La Macédoine regarde déjà l'après-guerre et les bénéfices à en tirer (photo)
le 01 mai 1999 à 00h00
Pays de la «ligne de front» voisin du Kosovo, la Macédoine regarde déjà l’après-guerre, lorsque viendra le temps de la reconstruction dans la région et les bénéfices qu’elle pourra en tirer. Au bord de l’effondrement économique avec un taux de chômage proche de 40 % de la population active et des exportations en chute libre, la Macédoine espère de ses partenaires être dûment «récompensée» pour les efforts qu’elle a déployés dans l’accueil sur son sol de plus de 175 000 réfugiés albanais du Kosovo et l’aide logistique apportée aux forces de l’Otan déployées chez elle. Elle attend une aide économique substantielle de la part de l’Union européenne et des institutions internationales ainsi que des concessions politiques pour que soit accélérée la prise en compte de sa candidature à l’UE et à l’Otan. À son retour du Luxembourg où il a pris part cette semaine à une réunion avec des responsables de l’Union européenne, le Premier ministre macédonien Luco Georgievski en a souligné les résultats «extrêmement positifs» pour la Macédoine. Il s’est félicité de la décision européenne de réfléchir à des accords d’association liant l’UE à la Macédoine et l’Albanie. M. Georgievski a évalué jeudi dans la presse macédonienne à 200 millions de dollars le montant des aides qui seront injectées par les pays occidentaux dans l’économie macédonienne dans le mois qui suivra la fin du conflit. «Nous aider est un devoir moral pour les pays occidentaux. Nous comprenons qu’ils ont déjà beaucoup d’engagements avec d’autres pays, mais nous méritons de leur part une aide et une plus grande compréhension de nos problèmes», explique le ministre de l’Information Redzep Zllatku. «Je regarde déjà au-delà (du président yougoslave Slobodan) Milosevic. C’est comme s’il n’était déjà plus là», dit le ministre, pour qui il ne fait aucun doute que l’Otan va triompher du dirigeant yougoslave. «Après lui, nous verrons la Macédoine et l’Albanie resserrer leurs liens de coopération avec l’Ouest et ils le méritent bien», ajoute-t-il. Les autorités macédoniennes expriment leur gratitude pour l’aide déjà reçue. «Comme le dit un proverbe chez nous,“on ne regarde pas les dents d’un cheval qui est donné”, explique le ministre. Mais l’aide nécessaire pour remettre la Macédoine sur les rails «est énorme», s’empresse-t-il d’ajouter. Pour M. Ljubomir Frckovski, professeur de droit international, la Macédoine a deux défis à surmonter pour sortir gagnant du conflit : la maîtrise de l’accueil du flot énorme de réfugiés albanais chasssés du Kosovo et le contrôle des activités sur son sol de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). «Si nous réussissons ces deux examens de passage, la Macédoine sera alors dans une position très favorable pour retirer quelques bénéfices de cette guerre», dit M. Frckovski, qui a été pendant six ans ministre des Affaires étrangères et ministre de l’Intérieur. «La Macédoine pourrait alors devenir la plaque tournante pour la reconstruction régionale», estime-t-il. «Nous sommes le seul pays de la région bénéficiant de la protection de l’Otan à disposer de ressources importantes», affirme-t-il. Un premier test de la volonté concrète des pays occidentaux d’aider la Macédoine sera la réunion le 5 mai à Paris des pays donateurs organisée sous l’égide de la Banque mondiale. Skopje espère que les aides qui seront promises ce jour-là totaliseront au moins 100 millions de dollars.
Pays de la «ligne de front» voisin du Kosovo, la Macédoine regarde déjà l’après-guerre, lorsque viendra le temps de la reconstruction dans la région et les bénéfices qu’elle pourra en tirer. Au bord de l’effondrement économique avec un taux de chômage proche de 40 % de la population active et des exportations en chute libre, la Macédoine espère de ses partenaires être dûment «récompensée» pour les efforts qu’elle a déployés dans l’accueil sur son sol de plus de 175 000 réfugiés albanais du Kosovo et l’aide logistique apportée aux forces de l’Otan déployées chez elle. Elle attend une aide économique substantielle de la part de l’Union européenne et des institutions internationales ainsi que des concessions politiques pour que soit accélérée la prise en compte de sa candidature à l’UE et...
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