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Actualités - Chronologie

Centrale nucléaire ou usine de la mort ?

Symbole de la coopération Est-Ouest et référence en matière de sûreté dans un pays ex-communiste pour les uns, «usine de la mort» pour les autres, le premier réacteur de la centrale nucléaire slovaque de Mochovce subit sans encombre les ultimes essais. Branché au réseau électrique depuis le 4 juillet, ce réacteur à eau sous pression de conception ex-soviétique «tourne» actuellement à 35% de sa capacité et devrait atteindre, par paliers, sa pleine puissance (440 mégawatts) vers la fin août. «C’est la protection de l’environnement qui nous pousse vers le nucléaire», insiste M. Vladimir Grujbar, directeur-adjoint de la société Slovenské elektrarne (SE), exploitant des centrales nucléaires, thermiques et hydrauliques du pays, devant un groupe de journalistes français venus visiter cette nouvelle installation. Par cette allusion, M. Grujbar vise en fait les Autrichiens, qui voient d’un très mauvais œil cette réalisation héritée de l’ancien régime communiste tchécoslovaque et revue et corrigée ces dernières années avec l’aide étrangère. En effet, malgré les assurances répétées d’experts internationaux sur sa sûreté, la divergence (déclenchement de la réaction en chaîne), le 8 juin, du réacteur numéro un de cette centrale située à 180 kilomètres à l’est de Vienne a été qualifiée d’«acte hautement irresponsable et inamical» par le chancelier autrichien Viktor Klima. Cela n’a pas vraiment impressionné les Slovaques. Pour eux, il ne s’agissait que d’une prise de position «politiquement correcte», difficile à éviter dans un pays qui a définitivement renoncé en 1978, par référendum, à cette source d’énergie. «Poule d’or» Au moment de la chute du communisme, en 1989, le chantier de Mochovce comprenait quatre tranches nucléaires du type VVER-213, terminées respectivement à 90%, 75%, 40% et 30%. Après la scission de la Tchécoslovaquie, en 1993, les autorités de l’Etat slovaque indépendant ont décidé d’en achever les deux premières en faisant appel à une aide internationale. Les négociations avec la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) n’ont pas abouti en raison principalement des conditions jugées inacceptables par Bratislava: arrêt des deux premiers réacteurs (VVER-230), jugés dangereux, de la centrale de Jaslovské Bohunice et augmentation des prix publics de l’électricité. La solution a été trouvée dans les crédits obtenus auprès de banques slovaques, tchèques, françaises, allemandes et russes: l’achèvement des réacteurs un et deux aura coûté 24 milliards de couronnes slovaques (quelque 4 milliards de francs), dont huit pour la sûreté. Ce dernier volet sensible a été confié au consortium EUCOM, formé par SE, Framatome (France) et Siemens (Allemagne), qui a été chargé d’améliorer plus particulièrement la prévention d’accidents, les équipements de contrôle et d’instrumentation des réacteurs et le système anti-incendie. Alors que la deuxième tranche devrait diverger l’année prochaine, le sort des deux autres réacteurs n’est pas encore décidé. «Leur achèvement est à l’étude», se borne à indiquer le directeur de la centrale, M. Jozef Valach. C’est pourtant la condition fixée récemment par le premier ministre Vladimir Meciar à l’abandon des vieux réacteurs de Bohunice. «Mais pas avant 2005», avait-il souligné. De toute manière, affirment les spécialistes slovaques, en matière de sûreté, un millier d’améliorations ont déjà été apportées à ces réacteurs, et le processus devrait se poursuivre jusqu’en 1999. Mais la vraie explication semble plutôt économique. En service depuis vingt ans et totalement amortie, Bohunice est aujourd’hui ce qu’un expert n’hésite pas à appeler une «poule d’or», qui aide aussi à rembourser les crédits souscrits pour Mochovce… (AFP)
Symbole de la coopération Est-Ouest et référence en matière de sûreté dans un pays ex-communiste pour les uns, «usine de la mort» pour les autres, le premier réacteur de la centrale nucléaire slovaque de Mochovce subit sans encombre les ultimes essais. Branché au réseau électrique depuis le 4 juillet, ce réacteur à eau sous pression de conception ex-soviétique «tourne» actuellement à 35% de sa capacité et devrait atteindre, par paliers, sa pleine puissance (440 mégawatts) vers la fin août. «C’est la protection de l’environnement qui nous pousse vers le nucléaire», insiste M. Vladimir Grujbar, directeur-adjoint de la société Slovenské elektrarne (SE), exploitant des centrales nucléaires, thermiques et hydrauliques du pays, devant un groupe de journalistes français venus visiter cette nouvelle...