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Actualités - Chronologie

L'Alliance hésitera à lancer d'autres opérations en dehors de ses frontières

L’Otan hésitera à se lancer dans une autre opération en dehors des frontières de ses États membres, la campagne contre Belgrade s’étant avérée beaucoup plus longue et difficile que prévu, relèvent plusieurs experts aux États-Unis. Ces frappes contre la Yougoslavie «vont probablement décourager l’Otan de s’engager» en dehors des frontières des pays membres de l’Alliance pour une autre opération éventuelle, estime Joseph Cirincione, du Carnegie Endowment for International Peace, un centre d’analyses de Washington. «Les partenaires de l’Otan, poursuit-il, y compris les États-Unis, ont été surpris par l’ampleur prise par ce conflit» avec la Serbie qui «n’est pas une puissance militaire très importante». Le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Wesley Clark, avait ainsi été obligé, en avril, de réclamer aux États-Unis le déploiement de 300 appareils supplémentaires pour intensifier la campagne engagée le 24 mars. «Les pays de l’Otan, ajoute Joseph Cirincione, vont avoir des hésitations considérables avant de répéter ce genre d’opérations» en dehors des frontières de leurs États membres. La campagne de l’Otan contre la Yougoslavie a duré 79 jours. Elle mobilisait vers la fin une armada de 1 100 appareils, dont la plupart étaient américains. La campagne de l’Alliance, poursuit Joseph Cirincione, a toutefois représenté «l’application la plus concertée et la plus couronnée de succès» des armes guidées de précision. «Cela a certainement eu un effet puissant et dévastateur». «La puissance aérienne marche». La probabilité de mener des opérations semblables à celle menée contre la Yougoslavie «en dehors des Balkans, davantage à l’est en Europe ou en Méditerranée dépasse l’entendement», renchérit Daniel Gouré, du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS). Les frappes de l’Otan contre la Yougoslavie ont provoqué, selon lui, des «dégâts considérables à la crédibilité de l’Otan en tant qu’organisation militaire». Qu’une Alliance, créée pour s’«opposer à l’Union soviétique» et mener une «Troisième Guerre mondiale», se satisfasse d’être restée unie «dans un conflit mineur ne me paraît pas une grande victoire», a-t-il affirmé. Daniel Gouré considère aussi que les frappes contre la Yougoslavie ont mis en évidence les «capacités très limitées» des pays européens de l’Otan pour les opérations en dehors des frontières de l’Alliance. L’unanimité des dix-neuf membres de l’Alliance était nécessaire pour engager une opération militaire comme celle lancée contre le régime de Belgrade. Le sommet de l’Otan, réuni fin avril à Washington, avait adopté un nouveau concept stratégique élargissant la zone d’action de l’Alliance à la «région euro-atlantique» et lui définissant entre autres, en conformité avec les principes de l’Onu, une nouvelle mission: celle de la «gestion de crise». Les pays de l’Otan pourraient se révéler aussi échaudés après l’expérience yougoslave en raison de la durée du conflit. «Les bombardements étaient seulement prévus pour trois jours», relève le contre-amiral Eugene Carroll, du Centre pour l’information en matière de défense. «C’était une erreur tragique», ajoute-t-il, en qualifiant cette estimation de «risible».
L’Otan hésitera à se lancer dans une autre opération en dehors des frontières de ses États membres, la campagne contre Belgrade s’étant avérée beaucoup plus longue et difficile que prévu, relèvent plusieurs experts aux États-Unis. Ces frappes contre la Yougoslavie «vont probablement décourager l’Otan de s’engager» en dehors des frontières des pays membres de l’Alliance pour une autre opération éventuelle, estime Joseph Cirincione, du Carnegie Endowment for International Peace, un centre d’analyses de Washington. «Les partenaires de l’Otan, poursuit-il, y compris les États-Unis, ont été surpris par l’ampleur prise par ce conflit» avec la Serbie qui «n’est pas une puissance militaire très importante». Le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général Wesley Clark, avait ainsi...