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Actualités - Chronologie

Interrogations de la presse française sur une possible manipulation

Massacre de sang froid, mise en scène, manipulation pour sensibiliser l’opinion internationale : la presse a fait jeudi largement écho aux interrogations lancées la veille sur la tuerie dans le village kosovar de Racak, par les envoyés spéciaux des quotidiens Le Figaro et Le Monde. «Controverse», «polémiques», «soupçons», «interrogations», hypothèses» : tous les termes utilisés témoignent du malaise provoqué au sein des rédactions par ce rappel de deux grandes manipulations ou controverses récentes : les faux «charniers» de Timisoara en Roumanie, en décembre 1989, et la polémique sur la responsabilité de la tuerie sur un marché de Sarajevo, en 1994, durant le siège de la capitale bosniaque par les Serbes. Pour Libération, «il y a bien eu massacre à Racak et ce massacre est l’œuvre de la police serbe». Le quotidien pose toutefois «neuf questions sur le massacre de Racak». «Quelle est sa nature exacte ? Action de guerre, dérapage de combattants mal contrôlés, exécution froide ordonnée en connaissance de cause ? Et pour orienter l’opinion vers la dernière interprétation, y-a-t-il eu mise en scène de l’UCK», s’interroge le journal. «Ce qui est la cause, ce n’est pas tant la matérialité des faits, à savoir la mort d’une quarantaine de Kosovars tués par les forces serbes, que leur déroulement», écrit pour sa part Le Figaro. Le journal rappelle la tragédie du 5 février 1994 sur un marché de Sarajevo et le doute provoqué par l’information, relayée par une chaîne de télévision française, selon laquelle les forces bosniaques étaient à l’origine de la boucherie pour provoquer une intervention internationale. «Dans le cas de Racak (...), il n’est cette fois-ci pas question d’affirmer que les Kosovars se seraient tués eux-mêmes». «Ils ne sont que soupçonnés, sur des bases encore fragiles, d’avoir rassemblé des cadavres éparpillés — mélangeant peut-être civils et guérilleros - afin de produire un effet de masse», souligne le journal. «Les morts sont des proies faciles que tout profanateur peut manipuler ... pour manipuler l’opinion», commente enfin l’Humanité, quotidien du Parti communiste français, rappelant lui l’affaire de Timisoara. «À Racak, des soupçons s’insinuent, rien ne peut être affirmé, mais s’il s’avérait qu’il y ait eu mise en scène macabre, l’oppression qui frappe les Kosovars ne serait pas plus tolérable, ni meilleur le régime de Belgrade, mais cela déshonorerait l’UCK et montrerait, une fois de plus, les sommets d’ignominie que peut atteindre la lutte entre extrémistes nationalistes», conclut le quotidien.
Massacre de sang froid, mise en scène, manipulation pour sensibiliser l’opinion internationale : la presse a fait jeudi largement écho aux interrogations lancées la veille sur la tuerie dans le village kosovar de Racak, par les envoyés spéciaux des quotidiens Le Figaro et Le Monde. «Controverse», «polémiques», «soupçons», «interrogations», hypothèses» : tous les termes utilisés témoignent du malaise provoqué au sein des rédactions par ce rappel de deux grandes manipulations ou controverses récentes : les faux «charniers» de Timisoara en Roumanie, en décembre 1989, et la polémique sur la responsabilité de la tuerie sur un marché de Sarajevo, en 1994, durant le siège de la capitale bosniaque par les Serbes. Pour Libération, «il y a bien eu massacre à Racak et ce massacre est l’œuvre de la police...