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Actualités - Biographies

Un souverain peu fait pour le pouvoir

Trop jeune quand il accède au trône impérial, trop aveuglément amoureux de sa femme pour se concentrer sur les affaires de l’Etat, trop influençable pour affronter les bouleversements du début du siècle: le dernier tsar de Russie, Nicolas II, n’était pas fait pour le pouvoir. Les biographies de l’homme assassiné par les bolcheviques avec sa famille adorée dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 sont légion. Leurs analyses de la psychologie du dernier des Romanov à avoir régné varient sensiblement. Certaines lui reconnaissant une réelle volonté de réformer la Russie et une certaine lucidité politique, d’autres ne voient en lui qu’un faible «qui prend le thé avec maman» voire «une chiffe molle» qui n’aime rien tant qu’embrasser sa femme et ses enfants. Mais toutes s’accordent à dire que face au communisme naissant, à la guerre désastreuse de 1905 contre le Japon, à la Première Guerre mondiale, ce tsar qui s’en remettait trop souvent à la loi divine n’a pas fait le poids. «Si la révolution triomphe, j’abdiquerais et j’irais vivre à Livadia (résidence de vacances en Crimée): «J’aime les fleurs», dit-il («Nicolas et Alexandra: la passion d’une vie», Andreï Maylunas et Sergueï Mironenko). Né le 6 mai 1868 à Tsarskoïe Selo, la résidence des tsars près de St-Pétersbourg, Nicolas II a 26 ans lorsque son père Alexandre III meurt à 49 ans. «Sandro, que vais-je faire? (...) Que va-t-il nous arriver à moi, à toi, à Alix (sa future femme), à mère, à toute la Russie? Je ne suis pas prêt à devenir tsar. Je n’ai jamais voulu l’être, je ne sais rien de l’art de gouverner», dit Nicolas, cité dans les mémoires du Grand-duc Alexandre (Sandro), époux de Xénia (sa sœur). A l’époque, ce jeune officier mince et de petite taille est essentiellement préoccupé par sa cour à la princesse Alix de Hesse, petite-fille de la reine Victoria. Devenue trop vite Alexandra Fedorovna, impératrice de toutes les Russies, sans avoir même eu le temps d’apprendre le russe, cette épouse peu mondaine, peu aimée de la cour et du peuple, essentiellement préoccupée par ses enfants et son mari, a un rôle clé dans la vie de Nicolas II. Son précepteur, Constantin Pobiedonostsev, un homme aux préjugés raciaux et religieux, opposé aux réformes et haïssant le parlementarisme, a convaincu Nicolas II que son pouvoir venait de Dieu et que la volonté du tsar ne saurait jamais être contestée. La naissance tant attendue, après quatre filles, du tsarévitch Alexis le 12 août 1904 marque un tournant tragique dans la vie de la famille impériale, que le monde connaît à travers ces albums de rêve remplis de crinolines, d’ombrelles et de costumes d’apparat. L’hémophilie de l’enfant va bouleverser les Romanov et accentuer les tendances hystériques d’Alexandra. Entre alors en scène le «moine» Raspoutine, sexuellement dépravé, fou et alcoolique, mais seul capable d’arrêter les hémorragies de l’enfant. Devenu le deus ex-machina de la cour impériale, Raspoutine va entamer un peu plus l’image du tsar, faisant de lui une marionnette. L’assassinat de Raspoutine en décembre 1916 arrive trop tard, le tsar a perdu la confiance de ses conseillers et le respect de son peuple, et la Révolution est désormais inévitable, selon les historiens. (AFP)
Trop jeune quand il accède au trône impérial, trop aveuglément amoureux de sa femme pour se concentrer sur les affaires de l’Etat, trop influençable pour affronter les bouleversements du début du siècle: le dernier tsar de Russie, Nicolas II, n’était pas fait pour le pouvoir. Les biographies de l’homme assassiné par les bolcheviques avec sa famille adorée dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 sont légion. Leurs analyses de la psychologie du dernier des Romanov à avoir régné varient sensiblement. Certaines lui reconnaissant une réelle volonté de réformer la Russie et une certaine lucidité politique, d’autres ne voient en lui qu’un faible «qui prend le thé avec maman» voire «une chiffe molle» qui n’aime rien tant qu’embrasser sa femme et ses enfants. Mais toutes s’accordent à dire que face au...