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Actualités - Interviews

EAU Le rapprochement Iran-CCG agace Abou Dhabi

Les Émirats arabes unis commencent à manifester publiquement leur agacement devant le rapprochement entre les monarchies du Golfe et l’Iran, qu’un conflit territorial oppose à Abou Dhabi. Dans une interview télévisée diffusée, le chef de la diplomatie émiratie Rached Abdallah al-Nouaïmi a critiqué en des termes d’une rare sévérité le rapprochement entre l’Iran et des pays arabes du Golfe affirmant qu’il se faisait au détriment des Émirats. «Le rapprochement avec l’Iran devient nuisible, car Téhéran l’a interprété comme un abandon des droits des Émirats» sur la Grande Tomb, de la Petite Tomb et d’Abou Moussa dans le Golfe, a souligné le ministre émirati. L’Iran a pris le contrôle en 1971 de ces trois îles au lendemain du retrait britannique de la région et à la veille de l’accession à l’indépendance des Émirats. Les Émirats réclament que le conflit soit porté devant la Cour internationale de justice (CIJ) tandis que Téhéran rejette l’arbitrage international et propose des discussions bilatérales pour dissiper les «malentendus». M. Nouaïmi a affirmé que les résolutions du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie séoudite, Émirats arabes unis, Bahrein, Qatar, Oman et Koweït) «empêchent l’établissement de relations de bon voisinage avec l’Iran aussi longtemps qu’il continue à occuper les îles». «Pourquoi respecterions-nous nos engagements dans le cadre du CCG si les autres ne le font pas ?», s’est-il interrogé. Il réagissait à la récente visite effectuée en Arabie par le président iranien Mohammad Khatami et qui avait été précédée par une visite en Iran du ministre séoudien de la Défense, le prince Sultan ben Abdel Aziz. Le ministre omanais responsable des Affaires étrangères, Youssef ben Alaoui ben Abdallah, s’est également rendu à Téhéran la semaine dernière où il a remis une invitation à M. Khatami pour effectuer une visite à Oman. Les relations entre l’Iran et les monarchies arabes du Golfe se sont considérablement réchauffées depuis l’arrivée au pouvoir de M. Khatami il y a deux ans. Le quotidien al-Khaleej a estimé dimanche que les Émirats avaient «le droit de reprocher à certains de ses frères au sein du CCG ce développement de relations avec l’Iran qui occupe nos trois îles et agit comme si de rien n’était depuis 1971». «L’Iran va trop loin dans son interprétation de ce développement et considère qu’il le disculpe du crime que constitue l’occupation de nos îles et qu’il essaye de consacrer», ajoute le journal. «Quelle est l’évolution qui est intervenue dans la position de l’Iran pour justifier l’amélioration de relations avec ce pays ?», s’interroge al-Khaleej. Le journal note que depuis l’arrivée de M. Khatami au pouvoir «l’Iran n’a donné aucune indication positive qui laisserait prévoir, et même insinuer, un changement de sa position concernant nos trois îles». «La réalité est vraiment choquante car les mesures visant à consacrer l’occupation des îles se poursuivent et les provocations iraniennes se multiplient», conclut al-Khaleej. M. Khatami avait réaffirmé fin mai que le conflit sur les trois îles ne pouvait être résolu que par le dialogue. «Notre problème avec les Émirats ne peut être résolu que par des rencontres et un dialogue rationnel pour éliminer les malentendus», avait-il dit. Il avait rappelé que depuis son élection, il avait dépêché son ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi à deux reprises aux Émirats, qu’il a appelés «à réciproquer, pour démontrer leurs bonnes intentions».
Les Émirats arabes unis commencent à manifester publiquement leur agacement devant le rapprochement entre les monarchies du Golfe et l’Iran, qu’un conflit territorial oppose à Abou Dhabi. Dans une interview télévisée diffusée, le chef de la diplomatie émiratie Rached Abdallah al-Nouaïmi a critiqué en des termes d’une rare sévérité le rapprochement entre l’Iran et des pays arabes du Golfe affirmant qu’il se faisait au détriment des Émirats. «Le rapprochement avec l’Iran devient nuisible, car Téhéran l’a interprété comme un abandon des droits des Émirats» sur la Grande Tomb, de la Petite Tomb et d’Abou Moussa dans le Golfe, a souligné le ministre émirati. L’Iran a pris le contrôle en 1971 de ces trois îles au lendemain du retrait britannique de la région et à la veille de l’accession à...