournir en objets la clientèle très pointue d’Intermeuble qui avait opté pour des intérieurs épurés, affichant un luxe un rien austère et ne tolérant aucune fioriture. Exprimer le plus en montrant le moins, prendre un objet et en interroger les contours jusqu’à le réduire à son essence, telle est la démarche des designers exposés chez Sel et Poivre. Car ici, comme dans les galeries d’art, on préfère parler de créateurs plutôt que de marques, et les objets se désignent par des noms propres. La plupart d’entre eux d’ailleurs figurent dans les collections des principaux musées d’art moderne, et dans notre MOMA-maison, l’initiation est offerte avec le café, sans obligation d’achat. D’ailleurs ici rien n’est anodin, rien n’est fait ni choisi au hasard et ne doit être acquis à la légère. Chaque objet raconte une histoire, chaque objet porte un message, chaque objet désigne notre civilisation du doigt. Agents exclusifs d’Alessi, «l’usine à rêves», une des entreprises les plus dynamiques d’Italie, et de Sabbatini, principal créateur et artisan de l’orfèvrerie moderne, Sel & Poivre anime sur ses étalages les œuvres les plus diverses glanées au gré des salons spécialisés. Une équipe soudée, avisée et partageant un même goût pour les objets qui ont une âme, sélectionne les articles et constitue une force de vente à toute épreuve par sa capacité à partager avec le chaland ce «plus» inestimable : la passion. Vous demandez des couverts. On vous recommande les Duna, vous savez, (vous n’êtes pas obligé de savoir, mais ça vous intéresse!) cette série créée par Marco Zanuso. Ils ont la taille cintrée, exactement comme les robes que portaient les jeunes filles dans les années 50. Vous pouvez aussi choisir le service drôlement sinueux d’Isabel Lam, cette artiste japonaise férue de plongée sous-marine. Elle s’attache à reproduire la forme des objets tels qu’elle les voit sous l’eau. Des casseroles? Aventurez-vous dans la série d’ustensiles La cintura di Orione dessinée sur les conseils de quelques célèbres chefs français et italiens: les Troisgros, Paracucchi, Alain Chapel... C’est du beau pour faire du bon. Un plateau? Avec l’aide d’archéologues napolitains, Alessi a fait reconstruire en acier et dans ses dimensions réelles le plateau soutenu par une petite statuette en bronze représentant un vendeur romain de galettes. D’où son nom : Placentarium. Des verres? Ils défient la gravité (et pourtant ils tiennent!), les Ginevra de Sottsas produits par Alessi : leur piètement est plus petit que leur bord. Voilà pour des objets qui savent aussi être des sujets... de conversation lorsqu’un ange passe entre la poire et le fromage. Mais que les amateurs de classicisme ne s’abstiennent pas : de plus en plus, les parents, principaux conseillers en listes de mariages, sont convaincus par la stabilité et la rigueur architecturale de ces lignes auxquelles on demande de traverser le temps sans lasser.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cette boutique implantée sur trois étages du centre Sofil à Achrafieh appartient à une société anonyme qui englobe également Intermeuble et 460 Business Store. Elle a été créée il y a douze ou treize ans pour fournir en objets la clientèle très pointue d’Intermeuble qui avait opté pour des intérieurs épurés, affichant un luxe un rien austère et ne tolérant aucune fioriture. Exprimer le plus en montrant le moins, prendre un objet et en interroger les contours jusqu’à le réduire à son essence, telle est la démarche des designers exposés chez Sel et Poivre. Car ici, comme dans les galeries d’art, on préfère parler de créateurs plutôt que de marques, et les objets se désignent par des noms propres. La plupart d’entre eux d’ailleurs figurent dans les collections des principaux musées d’art moderne, et...