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Actualités - Chronologie

Affaire Lewinsky : le public lassé, la Maison-Blanche irritée

Après six mois d’enquête, l’affaire Lewinsky, ce scandale politico-sexuel impliquant une ancienne stagiaire à la Maison-Blanche et le président Bill Clinton, n’a eu pour résultat tangible que de lasser le public et d’irriter la Maison-Blanche. Malgré le caractère sensationnel de l’affaire, qui tourne autour d’une liaison présumée de dix-huit mois, en 1995-97, entre Mlle Lewinsky et le président, le flot de révélations s’est vite épuisé pour laisser place à des batailles politico-juridiques plus ou moins mystérieuses. Le dernier épisode en date, le témoignage vendredi devant la justice de trois gardes du corps du président, que le département de la justice avait tout fait, en vain, pour bloquer, constitue certes une première victoire pour le procureur indépendant Kenneth Starr. M. Starr enquête sur des possibles actes de parjure, de subornation de témoin et d’obstruction de justice de la part du président Clinton. Il cherchait notamment à obtenir la comparution des gardes du corps du président pour savoir s’ils ont été témoins de son éventuelle liaison avec Mlle Lewinsky. M. Clinton respecte pour sa part un silence de bon ton, profitant de son excellente popularité en dépit de l’affaire. Il a toutefois laissé filtrer une légère irritation vendredi, avant de gagner son fief de Little Rock dans l’Arkansas, affirmant : «Ces gens risquent leur vie pour me protéger, ainsi que d’autres présidents, d’une manière professionnelle, pas d’une manière politique». «J’ai bien une opinion (…) une opinion juridique et une opinion personnelle (…), mais je pense qu’il serait totalement inapproprié de ma part de m’en mêler», a-t-il ajouté. L’«héroïne» de l’affaire Quant à l’«héroïne» de l’affaire, Monica Lewinsky, elle fêtera cette semaine ses 25 ans, sans doute entourée des paparazzis qui l’ont poursuivie sans répit depuis que l’affaire a éclaté, le 21 janvier dernier. Les citations à comparaître lancées à l’encontre de la garde rapprochée du président, et maintenant leur témoignage, ont suscité un flot de commentaires. Nombreux sont ceux en effet qui estiment qu’en les contraignant à parler, M. Starr compromet la sécurité du président. L’administration Clinton avait cherché à empêcher leur témoignage au nom des liens privilégiés de confiance entre ces hommes de l’ombre et le chef de l’Etat. La Maison-Blanche avait également avancé que ces témoignages pouvaient conduire à une violation du secret juridique liant le président et ses avocats puisque les gardes du corps avaient assisté à leurs conversations. Mais selon M. Starr, le droit au secret juridique entre Bill Clinton et ses défenseurs ne s’étend pas à ses gardes du corps. Deux Cours d’appels et le président de la Cour suprême lui ont donné raison. D’une manière générale, la Maison-Blanche est de plus en plus irritée par le procureur Starr, ce républicain qu’elle connaît bien puisqu’il est également en charge depuis 1994 de l’enquête Whitewater, un scandale politico-immobilier impliquant les époux Clinton. L’opinion publique, quand à elle, semble se lasser. La plupart des sondages montrent que les Américains estiment que la vie sexuelle du président ne les regarde pas, et qu’ils ne s’intéressent qu’à la bonne santé de l’économie. Selon un sondage récent, 46% des personnes interrogées indiquent même qu’ils voteront démocrate aux prochaines élections législatives de novembre contre 42% pour les républicains. Les démocrates souhaiteraient reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, à majorité républicaine depuis 1994. Entre-temps, l’enquête de M. Starr se poursuit. Ainsi, la femme par qui le scandale est arrivé, Linda Tripp, comparaîtra mardi pour la septième fois devant le grand jury (Chambre de mise en accusation). Fonctionnaire au Pentagone, Mme Tripp est l’«amie» de Lewinsky qui a enregistré à son insu leurs conversations téléphoniques sur sa liaison présumée avec Clinton, puis a remis ces enregistrements à la justice. Mais Mlle Lewinsky et M. Clinton ont nié sous serment, dans le cadre de l’affaire Paula Jones, avoir eu une liaison. C’est pour cela que M. Starr cherche à savoir s’il y a eu parjure et obstruction de justice. S’il obtient des preuves, il soumettra un rapport au Congrès, lequel devra alors décider ou non d’une éventuelle procédure de destitution. (AFP)
Après six mois d’enquête, l’affaire Lewinsky, ce scandale politico-sexuel impliquant une ancienne stagiaire à la Maison-Blanche et le président Bill Clinton, n’a eu pour résultat tangible que de lasser le public et d’irriter la Maison-Blanche. Malgré le caractère sensationnel de l’affaire, qui tourne autour d’une liaison présumée de dix-huit mois, en 1995-97, entre Mlle Lewinsky et le président, le flot de révélations s’est vite épuisé pour laisser place à des batailles politico-juridiques plus ou moins mystérieuses. Le dernier épisode en date, le témoignage vendredi devant la justice de trois gardes du corps du président, que le département de la justice avait tout fait, en vain, pour bloquer, constitue certes une première victoire pour le procureur indépendant Kenneth Starr. M. Starr enquête sur...