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Actualités - Chronologie

Fourrure Tendances et partis pris (photos)

Dans la mercerie du quartier, un groupe de jeunes filles s’affaire autour de la vendeuse. L’objet de tous ces désirs n’est autre que la fausse fourrure au mètre: de l’astrakan, de la zibeline, voire du vison (un peu raide, un peu terne, un peu rasé malgré lui...) mais qu’importe le verre, seule l’ivresse compte. Qui l’aurait dit? Décriée, menacée, honnie ou fièrement repoussée, la fourrure devenait le bouc émissaire, porteur de tous les péchés de cruauté commis par l’humanité. Tout juste si on n’attribuait pas aux fourreurs (en se resservant du gigot) l’invention de la bombe atomique et l’extermination des sauvages. Mais voilà que la roue de la fortune qui tourne, sous un prétexte des plus fallacieux («il s’agit d’animaux d’élevage et non pas d’animaux pouchassés, comme si nourrir un animal dans l’intention de lui enlever sa peau est plus honorable que de le pourchasser sans le connaître») ramène la fourrure (véritable) dans l’inspiration des créateurs et les griffes (dorées) des gourous de la mode. Inimitable, douce et chaleureuse, la fourrure naturelle revient donc à visage découvert sur les podiums. Pour apaiser les consciences, on proclame que 20% seulement de la matière première provient de la chasse. Il ne s’agit, donc, que d’une angélique industrie d’élevage fournissant un modeste 80% des peaux consommées! Mais trêve d’hypocrisie... Devant un manteau de vison, une étole ou même une pelisse en breitschwanz (un agneau mort-né), quelle femme brandirait son refus catégorique sous prétexte de torturante zoophilie? Pour celles qui n’ont pas recours aux faux pelages vendus au mètre, on précisera que les pelisses traditionnelles (visons, renards, petits gris, agneaux d’Inde, etc.) se placent en tête des modèles favoris. Discrètes, douillettes, portables à toute heure et excluant toute ostentation, elles méritent bien cet hommage. Mais le véritable luxe moderne impose une peau (apparente cette fois-ci) fine, soyeuse et souple: le breitschwanz. Fragile et de plus en plus rare, cette peau a une texture finement moirée, se distinguant de l’astrakan par des boucles à peine composées. Sa rareté et son extrême fragilité font que l’astrakan swakara, plus résistant et très fin, la remplace sans dommage. Dans la mode actuelle, cependant, la fourrure se travaille comme un tissu. Ce qui élargit étonnamment son emploi. On porte du breitschwanz en sac, en chaussures, en col ou en poignets. Mais aussi en pulls, voire en robes. La véritable innovation, cependant, pas encore arrivée au Liban, sont les fins manteaux double face, véritables merveilles de souplesse et d’élégance. Ultime confidence qui pourrait donner la clef du succès, de breitschwanz: il est la seule fourrure qui affine la silhouette. Surtout lorsqu’il est rasé, comme c’est le cas cette année.
Dans la mercerie du quartier, un groupe de jeunes filles s’affaire autour de la vendeuse. L’objet de tous ces désirs n’est autre que la fausse fourrure au mètre: de l’astrakan, de la zibeline, voire du vison (un peu raide, un peu terne, un peu rasé malgré lui...) mais qu’importe le verre, seule l’ivresse compte. Qui l’aurait dit? Décriée, menacée, honnie ou fièrement repoussée, la fourrure devenait le bouc émissaire, porteur de tous les péchés de cruauté commis par l’humanité. Tout juste si on n’attribuait pas aux fourreurs (en se resservant du gigot) l’invention de la bombe atomique et l’extermination des sauvages. Mais voilà que la roue de la fortune qui tourne, sous un prétexte des plus fallacieux («il s’agit d’animaux d’élevage et non pas d’animaux pouchassés, comme si nourrir un...