Keizo Obuchi passe pour un «homme très, très ordinaire», le futur premier ministre du Japon l’a admis lui-même mais c’est à lui que revient désormais la tâche de sortir la deuxième économie mondiale de la récession. «Je ressens une grave responsabilité. Je ferais tous les efforts possibles pour surmonter les difficultés», a-t-il brièvement déclaré après sa nette victoire vendredi à l’élection à la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD), étape obligée pour la direction du gouvernement. Handicapé par son image terne, le chef de la diplomatie japonaise a su faire jouer ses liens dans le parti. Cette lente ascension, fruit de 35 ans d’une carrière discrète, s’est faite en douceur, les familiers du PLD affirmant que M. Obuchi peut se targuer de ne pas compter d’ennemis dans son parti. Il aurait préféré une élection discrète par consensus mais les deux autres candidats ont transformé ce scrutin en compétition, chacun devant mener campagne devant des Japonais de plus en plus hostiles à ce parti qui les a gouvernés avec une seule courte interruption depuis les années d’après guerre. Douze fois député Le regard doux derrière ses grosses lunettes, la moue souvent dubitative, les épaules légèrement voûtées, M. Obuchi s’est animé au fil des jours devant les caméras, soignant ses costumes et devenant de plus en plus combatif. «Endurer et se montrer humble est important», a-t-il dit en rappelant qu’il avait derrière lui 12 mandats de députés c’est-à-dire 12 victoires électorales parfois contre des adversaires d’une toute autre dimension politique. Il a émergé sur la scène médiatique seulement en 1989, quand il a annoncé en tant que secrétaire et porte-parole du gouvernement que le Japon entrait dans l’ère «Heisei» avec l’accession au trône de l’empereur Akihito, après le décès de son père, l’empereur Hirohito. Cet homme de consensus est devenu à l’ancienneté un poids lourd du PLD, chef depuis 1992 d’une puissante faction, proche de l’ancien premier ministre Noboru Takeshita, un «parrain» du parti. M. Hashimoto appartient toujours à cette faction. Né en juin 1937, M. Obuchi est diplômé de sciences politiques et de littérature anglaise. Il a conquis son premier mandat de député en 1963, héritant de la circonscription de son père, une pratique commune dans la vie politique japonaise. Il a une solide expérience du gouvernement, obtenant son premier portefeuille ministériel en 1979. Il a notamment été secrétaire général et porte-parole du gouvernement (avec rang ministériel) de 1987 à 1989. Compétences économiques minces Il a été secrétaire général du PLD en 1991, puis vice-président en 1994 et 1995. Il a pu démontrer alors son habileté à concilier les factions, des qualités de rassembleur qui pourraient s’avérer utiles pour trouver des compromis avec l’opposition afin d’adopter rapidement à la Diète (Chambre basse du Parlement) un plan de sauvetage des banques. Ses compétences économiques paraissent toutefois minces. Il le reconnaît mais il est le seul des trois candidats à avoir formulé des engagements chiffrés sur les mesures qu’il comptait prendre. S’il avance prudemment, M. Obuchi est aussi capable de dire non. Ministre des Affaires étrangères, il s’est opposé à ses fonctionnaires qui refusaient que le Japon signe le traité d’interdiction des mines antipersonnel et a imposé l’adhésion à ce traité. Considéré comme modéré, M. Obuchi s’est placé parfois dans les rangs des ultra-nationalistes. La veille de sa nomination à la tête de la diplomatie japonaise, il avait discrètement démissionné de ses fonctions de chef d’un groupe de 230 élus militant pour les pèlerinages au sanctuaire Yasukuni, qui honore aussi les criminels de la dernière guerre. Père de trois enfants, c’est un maître d’Aikido, un art martial qui privilégie l’autodéfense. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Keizo Obuchi passe pour un «homme très, très ordinaire», le futur premier ministre du Japon l’a admis lui-même mais c’est à lui que revient désormais la tâche de sortir la deuxième économie mondiale de la récession. «Je ressens une grave responsabilité. Je ferais tous les efforts possibles pour surmonter les difficultés», a-t-il brièvement déclaré après sa nette victoire vendredi à l’élection à la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD), étape obligée pour la direction du gouvernement. Handicapé par son image terne, le chef de la diplomatie japonaise a su faire jouer ses liens dans le parti. Cette lente ascension, fruit de 35 ans d’une carrière discrète, s’est faite en douceur, les familiers du PLD affirmant que M. Obuchi peut se targuer de ne pas compter d’ennemis dans son parti. Il aurait...