La communauté internationale a salué la transition prévue du Nigéria vers la démocratie avant le 29 mai 1999, selon le programme présenté par le général Abubakar. Responsables de partis et personnalités politiques diverses ont précipitamment réuni leurs troupes à Abuja, la capitale nigériane, pour préparer les élections annoncées pour les premiers mois de 1999, après la décision d’Abubakar de tirer un trait sur le programme de transition faussée de son prédécesseur le général Sani Abacha, décédé le 8 juin. Au siège de l’ONU à New York, le secrétaire général Kofi Annan a salué l’annonce d’Abubakar de «faire avancer résolument le Nigéria vers un pouvoir civil démocratique», et proposé l’aide des Nations Unies dans l’organisation d’élections libres. Annan, qui a lancé un appel à tous les Nigérians pour qu’ils œuvrent en faveur de «la réconciliation nationale» et de la démocratie, a cependant demandé au chef de la junte de libérer tous les prisonniers politiques, alors qu’Abubakar ne s’est engagé à libérer que ceux arrêtés sous l’autorité d’Abacha. A Abuja, les cinq partis politiques créés et reconnus sous le régime d’Abacha et les élections organisées à cette période sont annulés. De même, la Commission nationale électorale est dissoute, et toute la vie politique doit se reconstruire. Ancien cadre du parti du Congrès du Nigeria uni qui dominait les élections locales organisées par Abacha, Emmanuel Nnabuife a déclaré que deux mouvements politiques — Vision 99 et Les Amis du Progrès «adopteraient un nom de parti et éliraient des comités chargés de définir la Constitution du parti et son programme». Nouveaux partis Le bureau de l’avocat indépendant Tunji Braithwaite, qui avait essayé d’être candidat à la présidence contre Abacha, a annoncé qu’il avait déjà formé un nouveau parti, le «Mouvement pour le progrès démocratique». Tout en se déclarant méfiante devant les propositions des militaires, l’opposition modérée, a l’instar du Projet pour les droits constitutionnels, mouvement qui lutte contre la junte, s’apprête à prendre Abubakar au mot, et à s’assurer qu’il quitte bien le pouvoir en 1999. En revanche, l’opposition radicale, qui soutenait Moshood Abiola, le principal opposant à la junte mort en détention le 7 juillet dernier, n’accordera elle aucun crédit à Abubakar. La NADECO (Coalition démocratique nationale), essentiellement implantée dans le sud-ouest du pays, qui prônait la formation d’un gouvernement d’unité nationale, regrette que son idée n’ait pas été retenue dans le plan de démocratisation présentée lundi. A Lagos, le mouvement Campagne pour la démocratie, composé de farouches partisans d’Abiola, a dénoncé l’annonce d’une prochaine démocratisation comme un «leurre» qui ne «mènera nulle part». Le programme d’Abubakar a cependant été salué par la communauté internationale. Faisant échos aux déclarations venues de Bruxelles, de Washington ou de Pretoria, le secrétaire d’Etat au Foreing Office, Tony Llyod, qui a rencontré le général Abubakar il y a un mois, a salué «la meilleure nouvelle que nous ayons reçue du Nigéria depuis longtemps». Reste à savoir si les cadres de l’armée suivront leur leader. «Nombre de militaires ne veulent pas céder le pouvoir pour des raisons d’ego mais aussi parce qu’ils pensent sincèrement représenter le seul moyen de maintenir l’unité du Nigeria», explique un homme d’affaires étranger présent depuis plus de vingt ans dans le plus peuplé des Etats africains. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La communauté internationale a salué la transition prévue du Nigéria vers la démocratie avant le 29 mai 1999, selon le programme présenté par le général Abubakar. Responsables de partis et personnalités politiques diverses ont précipitamment réuni leurs troupes à Abuja, la capitale nigériane, pour préparer les élections annoncées pour les premiers mois de 1999, après la décision d’Abubakar de tirer un trait sur le programme de transition faussée de son prédécesseur le général Sani Abacha, décédé le 8 juin. Au siège de l’ONU à New York, le secrétaire général Kofi Annan a salué l’annonce d’Abubakar de «faire avancer résolument le Nigéria vers un pouvoir civil démocratique», et proposé l’aide des Nations Unies dans l’organisation d’élections libres. Annan, qui a lancé un appel à tous...