Cent dissidents chinois ont protesté dans une lettre ouverte contre l’interpellation de neuf de leurs camarades, coupables d’avoir voulu faire enregistrer légalement un parti politique favorable à la démocratie. «Nous sommes surpris d’apprendre que neuf dissidents ont été interpellés par la police sous prétexte qu’ils ont porté atteinte à la sécurité de l’Etat», écrivent ces contestataires, dans une lettre ouverte au président Jiang Zemin et au premier ministre Zhu Rongji. Dans cette lettre, les dissidents estiment que les interpellations sont «contraires aux promesses du gouvernement chinois d’améliorer la situation des droits de l’homme et de promouvoir la démocratie». Les opposants rappellent que le président Jiang a annoncé le mois dernier que la Chine allait signer à l’automne le pacte de l’ONU sur les droits civils et politiques. Interrogé sur ces interpellations, le ministère des Affaires étrangères a répété que les dissidents étaient des criminels ayant violé les lois du pays et s’est refusé à envisager une libération. «Certains à l’étranger nous font part des cas de soi-disant dissidents en Chine. Après confirmation, il s’avère que ces personnes sont en fait des criminels qui ont violé les lois chinoises», a expliqué le porte-parole du ministère, Tang Guoqiang, tout en disant ignorer le cas des 9 dissidents interpellés. Dans leur lettre, les 100 dissidents «protestent vivement» contre l’emploi de l’adjectif «criminel», déjà utilisé par M. Tang et demandent au gouvernement central d’obtenir la libération des neuf démocrates. Ces opposants ont été interpellés la semaine dernière par la police de la province du Zhejiang en relation avec le dépôt d’une demande d’enregistrement du «Parti démocrate chinois» (PDC), une première dans l’histoire de la Chine communiste. Cinq d’entre eux ont depuis été relâchés. Mais Wang Youcai, Wang Donghai, Zhu Yufu et Zhu Zhengming restent en détention. Un autre membre du PDC, Lin Hui, a en outre été interpellé mercredi matin dans la ville de Wenzhou, toujours dans le Zhejiang. Agé de 26 ans, M. Lin avait, en compagnie de Wang Youcai et de Wang Donghai, déposé la demande d’enregistrement du PDC devant les autorités de Hangzhou le 25 juin dernier, le jour même de l’arrivée en Chine du président américain Bill Clinton. La visite de M. Clinton, la première d’un président américain depuis la répression du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, avait été marquée par un incident diplomatique, les Etats-Unis protestant contre l’interpellation de dissidents dans plusieurs villes traversées par le président. Le principal signataire de la lettre, le vétéran de la contestation Xu Wenli, a assuré que la liberté d’association était théoriquement garantie par la législation chinoise. Les dissidents du Zhejiang «ont déposé une demande officielle. Elle peut être soit approuvée, soit rejetée. Mais arrêter ceux qui déposent une demande est contraire à la loi», a-t-il dit. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cent dissidents chinois ont protesté dans une lettre ouverte contre l’interpellation de neuf de leurs camarades, coupables d’avoir voulu faire enregistrer légalement un parti politique favorable à la démocratie. «Nous sommes surpris d’apprendre que neuf dissidents ont été interpellés par la police sous prétexte qu’ils ont porté atteinte à la sécurité de l’Etat», écrivent ces contestataires, dans une lettre ouverte au président Jiang Zemin et au premier ministre Zhu Rongji. Dans cette lettre, les dissidents estiment que les interpellations sont «contraires aux promesses du gouvernement chinois d’améliorer la situation des droits de l’homme et de promouvoir la démocratie». Les opposants rappellent que le président Jiang a annoncé le mois dernier que la Chine allait signer à l’automne le pacte de...