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Actualités - Chronologie

Havel estime que les droits de l'homme priment la souveraineté

Le président tchèque, Vaclav Havel, a déclaré jeudi que les bombardements de l’Otan en Yougoslavie préfiguraient une nouvelle attitude «éthique» dans laquelle la souveraineté nationale pouvait être violée dans l’intérêt des droits de l’homme. «Cette guerre donne aux droits de l’homme préséance sur les droits des États (...) Je considère que c’est un précédent très important pour l’avenir», a dit le dirigeant tchèque. Vaclav Havel s’exprimait lors d’un discours prononcé devant la Chambre des communes et le Sénat fédéral canadiens. Les parlementaires lui ont répondu par de longues ovations. «Il est dorénavant très clair qu’il n’est plus permis de massacrer des gens, de les expulser de chez eux, de les maltraiter et de les déposséder de leurs biens». Havel a ajouté que les intérêts nationaux étaient subordonnés aux principes et aux valeurs dans l’effort visant à forcer le président yougoslave Slobodan Milosevic à mettre un terme à ses opérations militaires au Kosovo. «C’est probablement la première guerre pour laquelle on ne se bat pas pour des intérêts, mais au nom de certains principes et valeurs», a-t-il déclaré. «Si l’on peut dire d’une guerre qu’elle est éthique, ou que l’on s’y bat pour des raisons éthiques, alors c’est pour cela que l’on se bat dans cette guerre». «Le Kosovo ne possède pas de gisements de pétrole qui pourraient susciter l’intérêt d’autres nations; aucun pays membre de l’Alliance n’a de prétentions territoriales dans la région; et Milosevic ne menace ni l’intégrité territoriale, ni aucune autre intégrité, d’aucun membre de l’Otan». Et le président tchèque d’ajouter : «Néanmoins, l’Alliance se bat. Elle se bat au nom des intérêts humains pour le sort des autres êtres humains». Havel, un dramaturge qui a écopé de quatre ans de prison pour s’être opposé aux règles autoritaires imposées à la Tchécoslovaquie et qui a ensuite mené le mouvement d’opposition pacifique contre les communistes, est arrivé dans la Chambre des communes, bondée, avec son épouse Dagmar. «Nous sommes en présence d’un grand homme d’État. Un leader tout à fait remarquable dont la ténacité devant la tyrannie et la dignité devant la persécution ont contribué à rendre possible la transformation démocratique de son peuple, de son pays et de son continent il y a dix ans. Une transformation qui relève, peu importe le point de vue qu’on adopte, du prodige», a déclaré le Premier ministre fédéral, Jean Chrétien. Ce dernier s’est ensuite plaint à Havel, sur le ton de la plaisanterie, que le gardien de but tchèque Dominic Hasek ait aidé l’équipe de hockey professionnel de Buffalo, les Sabres, a éliminer l’équipe d’Ottawa, les Sénateurs, lors des éliminatoires de la Ligue nationale de hockey (NHL). «Je dois vous dire que l’un de vos citoyens, M. Hasek, n’est pas très populaire à Ottawa ces derniers jours», s’est-il exclamé.
Le président tchèque, Vaclav Havel, a déclaré jeudi que les bombardements de l’Otan en Yougoslavie préfiguraient une nouvelle attitude «éthique» dans laquelle la souveraineté nationale pouvait être violée dans l’intérêt des droits de l’homme. «Cette guerre donne aux droits de l’homme préséance sur les droits des États (...) Je considère que c’est un précédent très important pour l’avenir», a dit le dirigeant tchèque. Vaclav Havel s’exprimait lors d’un discours prononcé devant la Chambre des communes et le Sénat fédéral canadiens. Les parlementaires lui ont répondu par de longues ovations. «Il est dorénavant très clair qu’il n’est plus permis de massacrer des gens, de les expulser de chez eux, de les maltraiter et de les déposséder de leurs biens». Havel a ajouté que les intérêts...