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Actualités - Chronologie

Insolite - Pizzas, spaghettis et bière Bar WC à Varsovie

«WC - ouvert de 13h à 23h, pizzas, spaghettis et bière». L’enseigne est équivoque, mais le petit escalier qui autrefois menait aux toilettes publiques pour hommes conduit désormais au Blues Bar, l’un des premiers bars qui a ouvert ses portes au début des années 90 dans des latrines de Varsovie. Le patron, un journaliste de sport d’une radio populaire, a tout lieu de se féliciter de son initiative. Le Blues Bar fait recette. De fait, de plus en plus rares sont les toilettes publiques dans les sous-sols du centre de Varsovie qui servent encore à leurs fonctions originelles. La majorité d’entre elles ont déjà été transformées en petits bars, cafés ou discothèques, les nouveaux endroits branchés de la capitale polonaise. Le passé du Blues Bar n’a pas été oublié pour autant par sa clientèle. Quand les habitués de l’endroit s’y donnent rendez-vous, ils lancent : «Idziemy do kibla», ce qui veut dire en polonais «On va aux chiottes». «Quand, il y a huit ans, nous avons eu l’idée de faire un bar dans ces toilettes, leur état était lamentable. Il a fallu tout démolir et refaire, nous y avons placé toutes nos économies, ne sachant pas si l’idée allait réussir», se souvient un des deux propriétaires du bar, Karol Kusmierczyk, la trentaine passée. «Aujourd’hui, on peut dire que notre idée a été un succès, l’endroit est toujours plein à craquer et d’autres ont repris notre idée», ajoute-t-il. Le loyer dans les bars-toilettes est trois fois moins élevé que dans les autres locaux plus conventionnels du centre de Varsovie. «Du coup, on peut servir la bière la moins chère de Varsovie et en plus dans une ambiance originale», dit le barman Piotr Gricner. Quatre toilettes seulement La présence d’au moins une toilette, accessible gratuitement aux Varsoviens, est la seule condition imposée aux gérants par la voirie municipale (MPO) qui exerce la tutelle administrative sur les latrines. «C’est inscrit dans les statuts de notre société qui est censée assurer la propreté de Varsovie», explique le porte-parole de MPO, Eugeniusz Gora. Sur 18 latrines supervisées par MPO dans le centre-ville, il n’en reste que quatre servant encore de toilettes. Les autres abritent des bars, des cliniques vétérinaires ou même des magasins, dit-il. «Maintenir des toilettes publiques est une activité déficitaire et la ville ne nous donne pas de fonds supplémentaires». L’avantage des anciennes toilettes publiques est leur localisation, le plus souvent à proximité d’un parc, d’un stade de football ou d’un centre commercial. «Le plus difficile est d’attirer les clients. Ils s’étaient habitués à des toilettes publiques délabrées qui d’ailleurs ne servaient à personne depuis des années. Et voilà que l’on vous y offre des choses à manger !» explique la propriétaire d’un petit bar de 36 mètres carrés aménagé récemment dans des latrines souterraines près de l’École polytechnique de Varsovie. «Il arrive que pendant des heures et des heures, personne ne descend dans mon bar, mais une petite clientèle commence à se fidéliser», dit-elle. Adam Mroczkowski (22 ans), diplômé d’une école d’hôtellerie, espère lui aussi réussir. Il vient d’emporter un appel d’offres pour les latrines près du stade de football du club de Varsovie Legia. Il y réalise des travaux d’aménagement pour 40 000 dollars, fonds collectés auprès de sponsors, des fabricants de bière et de cigarettes qui, en finançant les travaux, obtiennent l’exclusivité pour la vente de leurs produits dans son bar. Les travaux sont déjà bien avancés. Le bar sera aménagé avec des poutres et un plancher de bois. Bien qu’il soit en sous-sol, le bar aura un nom volontairement provoquant: Strych, ou grenier en polonais.
«WC - ouvert de 13h à 23h, pizzas, spaghettis et bière». L’enseigne est équivoque, mais le petit escalier qui autrefois menait aux toilettes publiques pour hommes conduit désormais au Blues Bar, l’un des premiers bars qui a ouvert ses portes au début des années 90 dans des latrines de Varsovie. Le patron, un journaliste de sport d’une radio populaire, a tout lieu de se féliciter de son initiative. Le Blues Bar fait recette. De fait, de plus en plus rares sont les toilettes publiques dans les sous-sols du centre de Varsovie qui servent encore à leurs fonctions originelles. La majorité d’entre elles ont déjà été transformées en petits bars, cafés ou discothèques, les nouveaux endroits branchés de la capitale polonaise. Le passé du Blues Bar n’a pas été oublié pour autant par sa clientèle. Quand les...