Les Palestiniens cherchent encore 90 millions de dollars pour rénover Bethléem et préparer les festivités pour le 2000e anniversaire de la naissance de Jésus, qui doivent commencer l’an prochain. Le coordinateur général du projet de «Bethléem 2000», M. Nabil Qassis, a cependant indiqué qu’il était satisfait des 43 millions de dollars déjà obtenus. Les financements requis doivent permettre de mener à bien les grands travaux en cours à Bethléem pour refaire les rues, la voirie, installer un nouveau réseau d’adduction d’eau, créer des sentiers de randonnée aux alentours et donner un coup de jeune à un centre-ville plutôt décrépit. Des hôtels totalisant 500 lits doivent aussi être construits. La Suède, le Japon, la Belgique, l’Italie, la Norvège, la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement (BEI) figurent parmi ceux qui ont déjà contribué au projet. Les fonds ont commencé à arriver depuis mars après une série de querelles inter-palestiniennes, accusations mutuelles d’incompétence et conflits de personnalités, qui ont longtemps retardé les mises en chantier. Le ministre de l’Education supérieure, Mme Hanane Ashraoui, qui avait dirigé la première phase des préparatifs, a démissionné en février. Ces cinq derniers mois, une équipe de 25 personnes dirigée par M. Qassis s’est installée dans de nouveaux locaux et a organisé, en mai, une conférence pour lever des fonds auprès des donateurs internationaux à Bruxelles. Les festivités doivent au total durer 18 mois, de décembre 1999 à avril 2001, avec des représentations théâtrales, des festivals de musique classique, une série de services religieux, diverses expositions. Les Palestiniens espèrent que les festivités, pour lesquelles des millions de pèlerins sont attendus, seront l’occasion de donner un coup de fouet au tourisme dans les territoires. Une concurrence inégale Bethléem, en raison de ses lieux saints et de sa proximité avec Jérusalem (moins de 10 km), est souvent la seule ville de Cisjordanie où les touristes étrangers se rendent. Or, l’infrastructure de la cité, où est né Jésus selon les Evangiles, a été grandement négligée pendant les 28 années d’occupation militaire israélienne. Les Palestiniens, sans beaucoup d’argent, ont commencé à remettre les choses en ordre depuis le début de l’autonomie, à Noël 1995. La route principale venant de Jérusalem et conduisant à l’église de la Nativité est devenue un chantier, qui doit être achevé à la fin de l’année. Les Palestiniens espèrent que grâce à ces travaux, les touristes auront envie de rester plus longtemps dans la ville et d’y dépenser un peu plus de leurs précieuses devises. «Aujourd’hui, les touristes ne voient souvent que les 50 mètres entre le parking des bus et la basilique de la Nativité ainsi que les quatre grandes boutiques de souvenirs sur la place de la Crèche», explique Mme Julie Bouchain, porte-parole du comité «Bethléem 2000». Le vieux commissariat de police, sur la place de la Crèche, a été rasé début juillet pour y installer un «centre de la paix» financé par la Suède. Un bureau d’informations touristiques, un auditorium et des salles d’exposition doivent aussi y être installés. La société palestinienne Padico a signé un contrat pour construire un hôtel de 220 lits. Mais les efforts des Palestiniens pour attirer les touristes se heurtent à une sérieuse concurrence de la part des Israéliens, qui bénéficient d’une infrastructure hôtelière bien supérieure. Les autorités israéliennes, qui organisent leurs propres festivités centrées autour de Jérusalem et Nazareth en Galilée, disent attendre quelque 5 millions de touristes pour l’année du millénaire. (AFP)
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