«Je combattrai jusqu’à ce que le Kosovo soit libre», proclame un jeune combattant de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) sur son lit d’hôpital, la hanche criblée d’éclats d’obus. Le Pentagone a estimé à 17 000 les recrues de l’UCK, mais les séparatistes se disent beaucoup plus nombreux. Ils affirment qu’ils ont triplé leurs effectifs depuis que l’Otan a lancé sa campagne aérienne contre la Yougoslavie et que l’exode des Kosovars a commencé, à la fin mars. «Les soldats, nous les avons. Ce qu’il nous faut, ce sont des armes», déclare Hysni Hoxha, chirurgien anesthésiste, lors d’une visite autorisée dimanche à la condition de préserver le secret de l’emplacement de cet hôpital de campagne, dont la création a été permise par une donation de la Norvège et de médecins étrangers. «C’est un véritable hôpital, avec du personnel chirurgical spécialisé», précise Erik Fosse, qui a passé 20 ans à travailler sur des zones de guerre, notamment au Liban et en Afghanistan. «Il y a beaucoup de docteurs qui viennent des quatre coins du monde, des Kosovars d’origine mais qui arrivent des États-Unis, de différents pays d’Europe, avec des spécialités et des talents différents». «Aujourd’hui, nous avons eu plusieurs cas de blessures par éclats d’obus et de blessures par balles», explique Fosse, qui assure que l’hôpital peut tout faire, des amputations à la neurochirurgie. Les soldats admis dans l’hôpital, qui compte une cinquantaine de lits, semblent tous âgés d’une vingtaine d’années. Parmi eux, une femme de 23 ans qui porte une cicatrice de l’oreille à la lèvre et une blessure au bras. Après quatre jours sur le front, un homme de 28 ans, dont la famille vit à Francfort, a échoué ici, blessé et malade d’être resté dehors pendant des jours. «Demain, je retourne me battre», dit-il avec un pâle sourire. À la nuit tombée, à proximité de l’hôpital, s’élève le chant de jeunes hommes et femmes en uniforme de l’UCK, qui entonnent «Kosovo libre».
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