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Actualités - Chronologie

Annus horribilis pour les banques suisses

Les banques suisses auront perdu un peu de leur lustre en 1998, année qui les vit accepter des réparations dans l’affaire des avoirs juifs en déshérence et perdre de fortes sommes sur les marchés émergents, tandis que le 3e établissement bancaire du pays absorbait le 1er dans une gigantesque et douloureuse fusion. Le 13 août, les deux plus grands groupes bancaires helvétiques, UBS et le Crédit Suisse, se sont résignés à verser 1,25 milliard de dollars en trois ans, pour solde de tout compte aux organisations juives en dédommagement des préjudices subis pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce règlement délivre les banques suisses des menaces de boycott qui les visaient, notamment aux États-Unis. «Finalement, le problème a été réglé de manière optimale, après les erreurs de 1997. Mais l’affaire a terni l’image des banques suisses», estime un analyste d’une banque de gestion de fortune genevoise. L’Union de banques suisses (UBS) s’était fait particulièrement remarquer l’an dernier lorsque le veilleur de nuit Christoph Meili avait sauvé des documents importants de la destruction, avant d’être licencié et de se réfugier aux États-Unis, où il était devenu un quasi héros national. Fragilisée par cette affaire, l’UBS zurichoise a accepté sa fusion, annoncée en décembre 1997 et finalisée fin juin 1998, avec la Société de banque suisse (SBS). Cette banque bâloise était beaucoup plus petite, mais de l’avis de tous les analystes beaucoup mieux gérée et manquait de liquidités pour financer une ambitieuse expansion à l’international. La nouvelle entité née de cette fusion, UBS (trois lettres qui ne signifient plus rien), est la plus grande banque mondiale pour la masse sous gestion, avec environ 1 500 milliards de francs suisses (environ 1 100 mds USD). L’opération doit se traduire par 13 000 suppressions d’emplois sur 56 000. Les déboires L’UBS a apporté, outre ses fabuleuses réserves, le poids de ses déboires dans des spéculations sur les produits dérivés (options, opérations sur taux d’intérêt, etc.), réalisés par une branche autonome qui avait échappé à tout contrôle... jusqu’à ce qu’on s’aperçoive de l’ampleur des dégâts au printemps, suite en particulier à des placements hasardeux au Japon. Les pertes seraient de 625 millions de francs suisses rien que sur les dérivés sur actions. Elles ont sans doute accéléré la fusion. Autre cadavre dans le placard, le désastre du fonds spéculatif LTCM aura coûté 950 millions de francs suisses à l’UBS. En outre, les grandes banques suisses ont été chez elles fortement accusées de délaisser l’économie domestique, pour aller chercher fortune avec plus ou moins de bonheur à l’étranger. «De nombreuses PME suisses ont dû aller emprunter en France pour se financer», explique par exemple Antonio Perez. Un Suisse sur huit a d’ailleurs changé de banque l’an dernier, au bénéfice des «petites» banques, jugées «plus proches des gens», et moins aventureuses.
Les banques suisses auront perdu un peu de leur lustre en 1998, année qui les vit accepter des réparations dans l’affaire des avoirs juifs en déshérence et perdre de fortes sommes sur les marchés émergents, tandis que le 3e établissement bancaire du pays absorbait le 1er dans une gigantesque et douloureuse fusion. Le 13 août, les deux plus grands groupes bancaires helvétiques, UBS et le Crédit Suisse, se sont résignés à verser 1,25 milliard de dollars en trois ans, pour solde de tout compte aux organisations juives en dédommagement des préjudices subis pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce règlement délivre les banques suisses des menaces de boycott qui les visaient, notamment aux États-Unis. «Finalement, le problème a été réglé de manière optimale, après les erreurs de 1997. Mais l’affaire a terni...