Les sénateurs américains, désireux d’en finir avec le procès de Bill Clinton, avancent désormais toute une série d’options mais, dans tous les cas de figure, le président échapperait à la destitution. Première proposition, avancée par l’influent sénateur démocrate Robert Byrd: l’abandon pur et simple du procès, associé éventuellement à une résolution condamnant les actions du président dans l’affaire Lewinsky. «Je suis convaincu que les deux tiers nécessaires pour la destitution ne sont pas là et qu’il n’y a pas grande chance qu’ils soient atteints», a affirmé Robert Byrd dans un communiqué. La poursuite du procès «ne ferait que prolonger et approfondir les conséquences amères et les divisions que cette affaire a créées pour le pays», a-t-il ajouté. Robert Byrd est considéré comme une autorité en matière de procédure et son appel à l’abandon du procès est psychologiquement important pour nombre de ses collègues démocrates. Un débat sur cette proposition aura lieu lundi et un vote devrait intervenir dans la soirée ou mardi. Un abandon du procès requiert la majorité simple, soit 51 voix. L’ensemble des 45 sénateurs démocrates devraient voter pour, la plupart des 55 sénateurs républicains contre. Les démocrates souhaitent, après le procès, faire adopter une motion de réprimande contre le président. Une seconde proposition, soutenue notamment par les républicains Phil Gramm du Texas et Mike DeWine de l’Ohio, prévoit la poursuite du procès avec la convocation de témoins pour tenter de démêler les affirmations des uns et des autres, dont Monica Lewinsky, l’ex-stagiaire de la Maison-Blanche avec qui Bill Clinton a eu une liaison. En fin de parcours, les sénateurs voteraient pour condamner ou acquitter M. Clinton sur les deux chefs d’incrimination retenus par la Chambre. Une majorité des deux tiers, soit 67 voix, est nécessaire pour obtenir la destitution du président. «Nous établissons ici un précédent» et il est important pour l’avenir politique du pays d’aller jusqu’au bout du procès, a affirmé samedi Mike DeWine. Les procureurs républicains nommés par la Chambre des représentants pour conduire le procès voudraient inviter Bill Clinton, accusé de parjures et d’entrave à la justice, à témoigner en personne. Mais la Maison-Blanche a clairement fait entendre qu’il ne viendrait pas et le Sénat, pour des raisons constitutionnelles et protocolaires, ne le convoquera pas. «Tout le monde sait que le président ne va pas venir parce qu’il sait qu’il n’y a pas 67 voix pour le condamner», selon Orrin Hatch, un républicain de l’Utah. Ce n’est que s’il devait se défendre contre de nouvelles accusations qu’il pourrait éventuellement témoigner, a estimé ce sénateur qui souhaite convoquer d’autres témoins de l’affaire. Une majorité de républicains sont prêts à voter pour inviter des témoins à venir déposer, à huis clos, mais nombre d’entre eux ne sont pas sûrs qu’ils voteraient ensuite pour les faire témoigner en séance ouverte, à moins qu’ils n’aient vraiment de nouveaux éléments d’information à offrir. Une troisième proposition, avancée par Orrin Hatch, vise à laisser le procès se poursuivre mais, en fin de parcours, les sénateurs voteraient simplement pour l’ajourner. Sa motion prendrait acte du vote de destitution de la Chambre, affirmerait que Bill Clinton a fauté, mais soulignerait qu’il n’y a pas un nombre suffisant de voix au Sénat pour chasser le président du pouvoir.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les sénateurs américains, désireux d’en finir avec le procès de Bill Clinton, avancent désormais toute une série d’options mais, dans tous les cas de figure, le président échapperait à la destitution. Première proposition, avancée par l’influent sénateur démocrate Robert Byrd: l’abandon pur et simple du procès, associé éventuellement à une résolution condamnant les actions du président dans l’affaire Lewinsky. «Je suis convaincu que les deux tiers nécessaires pour la destitution ne sont pas là et qu’il n’y a pas grande chance qu’ils soient atteints», a affirmé Robert Byrd dans un communiqué. La poursuite du procès «ne ferait que prolonger et approfondir les conséquences amères et les divisions que cette affaire a créées pour le pays», a-t-il ajouté. Robert Byrd est considéré comme une...