Il suffit de tourner un robinet pour que l’eau en coule, en principe claire et fraîche. Pourtant, à tant en consommer et comme cela s’est déjà produit l’été dernier, il est fort probable qu’un de ces jours l’eau ne coule plus de ce robinet. Cette précieuse denrée n’existe qu’en quantité fixe sur Terre, aussi serait-il prudent de s’en servir judicieusement. C’est ce que les entreprises de traitement des eaux préconisent en tout cas. Si l’on garde donc en tête que la quantité d’eau disponible sur Terre est toujours la même, il est facile de comprendre pourquoi le traitement de l’eau est essentiel. L’État prélève dans les rivières et lorsqu’il pleut de l’eau qu’il traite. Puis il distribue cette eau au public qui s’en sert puis la rejette dans les égouts qui se vident dans la mer. Si, au lieu d’être jetée dans les égouts, cette eau était traitée, elle pourrait être réutilisée, pour l’arrosage par exemple. Cela permettrait d’ailleurs d’économiser l’eau propre utilisée actuellement pour l’arrosage et de la conserver pour l’usage domestique. Une économie de temps et d’eau serait ainsi permise. Qu’est-ce que le traitement des eaux ? Domaine très vaste, le traitement des eaux se subdivise en de multiples activités. – L’adoucissement permet généralement de réduire le calcaire présent dans l’eau domestique en grandes quantités. Pour le traiter, l’adoucisseur échange des ions entre le calcaire et le sodium. On parle alors de permutation. – La stérilisation pour l’eau potable peut s’effectuer par un filtre qui arrête les matières en suspension et les microbes (on peut aller du simple filtre sur sable aux grilles en inox, en passant par les cartouches jetables), ce système est alors mécanique ; la désinfection peut aussi s’opérer à l’aide d’un stérilisateur au chlore liquide ou gazeux (dans 90% des cas au Liban) ou par rayons ultraviolets C. – Dans les puits artésiens, l’eau contient souvent une grande quantité de fer. La déferrure s’effectue par catalyse ou par oxydation. Le fer est oxydé et devient une matière en suspension que l’on peut filtrer. – Le dessalement, d’eau de mer en particulier, demande d’avoir recours à un système sophistiqué baptisé l’osmose inverse. – La désodorisation s’effectue à l’aide de filtre charbon ou cartouche charbon jetable. – La fosse septique doit en principe permettre aux rejets de se biodégrader naturellement. Toutefois, l’épuration obtenue n’est que de 30%. Différents types de fosses peuvent être mis au point. – Le filtre biologique est une seconde fosse septique contenant des boules en plastique constituant un lit pour les bactéries. Ces bactéries digèrent les déchets. Le degré d’épuration atteint 60 à 65%. De plus, ce système ne demande pas d’électricité et fonctionne quel que soit le rythme auquel les déchets sont rejetés. – La station d’épuration contient une grille arrêtant les gros débris, un bassin d’épuration dans lequel les bactéries se multiplient, un bassin de clarification dans lequel l’eau se décante. Celle-ci peut être rejetée dans la nature, balancée dans un puits artésien ou traitée une nouvelle fois au chlore pour la réutiliser (mais elle n’est pas potable). Au niveau industriel, le traitement des eaux permet à certaines sociétés de disposer d’une eau correspondant précisément à leurs besoins. Ainsi, l’eau peut être traitée à la commande pour que sa composition soit parfaitement adaptée aux diverses applications. En ce qui concerne la pollution, deux types d’intervention sont requis. «La pollution biologique, celle des résidus domestiques, est facile à traiter car ces produits sont biodégradables, remarque Khalil Bouéri, président de Watermaster. En revanche, la pollution chimique et industrielle est très nocive : le nylon, le plastique, le PVC, ainsi que les matières toxiques comme le mercure ou le plomb. Mais dans les deux cas, la nature arrive à un point de saturation où elle ne peut plus absorber». Des systèmes adaptés pour une piscine hygiénique L’installation de piscines, comme toute industrie, connaît des transformations et fait des progrès. Ainsi, les professionnels tâchent de toujours améliorer leur produit. Par exemple, la toute dernière création a une action décisive sur l’hygiène. «Traditionnellement, le jet de retour d’eau dans une piscine se faisait à la hauteur de la poitrine, indique Fouad Tabet, président de Fouad Tabet et Cie. Mais nous avons observé que cela engendrait de nombreux problèmes liés au fait que les microbes descendaient le long du corps puis reposaient au fond de la piscine. Les nageurs risquaient donc d’attraper des champignons car l’eau ne se renouvelait qu’à la surface. C’est pourquoi de nouveaux systèmes ramènent l’eau du fond de la piscine et la projettent vers le haut où elle tombe dans les canalisations latérales». Autre tendance actuelle, les piscines en over-flow. L’eau y arrive au niveau du rebord de la piscine et tombe directement dans les canalisations. Le chlore ayant, de l’avis de tous, des effets secondaires, de nouveaux systèmes de stérilisation sont proposés, comme le Pacific Sea, de Watertech. «Ce système électromagnétique fonctionne à l’aide de deux électrodes en cuivre et en argent qui provoquent une électrolyse, explique Charbel Yazbeck, président de Watertech. Cela permet de ne pas mettre de produits chimiques dans la piscine». À ce sujet, Salim Makhoul détaille : «Cette technique s’appelle l’ionisation : l’appareil décharge des ions de cuivre et d’argent dans l’eau ; l’argent est un bactéricide et le cuivre tue les algues. Un ozonateur est aussi efficace : la décharge d’ozone transforme l’oxygène de l’eau (O2) en oxygène 3 qui oxyde les micro-organismes». Le charbon actif, parfois utilisé par Habib Daher, président de Overseas Trade Market, est un matériau qui absorbe toutes les mauvaises odeurs, couleurs et déchets organiques de l’eau, même chlorée. «Il n’est pas courant d’utiliser le charbon actif dans les piscines, remarque Habib Daher. Les gens préfèrent utiliser le chlore pour stériliser l’eau des piscines, bien que certains virus pathogènes lui résistent et qu’il puisse avoir des effets secondaires. Le chlore est la méthode la moins chère, à court terme. Mais il faut penser que ce chlore doit être renouvelé régulièrement et que l’eau doit être testée en permanence, ce qui représente une dépense sur la durée». Avoir une piscine, c’est donc très bien. Mais savoir l’entretenir est encore mieux.
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