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Actualités - Chronologie

Gerhard Schroëder aux commandes d'une Allemagne décomplexée et émancipée

Sans faire table rase du passé, Gerhard Schroëder a déjà imprimé un nouveau style à l’Allemagne, celui d’un pays décomplexé qui défend avec pragmatisme ses intérêts sur la scène internationale, à l’égal de ses voisins. À 54 ans, le chancelier social-démocrate représente la génération de 68, du «sens et du courage civique» selon ses propres termes, par opposition à celle de la Seconde Guerre mondiale, incarnée par son prédécesseur chrétien-démocrate Helmut Kohl, 68 ans. En mai 1945, Helmut Kohl, adolescent, fuyait éperdu devant les troupes américaines sous l’uniforme des jeunesses hitlériennes. Le petit Gerhard Schroëder n’avait que quelques semaines. Devenu chancelier, le premier a cultivé pendant les 16 années de son ère, à grand renfort de symboles, la réconciliation franco-allemande et la construction européenne, «garante de la paix». Le second considère tout ceci pour acquis et emmène une Allemagne émancipée et «normale» vers le XXIe siècle. Le rapport à l’histoire de Gerhard Schroëder est fondamentalement différent de celui d’Helmut Kohl qui supportait encore personnellement le poids du nazisme. Commémorant le 8 novembre le 60e anniversaire de la «nuit de Cristal», le premier grand pogrom des nazis, le nouveau chancelier, rappelant la «souffrance incommensurable» des 20.000 victimes juives, déclarait: «60 ans plus tard, nous regardons vers l’avant sans oublier le passé». C’est désormais son credo. Sur le terrain diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, résumait il y a peu l’avis général, jugeant que l’équipe Schroëder agissait avec «moins de sentimentalité et plus d’esprit pratique» que celle d’Helmut Kohl. «Avec le Kohl des dernières années, les relations franco-allemandes étaient devenues sentimentales mais avaient perdu l’essentiel de leur substance. Avec Schroëder, on se reparle. C’est un style beaucoup plus direct», renchérit-on dans l’entourage du chancelier. La «diplomatie du sauna» À Moscou aussi, Gerhard Schroëder a fait une croix sur la «diplomatie du sauna» cultivée par son prédécesseur qui se targuait de régler les affaires de ce monde en suant de concert avec Boris Eltsine. Il n’a ainsi réservé que quelques minutes à son «sommet» avec le président russe pour s’attarder avec ses ministres et les leaders de l’opposition. Les exemples de ce tournant pragmatique fourmillent. Évoquant le financement de l’Union européenne, dont la présidence sera assumée par l’Allemagne au premier semestre 1999, Gerhard Schroëder a clairement prévenu que «l’ancien système qui consistait à résoudre les problèmes européens avec l’argent de l’Allemagne n’a plus cours». L’élargissement de l’UE, souligne-t-il aussi, ne pourra intervenir que lorsque les réformes structurelles et financières des institutions européennes auront été menées à bien. L’entrée de la Pologne dans l’UE en l’an 2000, promise par le chancelier Kohl, attendra. Avec Gerhard Schroëder, l’Allemagne a rejoint la grande famille sociale-démocrate européenne. Parmi les premiers signes: ce «Pacte européen pour l’emploi» désormais voulu par Bonn et Paris, pendant du «Pacte de stabilité» monétaire du gouvernement Kohl.
Sans faire table rase du passé, Gerhard Schroëder a déjà imprimé un nouveau style à l’Allemagne, celui d’un pays décomplexé qui défend avec pragmatisme ses intérêts sur la scène internationale, à l’égal de ses voisins. À 54 ans, le chancelier social-démocrate représente la génération de 68, du «sens et du courage civique» selon ses propres termes, par opposition à celle de la Seconde Guerre mondiale, incarnée par son prédécesseur chrétien-démocrate Helmut Kohl, 68 ans. En mai 1945, Helmut Kohl, adolescent, fuyait éperdu devant les troupes américaines sous l’uniforme des jeunesses hitlériennes. Le petit Gerhard Schroëder n’avait que quelques semaines. Devenu chancelier, le premier a cultivé pendant les 16 années de son ère, à grand renfort de symboles, la réconciliation franco-allemande et...