Des experts de l’Union européenne et de la Banque mondiale seront très prochainement au Kosovo pour évaluer le coût de la reconstruction de cette région et plus généralement des Balkans. Mais le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, a prévenu que les Occidentaux n’étaient pas prêts à voir se renouveler un gaspillage de fonds comme ces dernières années en Russie. «On peut voir avec la Russie qu’on peut n’arriver à rien avec beaucoup d’argent», a affirmé M. Eichel, à l’issue d’une réunion avec ses homologues du Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) à Francfort. «Il ne s’agit pas de ne pas donner d’argent mais d’éviter que l’argent arrive dans les mauvaises poches», a-t-il ajouté, dans une allusion aux importants détournements de l’aide occidentale à la Russie par les mafias russes. Il a aussi demandé que l’aide ne serve pas indirectement la dictature de Slobodan Milosevic. Présent à Francfort, le commissaire européen Yves-Thibault de Silguy a indiqué que les experts étaient prêts à se rendre au Kosovo dès que leur sécurité serait assurée. «Maintenant, cela devrait être très rapide», a-t-il estimé. L’aide internationale aux pays touchés par le conflit du Kosovo, dont la coordination a été confiée à l’UE et à la Banque mondiale, était l’un des principaux dossiers de la réunion du G7-Finances, destinée à préparer le sommet économique annuel des chefs d’État et de gouvernement du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Canada) et de la Russie (G8). «Nous avons eu de très longues discussions», a affirmé le secrétaire américain au Trésor Robert Rubin. «Mais nous n’avons pas discuté de dépenses spécifiques en raison de la complexité énorme du dossier». «Le plus urgent est d’assurer la réinstallation des réfugiés», a ajouté M. de Silguy. Les USA impliqués, l’Europe en leader… Robert Rubin a indiqué que les États-unis seront totalement impliqués dans la reconstruction mais que c’est l’Europe qui jouera «un rôle de leader», reprenant une expression prononcée un peu plus tôt par M. de Silguy. Le commissaire européen a confirmé la tenue dans les prochaines semaines d’une conférence ministérielle des donateurs. Les ministres des finances du groupe des Sept, ainsi que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Commission européenne, la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et de développement (Berd), participeront à cette réunion. M. de Silguy n’en a pas précisé le lieu, mais a indiqué que si elle se tenait en juillet, les Finlandais, qui auront alors la présidence tournante de l’Union européenne, y participeront eux aussi. En attendant des estimations précises, les dirigeants occidentaux hésitent à donner des chiffres. M. de Silguy n’a pas répété le chiffre de 18 milliards de dollars qu’il avait avancé la semaine dernière pour la reconstruction des Balkans. «On ne peut pas avoir de chiffre tant qu’on ne sait pas ce qui se passe sur place», a-t-il dit. Pour le ministre allemand, il ne sert à rien de citer des chiffres globaux, puisqu’il n’existe encore aucune structure capable d’assurer que l’aide arrivera aux personnes qui en ont besoin. Mais il a estimé que les montants envisagés ne posent pas de problèmes pour les budgets des pays donateurs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des experts de l’Union européenne et de la Banque mondiale seront très prochainement au Kosovo pour évaluer le coût de la reconstruction de cette région et plus généralement des Balkans. Mais le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, a prévenu que les Occidentaux n’étaient pas prêts à voir se renouveler un gaspillage de fonds comme ces dernières années en Russie. «On peut voir avec la Russie qu’on peut n’arriver à rien avec beaucoup d’argent», a affirmé M. Eichel, à l’issue d’une réunion avec ses homologues du Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) à Francfort. «Il ne s’agit pas de ne pas donner d’argent mais d’éviter que l’argent arrive dans les mauvaises poches», a-t-il ajouté, dans une allusion aux importants détournements de l’aide occidentale à la Russie par les...