Les Palestiniens ont déjà un drapeau, un aéroport international, un Parlement et un gouvernement, et même des passeports. Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est fixé un objectif: les empêcher d’appeler leur patrie un État. Même si beaucoup d’Israéliens, y compris dans sa propre coalition de droite, y voient une bataille d’arrière-garde. Le dirigeant palestinien Yasser Arafat est déterminé à «mettre tout en œuvre» pour proclamer, le 4 mai 1999, un État indépendant sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, avec Jérusalem-Est pour capitale. L’échéance a été fixée il y a cinq ans: c’est à cette date que doit expirer la période intérimaire d’autonomie définie par les accords d’Oslo, signés en 1993. M. Netanyahu a riposté avec une menace: si M. Arafat proclamait l’indépendance, Israël annexerait purement et simplement les territoires occupés qu’il contrôle encore – la plus grande part – et étranglerait économiquement le reste. Analystes israéliens et palestiniens concordent sur un point: un tel scénario a toutes les chances de conduire à un bain de sang. À première vue, pourtant, une déclaration d’indépendance palestinienne serait essentiellement symbolique. En mai, l’Autorité palestinienne de M. Arafat contrôlera, au mieux, des enclaves séparées les unes des autres totalisant 40% de la Cisjordanie, ainsi que 60% de la bande de Gaza. Israël aura toujours la mainmise sur le reste des territoires occupés, y compris Jérusalem-Est, et contrôlera l’ensemble des accès terrestres, aériens et maritimes aux zones relevant de l’Autorité palestinienne. Mais l’Autorité escompte – et Israël craint – une large reconnaissance de la communauté internationale, ce qui forcerait l’État juif à accepter la nouvelle réalité ou à choisir une isolation croissante sur la scène diplomatique. La flexibilité de Arafat Pour contrer ce risque, M. Netanyahu a lancé une campagne visant à sensibiliser la communauté internationale aux «dangers» qui seraient posés, selon lui, par l’existence même d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Le Premier ministre ne manque pas une occasion d’évoquer l’image d’un nouveau Saddam Hussein «à notre porte» ou de missiles antiaériens déployés en Cisjordanie et pointés sur les avions de ligne atterrissant à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. M. Netanyahu est prêt à accorder une large autonomie aux Palestiniens dans leurs villes et villages mais il entend qu’Israël conserve le contrôle de la majorité de la Cisjordanie, de ses sources d’eau, de ses frontières et de son espace aérien. Et, bien sûr, de Jérusalem. Pourtant, le processus d’Oslo a permis depuis cinq ans aux Israéliens de s’habituer à l’idée d’une entité palestinienne, et pourquoi pas d’un État, aux côtés d’Israël. Même le ministre des Affaires étrangères Ariel Sharon, chef de file des durs de la droite, a reconnu cette année qu’un État palestinien était déjà virtuellement en place.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Palestiniens ont déjà un drapeau, un aéroport international, un Parlement et un gouvernement, et même des passeports. Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est fixé un objectif: les empêcher d’appeler leur patrie un État. Même si beaucoup d’Israéliens, y compris dans sa propre coalition de droite, y voient une bataille d’arrière-garde. Le dirigeant palestinien Yasser Arafat est déterminé à «mettre tout en œuvre» pour proclamer, le 4 mai 1999, un État indépendant sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, avec Jérusalem-Est pour capitale. L’échéance a été fixée il y a cinq ans: c’est à cette date que doit expirer la période intérimaire d’autonomie définie par les accords d’Oslo, signés en 1993. M. Netanyahu a riposté avec une menace: si M. Arafat proclamait...