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Actualités - Chronologie

Le billet vert doit trouver ses marques

Le dollar, qui dominait jusqu’ici les échanges commerciaux, doit maintenant trouver ses marques face au tout nouvel euro qui pourrait bien lui damer le pion. Les Américains découvrent un peu brutalement en cette fin d’année qu’une nouvelle monnaie pourrait bien être aussi forte que leur billet vert et les médias abordent le sujet prudemment. Mais les plus avertis, analystes et économistes sont partagés sur la valeur de cette nouvelle monnaie commune à 11 pays et à quelque 290 millions d’Européens, soit plus que les 271 millions d’Américains. Jeudi, à quelques heures de l’existence officielle de l’euro et une fois que les ministres des Finances européens eurent décidé de la parité des monnaies nationales face à l’euro, le dollar s’est nettement replié. L’écu, qui devait être remplacé par l’euro au passage de 1999, a grimpé sur le marché des changes jeudi en milieu de journée à 1,1740 dollar contre 1,1665 dollar un peu plus tôt. Pour Lisa Finstrom, économiste de Salomon Smith Barney, l’euro ne sera pas très loin de cette parité vendredi, premier jour de son existence légale. Reste que par la suite, l’euro fluctuera face au dollar en fonction des conditions économiques à la fois aux États-Unis et dans la zone euro (11 pays) mais aussi par les décisions de politique monétaire prise de part et d’autre de l’Atlantique par les deux grandes banques centrales: la BCE (Banque centrale européenne) et la Fed (Réserve fédérale américaine). «Je parie que l’euro va s’apprécier en 99 car les perspectives économiques européennes sont plutôt favorables», a indiqué Lisa Finstrom en soulignant que «dans le même temps, la croissance aux États-Unis devrait se ralentir». Dès lors, la Réserve fédérale, débarrassée du fléau de l’inflation, aura une marge supplémentaire pour réduire son taux de l’argent, ce qui devrait permettre à l’euro, avec un rendement réel de l’argent plus intéressant, d’attirer les capitaux et de s’apprécier, a-t-elle ajouté. Pour l’économiste en chef de Merril Lynch, Bruce Steinberg, le ralentissement de la croissance va faciliter «la baisse des taux d’intérêt dans le monde» et notamment ceux de la Réserve fédérale américaine. Lisa Finstrom parie donc sur un euro à 1,25 dollar au milieu de 1999. Un avis pas du tout partagé par Christopher Iggo, de Barclays Capital, qui a estimé que l’euro sera plus faible en raison d’une croissance européenne plus faible que prévu et des taux d’intérêt plus bas que les 3% actuels. Ils sont de 4,75% aux États-Unis. Le rayonnement du dollar pourrait s’atténuer également avec l’émergence de l’euro comme monnaie privilégiée pour les échanges en Europe, rôle jusqu’ici dévolu au dollar. Le commissaire européen chargé des affaires financières, Yves Thibault de Silguy, a estimé, mercredi, que l’euro pèsera pour 30% des échanges commerciaux dans le monde. Avec cette perte d’influence du dollar sur les échanges commerciaux, c’est la position géo-politique dominante des États-Unis qui risque d’être remise en question. «Le rôle politique dominant des États-Unis dans le monde est intégralement lié à l’influence du dollar. L’euro menace directement cette domination», analysait mercredi un éditorial dans le quotidien Los Angeles Times.
Le dollar, qui dominait jusqu’ici les échanges commerciaux, doit maintenant trouver ses marques face au tout nouvel euro qui pourrait bien lui damer le pion. Les Américains découvrent un peu brutalement en cette fin d’année qu’une nouvelle monnaie pourrait bien être aussi forte que leur billet vert et les médias abordent le sujet prudemment. Mais les plus avertis, analystes et économistes sont partagés sur la valeur de cette nouvelle monnaie commune à 11 pays et à quelque 290 millions d’Européens, soit plus que les 271 millions d’Américains. Jeudi, à quelques heures de l’existence officielle de l’euro et une fois que les ministres des Finances européens eurent décidé de la parité des monnaies nationales face à l’euro, le dollar s’est nettement replié. L’écu, qui devait être remplacé par l’euro...