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Actualités - Chronologie

Environnement - Un châle à 2350 dollars Menace sur la Shahtoosh

C’est une matière incroyablement douce et chaude. À Paris, New York ou Tokyo, un châle en shahtoosh est du plus haut chic. Mais une demande toujours plus grande menace d’extinction l’antilope tibétaine dont provient cette «reine de la laine». La vente de cette laine est interdite en Inde, où elle est produite, mais le trafic se poursuit. Vingt-six châles viennent d’être saisis par les autorités à New Delhi. Le shahtoosh provient du cou et du ventre du chiru, antilope qui migre tous les étés du Tibet au Cachemire. C’est dans cet État du nord de l’Inde que l’on tisse les fameux châles d’une extrême finesse qui seront vendus en France, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, à Singapour, à Hong Kong et au Japon. Les tisserands indiens affirment que la laine est récupérée sur les rochers et buissons sur lesquels se frotte le chiru. Version totalement rejetée par les écologistes, selon qui des milliers d’antilopes sont massacrées chaque année pour faire face à une demande croissante. «Le commerce des châles en shahtoosh a augmenté de 50 % depuis la fin des années 1980», affirme Manoj Kumar Misra, haut responsable de la section indienne du Fonds mondial pour la nature (WWF). «Chaque jour, on propose à la vente à New Delhi 2 000 à 2 500 châles», explique-t-il. «Malgré une loi de 1972 prévoyant un minimum d’un an de prison et de 588 dollars d’amende pour quiconque achetant ou vendant du shahtoosh». Selon un récent rapport gouvernemental chinois cité par le WWF, 20 000 chirus sont abattues chaque année pour ce commerce. Chiffre que M. Misra considère comme trop élevé, la population totale de cette antilope étant estimée à 50 000 à 60 000 têtes, mais qui démontre selon lui l’acuité du problème. Acheteur « criminel » La folie du châle en shahtoosh, traditionnellement blanc, beige ou ivoire, réputé «si fin qu’il peut passer dans une bague», ne date pas d’hier. Napoléon Bonaparte en avait acheté un pour sa future épouse Joséphine qui avait été si conquise qu’elle en avait commandé 400. C’était un matériau de choix dans l’Inde médiévale et les cours royales d’Europe. Mais la demande va croissant, selon le WWF, qui réclame une plus grande répression du trafic. Un châle, qui nécessite environ 250 grammes de laine, coûte aujourd’hui à New Delhi quelque 100 000 roupies (2 350 dollars). Jusqu’à il y a quelques années, selon la Société indienne de protection de la nature, on pouvait en acheter dans des magasins gouvernementaux. Quelques rares échoppes en vendent encore ouvertement, la plupart des transactions se faisant discrètement. Les autorités indiennes de protection de la nature ont effectué deux raids à New Delhi, confisquant 26 châles au total, dont 13 étaient destinés à la France. Les commerçants ont été arrêtés. «Je recommande un minimum de 10 ans de prison et une amende de 100 000 roupies», dit M. Misra, précisant que le WWF prépare des spots publicitaires télévisés pour dénoncer ce trafic. L’un de ces spots montre un acheteur pris sur le fait par la police et interpellé. «Ma vie était sans problème jusqu’au jour ou j’ai tenté d’acheter un châle en shahtoosh», y déclare l’acteur. «Aujourd’hui, mes enfants m’ont demandé pourquoi j’étais devenu un criminel». Le WWF entend également faire appel aux grandes maisons de haute couture pour qu’elles n’utilisent pas cette laine.
C’est une matière incroyablement douce et chaude. À Paris, New York ou Tokyo, un châle en shahtoosh est du plus haut chic. Mais une demande toujours plus grande menace d’extinction l’antilope tibétaine dont provient cette «reine de la laine». La vente de cette laine est interdite en Inde, où elle est produite, mais le trafic se poursuit. Vingt-six châles viennent d’être saisis par les autorités à New Delhi. Le shahtoosh provient du cou et du ventre du chiru, antilope qui migre tous les étés du Tibet au Cachemire. C’est dans cet État du nord de l’Inde que l’on tisse les fameux châles d’une extrême finesse qui seront vendus en France, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, à Singapour, à Hong Kong et au Japon. Les tisserands indiens affirment que la laine est récupérée sur les rochers et buissons sur...