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Actualités - Reportage

Marie-Claude Pietragalla, l'humidité des étoiles ... (photos)

Le Festival de Beiteddine a fait honneur à la danse, le week-end écoulé, en accueillant pour deux soirées consécutives Marie-Claude Pietragalla et «Les Solistes de Paris». Depuis qu’elle est entrée dans son premier tutu, à l’âge de 8 ans, celle que l’on surnomme La Pietra n’a cessé d’escalader les échelons. «Etoile» depuis 1990, elle vient d’être nommée directrice des Ballets de Marseille, succédant à Roland Petit. Rencontre, entre deux séances d’entraînement. Queue de cheval et frange noire retombant sur des yeux de jais, Marie-Claude Pietragalla est une jeune danseuse étonnante de simplicité, de fraîcheur et de spontanéité. «La danse fait partie de moi et j’ai du mal à dissocier mon métier de ma vie», dit-elle. «Le mouvement, c’est le premier langage. Il est universel, puisqu’il n’y a pas de barrière de langue. C’est le premier dialogue qui s’est instauré. Quant à la danse, c’est pour moi une recherche spirituelle, mais aussi une recherche de plénitude et d’harmonie. Harmonie de ma vie par rapport à mon «enveloppe» charnelle». Histoire d’une passion: «Lorsque j’étais enfant, je suis tombée amoureuse du théâtre de l’Opéra de Paris», se souvient Marie-Claude Pietragalla. «J’étais littéralement fascinée par le Palais Garnier et la seule voie que j’ai trouvée pour y arriver était la danse». Au fur et à mesure des années, elle «fait» l’Ecole de danse de l’Opéra puis entre dans le Corps de Ballet... «J’ai rencontré de grands chorégraphes comme Maurice Béjart, Carolyn Carlson, Maguy Marin, Jerome Robbins, Roland Petit...» Et bien sûr, Rudolf Noureev qui a pris la direction de l’Opéra de Paris pendant six ans. «Avec lui, j’ai énormément appris. Je crois que c’est lui qui m’a communiqué la passion de la danse. Il m’a fait découvrir la possibilité de pousser certaines portes qui me semblaient fermées», ajoute-t-elle. «J’ai eu la chance de faire partie d’un groupe qu’il avait formé et de l’accompagner en tournée, en Asie, aux Etats-Unis, en Europe». Continuité Pour Pietragalla, la danse est un métier en même temps magnifique et ingrat, car il s’arrête très tôt. «Toutefois, il y a une continuité», note-t-elle. «Personnellement, je suis très attirée par la chorégraphie, d’autres danseurs sont intéressés par le professorat. Je crois qu’à partir du moment où on entre vraiment dans la danse, on y reste jusqu’au bout, même si on emprunte ensuite des chemins parallèles». Et de poursuivre: «Je pense qu’on ne peut pas faire le tour de la danse. Il y a toujours de nouveaux créateurs qui arrivent avec de nouveaux styles, des idées nouvelles, une conception «autre»... Et c’est cela qui est intéressant. Tant qu’il y aura des échanges, une communication, la danse ira toujours de l’avant». Pour le moment, elle vient de succéder à Roland Petit à la direction des Ballets de Marseille. «Je vais me retrouver à la tête d’une compagnie d’une quarantaine de danseurs», précise-t-elle. «Je crois donc que c’est vraiment là ma voie. Essayer de faire avancer la danse et, modestement, d’amener un plus grand nombre de personnes à un art qui reste encore mal perçu par le grand public. Je crois que la danse se développe», poursuit-elle, «mais nombreux sont ceux qui n’ont pas encore découvert cet univers». Dans la danse, il y a le côté technique, mais aussi le côté artistique, «c’est-à-dire le travail du comédien ou de la comédienne. Cela est important», insiste-t-elle, «car on pense souvent qu’un danseur est un simple exécutant alors qu’il est bien plus que cela... La danse nous permet d’allier la connaissance du corps au développement psychologique et intellectuel du comédien». Sacerdoce Qui dit danse, dit aussi contrainte. «Danser signifie très peu de dimanches libres, très peu de vacances, travailler tout le temps, aller quelquefois jusqu’au bout de ses propres limites», affirme Marie-Claude Pietragalla. «Mais à partir du moment où naît la passion, on ne compte plus. Certains comparent aussi cet art à une religion. «La danse est un véritable sacerdoce», disent-ils. Il est vrai qu’on s’y donne entièrement, mais il ne faut pas pour autant se déconnecter des réalités de la vie. Au contraire», souligne-t-elle, «je pense qu’un artiste a besoin d’être nourri par tout ce qu’il vit «à l’extérieur» de la danse». «Les Solistes de Paris», c’est le nom que Marie-Claude Pietragalla a donné à la compagnie qu’elle a fondée il y a quatre ans. Un groupe de neuf danseurs et danseuses de l’Opéra de Paris dont sept ont été applaudis à Beiteddine. «J’avais envie de créer quelque chose, parallèlement à mon travail à l’Opéra de Paris», indique Pietragalla. Faire de la chorégraphie et donner la chance à de jeunes chorégraphes — qui n’ont pas accès à l’Opéra de Paris — de travailler sur des danseurs de l’Opéra: c’est entre autres pour ces deux raisons que La Pietra fonde «Les Solistes». «Et surtout», ajoute-t-elle, «j’avais envie de promouvoir des danseurs de l’Opéra que je trouve exceptionnels, et qui n’ont pas toujours la chance — étant au nombre de 150 — de pouvoir montrer toutes leurs aptitudes artistiques et leur technique». Elle qui a côtoyé des «grands», qu’en pense-t-elle ? «Les grands danseurs font partie d’une élite; on peut les compter sur les doigts d’une main», répond Pietragalla. «Il y a une sorte de sélection naturelle. Ce sont des personnes hors norme, qui ont énormément de courage et de discipline et chez lesquels on retrouve souvent une certaine humilité, qui me touche. Chaque jour, ils remettent leur travail à plat et recommencent. C’est d’ailleurs peut-être cela qui en fait des artistes, avec cette espèce de fragilité en eux»... Après Beiteddine, Pietragalla et ses «Solistes» se sont embarqués pour le Japon. Et l’aventure continue. Toujours plus loin...
Le Festival de Beiteddine a fait honneur à la danse, le week-end écoulé, en accueillant pour deux soirées consécutives Marie-Claude Pietragalla et «Les Solistes de Paris». Depuis qu’elle est entrée dans son premier tutu, à l’âge de 8 ans, celle que l’on surnomme La Pietra n’a cessé d’escalader les échelons. «Etoile» depuis 1990, elle vient d’être nommée directrice des Ballets de Marseille, succédant à Roland Petit. Rencontre, entre deux séances d’entraînement. Queue de cheval et frange noire retombant sur des yeux de jais, Marie-Claude Pietragalla est une jeune danseuse étonnante de simplicité, de fraîcheur et de spontanéité. «La danse fait partie de moi et j’ai du mal à dissocier mon métier de ma vie», dit-elle. «Le mouvement, c’est le premier langage. Il est universel, puisqu’il n’y...