Voici le film des derniers événements en Yougoslavie : Diplomatie La suspension éventuelle des bombardements : - Le président russe Boris Eltsine a estimé hier qu’il n’y avait «plus aucune raison pour la poursuite de l’agression de l’Otan contre la Yougoslavie», au lendemain de l’acceptation par Belgrade du plan de paix des Occidentaux et des Russes sur le Kosovo. - L’Otan a toutefois déclaré n’avoir encore aucun signe d’un début de retrait des forces yougoslaves du Kosovo, condition sine qua non pour l’arrêt des bombardements. Jusqu’à présent, l’Otan ne dispose «d’aucune preuve» en ce sens, a précisé en fin de matinée le porte-parole de l’Alliance Jamie Shea. - Le président américain Bill Clinton a estimé que la suspension des bombardements de l’Otan pourrait intervenir «très bientôt» à condition que Belgrade entame «un retrait vérifiable militairement» de ses forces du Kosovo. - Selon des diplomates à Bruxelles, des militaires de l’Otan rencontrent aujourd’hui à la frontière entre la Macédoine et la Yougoslavie des représentants de Belgrade pour discuter des modalités d’un retrait yougoslave. Une fois l’accord conclu avec les forces yougoslaves, le texte devra être entériné par le Conseil permanent de l’Otan, peut-être samedi soir, voire dimanche, a-t-on ajouté de même source, précisant qu’une pause des bombardements alliés pourrait ensuite intervenir dimanche soir ou lundi matin. - Le chancelier allemand Gerhard Schröder a indiqué vendredi au sommet de l’Union européenne (UE) à Cologne qu’en cas de «retrait effectif» des forces serbes du Kosovo, «les conditions de suspension des bombardements seront réunies». Onu/Résolution Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi qu’un projet de résolution de l’Onu sur le Kosovo était pratiquement prêt. - La Chine a exigé vendredi la fin des frappes de l’Otan en Yougoslavie comme préalable à toute discussion d’une résolution sur le Kosovo au Conseil de sécurité de l’Onu. L’après-opération « force alliée » La question du maintien au pouvoir du président yougoslave Slobodan Milosevic «reste ouverte» car elle «ne fait pas partie» du plan de paix au Kosovo, a déclaré le président Clinton. - Trois des principaux pays de l’UE, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, ont lié, quant à eux, hier toute aide financière à la reconstruction de la Yougoslavie au départ du président Milosevic. - À Belgrade, on a estimé cependant que le pouvoir de Slobodan Milosevic ne semblait pas menacé à court terme malgré la colère des ultranationalistes qui l’accusent d’avoir bradé le Kosovo. Pour l’heure, malgré son inculpation pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international (TPI), il reste le principal interlocuteur des Occidentaux, selon les observateurs. Raids - L’Otan a poursuivi ses bombardements au cours des dernières 24 heures à un rythme relativement soutenu, mais a épargné la ville de Belgrade pour la deuxième nuit consécutive. Les raids ont été concentrés au Kosovo et dans le sud de la Serbie, selon des sources serbes. Dans son communiqué quotidien, l’Alliance indique que ses avions ont effectué au cours des dernières 24 heures 610 sorties (contre 644 la veille) dont 234 bombardements (contre 239) et 74 missions contre la défense aérienne (contre 70). Hier, l’Otan a procédé à une nouvelle série d’attaques au Kosovo et en Serbie, selon l’agence officielle Tanjug. Quelque 16 missiles ont été tirés sur des cibles de la région de Djakovica, près de la frontière avec l’Albanie. Réfugiés/Aide - L’Union européenne souhaite créer une agence européenne chargée de la coordination de la reconstruction du Kosovo et de l’ensemble de la région, indique un projet de conclusions qui devait être adopté hier par le sommet européen à Cologne (Allemagne). Selon Romano Prodi, le nouveau président de la Commission européenne, «les coûts (de la reconstruction) sont estimés entre 5 et 6 milliards d’euros par an pendant au moins cinq ans». - Après l’acceptation du plan de paix, le Haut-commissariat de l’Onu pour les réfugiés préparait hier le retour de près d’un million de personnes, mais craignait d’être débordé par l’ampleur et la rapidité du mouvement. Le HCR estimait à près de 983 000 le nombre total de réfugiés du Kosovo depuis le début du conflit en mars 1998.
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