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Actualités - Chronologie

L'Allemagne veut pousser les feux du fédéralisme

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a proposé mardi de lancer l’Union européenne sur la voie du fédéralisme pendant la présidence allemande des Quinze, au premier semestre de 1999. Le sommet européen de Cologne, en juin 1999, devrait selon lui convoquer pour 2001 une conférence intergouvernementale (CIG) pour rédiger un nouveau traité d’Union européenne avant l’adhésion d’une demi-douzaine de pays candidats. «Seule l’Europe de l’intégration est viable», a-t-il déclaré dans un discours longuement applaudi par le Parlement européen, devant lequel il présentait son programme. «C’est à notre génération qu’incombe la mission de parachever cette Europe». Pour le chef de la diplomatie allemande, l’avènement de l’euro, qu’il juge à la fois «révolutionnaire» et «miraculeux» change radicalement la donne dans la construction européenne. «La monnaie, la sécurité et la constitution sont, en effet, les trois domaines de souveraineté essentiels des États nationaux modernes et, en introduisant l’euro, c’est un premier pas vers leur communautarisation au sein de l’Union européenne qui vient d’être accompli», a-t-il ajouté. Faute de poursuivre l’intégration, l’euro pourrait, avec sa dynamique, «(ébranler) prochainement l’actuel statu quo». «Étant la conséquence logique de l’Union économique et monétaire, l’Union politique étendue à de nouveaux États membres doit dorénavant nous servir d’orientation», a-t-il estimé. «L’enjeu majeur de la présidence allemande» est donc de «préparer l’Union» à ce nouveau bond vers l’intégration. Il faut d’abord mettre la maison européenne en ordre, et donc adopter l’«Agenda 2000», un ensemble de propositions de réformes des politiques et du financement de l’UE. Il s’est dit persuadé qu’un accord pourrait intervenir lors du sommet européen des 24 et 25 mars prochain, alors que pays riches et pauvres s’affrontent durement sur le financement, les premiers voulant réduire les aides structurelles. Joschka Fischer a assuré que Bonn «veillera à ce qu’aucune solution ne se fasse au détriment des plus faibles partenaires de l’Union» afin qu’il n’y ait «ni gagnant, ni perdant». La politique agricole commune doit, quant à elle, être «plus compétitive et plus écologique» si l’on veut intégrer les pays de l’Est sans faire exploser le budget de l’Europe verte. Il ne s’est pas attardé sur la revendication d’une réduction de la contribution budgétaire allemande au budget. L’Allemagne, a-t-il dit, restera le principal contributeur net, mais il y a des «injustices qu’il convient de corriger». L’élargissement aux pays de l’Est doit, selon lui, se faire le plus rapidement possible, parce qu’il s’agit d’une vision stratégique, mais avec «beaucoup de réalisme pragmatique». Bonn estime nécessaire de fixer à la fin de 1999 des dates concrètes pour la conclusion des négociations afin de donner un signal d’espoir aux pays candidats, mais une autre priorité s’imposera parallèlement, celle des réformes institutionnelles. Joschka Fischer a dès lors proposé que le sommet européen de Cologne convoque pour 2001 une CIG qui mettrait pratiquement fin à la règle paralysante de l’unanimité dans l’Union. La présidence allemande a également proposé la rédaction d’une charte européenne des droits fondamentaux, sorte d’embryon d’une constitution pour l’Europe élargie jusqu’à la Russie. Pour le reste, l’emploi, la création d’une véritable Politique étrangère commune et de défense (PESC), la coordination des politiques économiques et fiscales, ainsi que la lutte contre la criminalité sont par ailleurs au menu.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a proposé mardi de lancer l’Union européenne sur la voie du fédéralisme pendant la présidence allemande des Quinze, au premier semestre de 1999. Le sommet européen de Cologne, en juin 1999, devrait selon lui convoquer pour 2001 une conférence intergouvernementale (CIG) pour rédiger un nouveau traité d’Union européenne avant l’adhésion d’une demi-douzaine de pays candidats. «Seule l’Europe de l’intégration est viable», a-t-il déclaré dans un discours longuement applaudi par le Parlement européen, devant lequel il présentait son programme. «C’est à notre génération qu’incombe la mission de parachever cette Europe». Pour le chef de la diplomatie allemande, l’avènement de l’euro, qu’il juge à la fois «révolutionnaire» et...