Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Alcoolisme - Méthodes traditionnelles ou médicales Soigner à la russe une GDB

Des millions de Russes ont fêté la Noël orthodoxe le 7 janvier puis le Nouvel an, selon l’ancien calendrier julien, mercredi soir, par moult libations : deux occasions de réviser les méthodes destinées à éviter ou à soigner la gueule de bois. Les plus prudents conseillent des mesures préventives: manger du pain beurré, un bon morceau de saindoux ou, pour les plus courageux, boire un grand verre d’huile avant d’aller festoyer. Ce genre de pratique retarde l’action de l’alcool sur l’organisme, confirme-t-on de source médicale. Mais, reconnaissent ceux qui ne sauraient envisager les fêtes sans une consommation massive de vodka, ces mesures n’ont qu’un effet limité et en règle générale, il est sage de se préparer à des lendemains forcément douloureux. «Pratiquement, toute la partie adulte de la population russe a été confrontée un jour ou l’autre aux tristes conséquences d’un abus d’alcool», a souligné le très sérieux quotidien des affaires Kommersant dans un article laconiquement intitulé «Gueule de bois: comment s’en sortir le lendemain matin». Les méthodes traditionnelles, éprouvées par des générations et largement décrites dans la littérature russe du XIXe et du XXe siècles, sont le plus souvent à base de saumure et de soupes aigres. Saumure ou solianka Quelques verres de saumure, où ont mariné cornichons et tomates, permettent de reprendre un premier contact avec la réalité, soutiennent de grands consommateurs de vodka, en se référant à une tradition vieille de plusieurs siècles. Autre remède très apprécié, la «solianka», une soupe aigre dont la composition permet de reconstituer les réserves de vitamines B épuisées par l’abus d’alcool. La «solianka» est apparue en Russie en même temps que la vodka, pour servir d’antidote, et portait à l’origine le nom peu poétique de «soupe de la gueule de bois», souligne le spécialiste Viliam Pokhlebkine dans son Dictionnaire de cuisine, qui fait autorité. Certains préfèrent avoir recours au chou fermenté, d’autres se rabattent sur le kvas, une boisson fermentée et légèrement alcoolisée à qui l’on prête des vertus fortifiantes. Un moyen radical est le bain de vapeur, une passion partagée par de nombreux Russes. Mais le risque est de retomber dans les excès, la pratique du bain russe se concevant difficilement sans vodka, bière et poisson fumé. «Il faut soigner le mal par le mal», rappelle un héros du roman de Mikhaïl Boulgakov, «Le Maître et Marguerite», avant de proposer 100 grammes de vodka à son interlocuteur qui émerge difficilement d’une nuit de beuverie. Dans les cas les plus graves, un médecin peut venir à domicile pour sortir un malheureux du coma éthylique, indique Iouri Sivolap, un médecin spécialiste de la désintoxisation. Prix de la visite : 35 dollars, soit l’équivalent de douze bouteilles de vodka. La consommation d’alcool en Russie est de 14,5 litres d’alcool pur par an et par personne, soit environ 170 bouteilles de vodka d’un demi-litre (le format habituel en Russie, vendu 2 dollars), ou près d’une bouteille tous les deux jours. Les deux tiers de l’alcool produit en Russie viennent de distilleries clandestines qui livrent des produits trafiqués responsables de la mort de 43 000 personnes en 1997, selon des chiffres officiels. Il n’existe pas en revanche de statistiques précises sur le nombre de décès dus à l’alcoolisme, l’une des plaies de la société russe.
Des millions de Russes ont fêté la Noël orthodoxe le 7 janvier puis le Nouvel an, selon l’ancien calendrier julien, mercredi soir, par moult libations : deux occasions de réviser les méthodes destinées à éviter ou à soigner la gueule de bois. Les plus prudents conseillent des mesures préventives: manger du pain beurré, un bon morceau de saindoux ou, pour les plus courageux, boire un grand verre d’huile avant d’aller festoyer. Ce genre de pratique retarde l’action de l’alcool sur l’organisme, confirme-t-on de source médicale. Mais, reconnaissent ceux qui ne sauraient envisager les fêtes sans une consommation massive de vodka, ces mesures n’ont qu’un effet limité et en règle générale, il est sage de se préparer à des lendemains forcément douloureux. «Pratiquement, toute la partie adulte de la...